‹ PollyChapitre 11 sur 54 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Ami fidèle, Quand le plaisir m'appelle, Je reponds : me voici !

Et j'accours près de lui...

PREMIER AMI. Eh bien ! est-ce qu'on ne fait pas un écarté?

moivilMUix, préparant des cartes. Sifait!.. voilà l'autel... en attendant les victimes.

TOUS. Délicieux , le punch !..

DEUXIÈME AMI , allumant un cigaic.

Voyons tes cigares...

( Ils se mettent à fumer.)

ILVERTON, à part. Ils vont m'empester à présent... que les gens comme il faut ont mauvais ton!..

PREMIER AMI. Et la promenade à Hyde- Parck?...

MORTlMER.Tout-à-l'heure... on prépare les chevaux... qui est-ce qui me tient tête? Il ver ton!...

ILVERTON, qui est retourné sur le canapé. Ah ! laisse-moi... ( Que/que.^ amis lui font signe d\icccpter. )

3I0RTIMER. Yiensdonc... lu ne refuseras pas de perdre quelques guinées... j'ai la main heureuse...

ILVERTON, s'asseyant à la tahle. Je ne connais rien de bète connue le jeu!...

MORTIMER. A qui le dis- tu ?

ILVERTON. Ça n'est supportable que quand on risque beaucoup.

TOUS, au fond. Oui... il faut jouer gros jeu... nous en sommes!..

MORTIMER, ai>alant encore un vrrrc de punch. Parbleu!,, ce que tu voudras... le punch m'a mis en train...

ILVERTON, mettant la inain à sa poche.

Cent guinées...

MORTIMER, de même. Va! (S'arrétanf.) Ah! ah!., c'est singulier... je m'aperçois que je n'ai pas sur moi... je sais d'où cela vient... c'est égal... je tiens !

ILVERTON. Ah !.. je ne joue pas sur parole...

MORTIMER. Pourquoi donc?

ILVERTON- C'est une idée.

MORTIMER. Alors, prête-moi...

ILVERTON. Du tout !... ça porte malheur...

MORTIMER. Par exemple... ce caprice!..

pour m'empêclier déjouer... parce que je me sens en veine ! parce que je suis sûr de gagner!

II.VERTON, gaîmenl et à deml-vuix . Eh bien !.. puisque tu eu es sûr... il y a un moyen... Nous cherchions une honiidolif:.. celle petite Polly.. dont le sorll'mquiète.. je te joue tou titre de tuteur.

MORTIMER. Comment!

ILVERTO^. Le droit de la protéger...

d'être son appui.

MORTIMER. Et de chercher à lui plaire?

ILVERTOIV, Peut-être!

MORTIMER. Tu y reviens encore ?

ILVERTON. C'est une idée fixe maintenant : si je gagne, tu me laisseras le champ libre!., sans venu- te jeter à la traverse, avec ton pouvoir de mentor.

MORTIMER , se levant à moitié. Allons donc !.. quelle extravagance!

ILVERTOIV. Quand ce ne serail que pour nous distraire !

MORTIMER. Jouer une femme!... fidoiic !

la dignité anglaise!

ILVERTOIV. C'est moins stupide que de la conduire au marché, la corde au cou.

MORTIMER, ù àti-mcmr. Au fait c'est

plus moral.

ILVERTOX. Eli bien!

MORTIMER, à part. Ma foi , (ju'est-ce que je risque?., ce diable; de punch m't nflamme!.. Sije pouvaislui regagner sa dot, à cette pauvre petite!

ILVERTOIV. Eh bien !

MORTIMER, à demi-voiv. Le droit de lui faire la cour... rien de plus... et en galant homme?...

ILVERTON. C'est convenu.

MORTIMER, se rasseyant et ptennnl tes icartes. Tope!... elle est au jeu.

ILVERTON, gaîmenl. A merveille!..

TOUS, éloignés de la lahlf. Est-ce prêt?..

MORTIMER. Oui ! oui ! {Bas à Ihcrlon.) Qu'est-ce que tu mets?

( Ils tirent h qui ieia.)

ILVERTON, bas., battant les cartes. Quatre mille guinées !

MORTIMER. Peste !.. tu es plus amoureux que i\\ ne crois.

ILVERTON, at-ff/a/, vnyant Polly quientre. .Te donnerais dix fois davantage!., regarde plutôt.

( Poiiyavcc un valet qui porte le tlic prc'païc sur un plateau.)

SCKNK \I.

Les mêmes, POLLY.

MORTIMER, /</ regardant. C/est, ma foi, vrai !.. ce sourire, ces yeux! [Ftas ii I/vrrlon.) Mon ami, tu as raison, ce n'est {»asassex.

ILVERTON, impatiente. Aii!

MORTIMER. Il fîjiut être juste... en conscience, c'est pour rien.

ILVERTON, bas. Eh bien!... cinq mille... six milh; !

MOuiiMi:;», décidé. Soit!

ILVERTON. (>oupe!

TOUS, entourant Polly. Ahl... la petite Polly!

