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PREMIÈRE PÉRIODE

LA POLOGNE CONQUERANTE.

IKTRODUCTIOH A i/uiSTOIR*.

Dans la seconde moitié du neuvième siècle on voit se former graduellement dans la Slavonie différents États qui n'avaient pas existé jusque-là.

Le royaume de Moravie se fait d'abord jour par sa puissance progressive, et sa phase la plus brillante a lieu sous Swientopelk , de 870 à 894.

Ce chef redoutable régnait sur les nations qui habitaient depuis l'embouchure de la Sâla jusqu'à la Bulgarie , et il combattit surtout les Allemands ,

qui appelèrent à leur aide les Magiars ou Hongrois. Sa mort fut le signal de la décadence de la Moravie (*) ; l'union slave une fois dissoute, de ses éléments divers se formèrent les royaumes slavo-turc de Hongrie, slave de Bohême, de Chrobatie ou de la petite Pologne krakovienne , et la marche d'Autriche.

Les Hongrois nommés Magiars, peuple entièrement sauvage, se colonisèrent dans les contrées du Danube , subjuguant les peuplades slaves voisines , et formèrent par ce moyen une nouvelle nation au sein de la Slavonie.

Les Russiens , descendants des Varègues , nommés à l'occident Normands, habitaient la Scandinavie et guerroyaient contre les Slaves de Novogrod la Grande. Les Novogrodiens, connaissant leur bravoure, choisirent parmi eux des kniaz (princes), et c'est ainsi que Ruryk et ses frères commencèrent à étendre leur domination en Slavonie. Leurs descendants , longeant le cours du Dniéper vers le sud , occupèrent Smolensk, Kiiow, et imposèrent des tributs aux peuples soumis ; voisins de l'empire grec , ils allaient également y exercer des rapines et s'aventuraient par la mer Noire jusqu'à sa capitale, Byzance; quelquefois aussi ils se mettaient à la recherche de contrées plus sûres et encore plus riches aux environs du Danube, afin de s'y fixer.

Dans leurs excursions , les kniaz russiens se transportèrent successivement deNovogrod à Kiiow et de Kiiow à Péréaslawieç, sur le Danube, mais Kiiow demeura la capitale de leurs possessions. Le kniaz Vladimir le Grand y ajouta de nouvelles provinces conquises , et chercha à prolonger les limites russiennes jusqu'à la Chrobatie rouge, où il se rencontra avec les États des rois de Hongrie, de Bohême et de

(*) L'Autriche actuelle avec tous ses États et Krakovie, n'est autre chose que l'ancienne grande Moravie, dont le fondateur fut Swientojielk. La première origine de l'Autriche ne date que de Henri l'oiseleur

Pologne. Maîtres de pays slaves aussi vastes, les Varègues russiens les appelèrent du nom de Russie et adoptèrent eux-mêmes l'idiome slave.

Le royaume de Bohême chercha aussi à s'étendre du côté de la Silésie et de la Chrobatie; mais, malgré leurs tentatives, ses princes ne furent pas assez forts pour secouer la suprématie de l'Allemagne, très-puissante alors, et dont les souverains exigeaient un tribut des différentes nations slaves.

Les Obotrites, ainsi que les Chrobates krakoviens, régis par des palatins, payaient tribut à l'empereur Othon.

Henri l'Oiseleur et Othon le Grand instituèrent, à dater de 931 , sur les frontières slaves, des comtés et des margraviats; ils fondèrent aussi des colonies militaires au cœur même du pays, et s'assurèrent par là de la dépendance des populations locales (*).

Ainsi se formèrent en Slavonie les margraviats ou marches, savoir : la marche du Midi {marchia A ustraUs) , par la suite duché , archiduché, et enlin empire d'Autriche; et la marche du Nord {marchia Borealis) ; puis la marche de Brandehourg , électorat , et finalement royaume de Prusse. La Bohême seule évita ces colonies militaires, et même, en reconnaissant la suzeraineté des souverains allemands, ses propres princes eurent la facilité d étendre les limites du pays jusqu'aux contrées de Breslau et de Krauovie, sur les terres de la Silésie et de la Chrobatie , où ils atteignirent ( 993 ) les frontières hongroises , russiennes et polonaises.

La nation des Léchites, qui donna plus tard à son pays le nom de Pologne ou plutôt de grande Pologne, pour le distinguer de la Chrobatie krakovienne ou petite Pologne, tenait à cette époque un rang distingué parmi les peuplades slaves. Ses possessions se prolongeaient aux deux rives de l'Oder et avaient pour ville capitale Gnèzne. On croit que chaque province se trouvait gouvernée par un chef spécial , et que Piast, le dernier roitelet dont parle

(*) Voyez Allemagne, vol. I, p. a36.

la chronique fabuleuse, était un de ces chefs.

La nation polonaise eut également des rois conquérants qui continuèrent non-seulement les frontières du royaume jusqu'en Léchie , mais qui encore étendirent leurs conquêtes sur toutes les autres parties des terres slaves (*).

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