POLLY, tenant une tasse île thé. Finissez donc !.. vous allez me faire tout renverser'

MO\i.TlMM\\, jinuint. Un moment , messieurs... Polly ne s'appartient pas... ( // joue. ) Le roi I

ILVERTON, aocc liumeiir. Cei laiiicment.. , et puis ça nous trouble!

MORTIMER, /^lav. Tu faisd<'j;'i le jaloux... c'est trop tôt. ( 1/ fouc.) Trèfle 1

l'OLLY, offranl du thé. J)n lli:'- , messieurs? •

TOUS, Volontiers î

l'OLLY. Encore leur vilain jeu I {A pmt, ai>ec un petit soupir, en regardant lloertnn.) Ah !... c'est fini maintenant , il n'y a plus de danger pour moi!.. J'ai vu Yorrick... je lui ai dorme ma parole, et dans quelques heures... ( A Ilverlon.) Vous en offrirai-je, mylonl?

ILVERTON, jouant. Si VOUS avez cette complaisance... (.Jouant.) Atout!

rOLLY. Pas trop sucré... n'est-ce pas.'

( Elle va pii'parcr les tasses.)

MORTIMER, Cl Iherton. Elle connaît tou goût ?.. diable!

TOUS, lutinant Polly. Présenté par une aussi jolie main...

MORTIMER, marquant. Trois points...

ILVERTON , (H'ec humeur j regardait l^olly. Ce n'est pas étonnant... avec un pareil bruit!.. Polly... {à /1/or/tmer) dis-lui donc de venir par ici...

MORTIMER. Pour t'inspirer?. . c'est juste !.. Ilfaut voir ce qu'on joue...(-^ Polly.) Polly, demeurez là... que nous jouissions un peu de votre société...

PREMIER AMI , s' approchant du jci. Ali çà!.. peut-on parier?

ILVERTON, donnant. Oui.. . mais pas de conseils !

PREMIER .\MI. Qu'est-ce que ça si;;nifie ?.. rien sur table !

(Quelques amis s'approchent de l.i table.)

POLLY. C'est drôle!., qu'est-ce (m'ils jouent donc ?

MORTIMER. Nous jouons très-cher.

l'OLLY. Siu- parole ?..

ILXKUTON. Oui. .. (^Retournant la rtirle.'\ Le roi !

MAGASUS THKATUAL.

l'HEUlER AMI, à lïoerlon. Ton nouveau ihevrl de chasse?..

ILNERTOM. Fi donc!

MOiniMEK , d'un air g'iguenard. Quelvjiic chose de plus furouclie, |>cui.-eUel

iL\EUTO.\. C'est ce que nous venons...

roLLV. Ou'esl-ce que ça peut être?

!LVERTO\, ^/t7/^i'</«/ latei'éf. Lavolel.. (lois points...

( Il marque.)

TOUS. Egalité!

rOLLY. Ca devient intéressant... ( /l/o/itrant Ilverlon. ) J'ai idée que uiylord gagnera.

MOnTiMER , donnant trcs-iute. A'oyezvous l'instinct!..

TOLS, entourant lu (uble. Attention !

UN AMI. Je parie pour inyloid.

DEUXIÈME AMI. Moi contre... cent guinées !

TOUS. Ah ! ah I

MORTlMER. Silence .'

ILVEUTON , annonçant. Le roi !

MOnTlMER, à Polly. Polly!... passez donc de mon côté... vous lui portez bonheur.

TOUS , riant. Ah !... ah î... ah !... il a peur !

MORTlMER. Du tout!., la preuve... c'est que je propose...

ii.VERTON. Je ne peux pas.

TOUS. Ah !

MORTlMER. C'est ce que je voulais... il est perdu !.. je suis sûr du coup. .. tenez...

[Jouant.) Là... là... là !..

ILVERTON. Je coupe... atout!., etatout!

{A\>ec Joie.) J'ai gagné.

MORTlMER. Morbleu!

TOUS. Victoire !

(Ilvcrton se lève.)

POLLY, ai^ec une gaité ingénue. Là !.. je le disais bien que ce serait luylord î

MORTlMER, à part., en se levant. Pauvre petite !.. dire que c'est un coquin de valet de pique qui me l'enlève!

ILVERTON, regardant Polly. J'ai gagné!

TOUS. Mais quoi?

POLLY, riant. Oui , au fait!

ILVERTON, souriant. Ca nous regarde.

MOliTIMKR, se IcK^ant., et à lui-même. Du reste... je suis tranquille , c'est la sagesse n^èuie!.. Le pauvre garçon!., c'est comme s'il n'avait rien gagné.

ILVERTON , à Mortimrr. Eh bien ! mon cher?

MORTlMER, ginrnrni. Allons!., il faut s'exécuter de bonne grâce I

TOUS , les entourant. Il va le payer...

MORTlMER , // Ih'erlon. Ce qui est dit est dit... (^Luî tendant la main.) Es-tu content?

ILVERTON, la lut serrant. Parfaitenaent...

nous soiniues quittes.

TOUS, étonnés. Eh bien!., qu'est-ce que cela signifie?

MORTlMER, soupirant. Ca me coûte beaucoup !

POI.LY, souriant. Qu'est-ce que ça lui coûte ?.. il n'a rien donné... Singulière manière de payer ses dettes I

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