FONDATION DE LA MONARCHIE POLONAISE
IIÊMOWIT, 86o. MIECZYSLAS i"", $6o.
Ziémowit, Cls de Piast (**) , devenu
(*) Le cadre qui nous a élé tracé étant très-restreint , il serait impossible de décrire d'après la méthode chronologique la marche des événements, si heurtés enUe eux et si dissemblables; nous serons doue obligé d'avoir recours le plus souvent au procédé synchrouique et de passer outre sur les choses moins importantes.
(**) Les temps primitifs de la Pologne n'offrent qu'une série de traditions vagues et fabuleuses. Lech, dit la chronique, fut le premier prince ou chef de la nation polonaise, et on lui attribue la fondation de Gnèzne. Après lui, le pouvoir fut confié à un des douze palatins, Krakus ; il régua glorieusement , et choisit pour résidence Krakovie qu'il fit bâtir. Vint ensuite Wanda , fille de Krakus , qui repoussa tous les prétendants à sa main. L'un d'eux, un prince allemand , nommé Rytigier, résolut d'obtenir par les armes ce qu'on refusait aux prières : il lui déclara donc la guerre ; mais Wanda , se mettant à la lète des siens , battit complètement Rytigier, qui périt dans la lutte : alors Wanda. soit pour qu'un pareil débat ne se reproduisit pas, soit par un regret tardif bien naturel au rœjir humain , se précipita dans la WisUile. EnGn après le règne de Leszek II, que des courses de chevaux avaient élevé au pouvoir souverain , et celui dé Popiel, dont la tradition populaire rapporte qu'il fut dévoré par les rats dans sou palais, hali au milieu du lac de Goplo, et en expiation du meurtre de ses oncles, après ces deux règnes le choix du peuple se fixa sur un simple cultivateur nommé Piast, auquel les auges avaient prédit son avènement au trône. Selon Lengnick, Piast dut vivre vers l'an 840. Sa dynastie régua en Pologne jusqu'en 1370, dans le duché de Moravie jusqu'en 1.526, et en Silésie jusqu'en i5;5. Ce choix d'un cultivateur pour
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souverain, fut le bienfaiteur du peu- tiens, mêlaient à leur idolâtrie primipie et le fondateur du royaume de tive les rites des Grecs, des Romains Pologne. Ses États étaient situés dans et des Saxons. Mais l'influence de l'Allés contrées de Gnèzne et de Krus- lemagne, si importante à cette époque wiça , et il les augmenta en soumet- sous "le rapport politique , fut tout à tant par ses armes les peuplades sla- fait nulle sous le rapport religieux ; voues qui avoisinaient la Léchie. Ce car la Bohême, qui embrassa avant •prince, renouvelant l'ordre politique, la Pologne le christianisme, et qui le institua en Pologne , à l'instar de ce lui donna en 905, était au dixième sièqui existait chez les nations germani- cle entièrement slave. Miéczyslas I er , ques, une monarchie absolue et guer- en épousant la princesse de Bohême rière, et favorisa par ses réformes Dombrowka, renversa les idoles, et V unité de l'État. remplaça les fêtes des dieux du paga- Après les règnes insignifiants de Les- nisme par celles de la religion du Christ; zek et de Ziémomysl, Miéczyslas I er , le baptême fut prescrit, et toute réfils de ce dernier, monta sur le trône, sistance punie de mort : le roi donna Ses États étaient déjà bien plus vastes lui-même l'exemple en recevant le que ceux occupés par Ziémowit ; il baptême de la main de Bohowid , qui comptait au nombre de ses possessions avait déjà béni son mariage à Gnèzne la grande et la petite Pologne, la Silé- en 965. Afin de propager plus rapidesie et la Mazovie avec la Kuiavie : les ment la foi de l'Évangile, Miéczyslas frontières s'étendaient au delà de 1*0- lit bâtir neuf églises et les dota de doder et embrassaient Krosna (Crossen) maines considérables; des théologiens et Glogowa (Glogau ). Mais s'étant habiles furent aussi appelés de l'Italie approché trop près de l'Allemagne, qui et de la France, et la aime établie pour tenait à conserver sa suprématie sur les dotations des évêchés. Cependant, la Slavonie, et ne pouvant faire face malgré tout cela, les progrès de la à des forces supérieures, Miéczyslas nouvelle religion étaient lents, et ce fut obligé de se déclarer tributaire des ne fut même qu'à la fin du dixième sièempereurs Othon, quant aux pays con- cle que Boleslas le Grand put terminer quis par delà de la VVarta. Ce point l'œuvre de la conversion des Polouxé, Miéczyslas fut reconnu par les nais. A la suite de la révolution qui Allemands comme margrave ou duc, eut lieu à l'époque de 1034-1040, une et put sous leur protection affermir la grande partie du peuple retourna enposition de son royaume contre les core ^momentanément à l'idolâtrie ; Bohèmes. mais à compter de Kasimir I er , qui
rétablit partout l'ordre et les saintes
«fi.oDucxioN du christianisme. croyances , le christianisme prévalut
965. Le christianisme était déjà à jamais en Pologne, connu et professé en partie, au neuvième siècle, dans les États slaves dont cou»*** dk ocedltkbouro. la source commune remontait à celui
de la grande Moravie. Il est cependant ' 978 / ambition des seigneurs saxons
certain que la religion chrétienne ne entraîna Miéczyslas dans de longues
fut bien rénandueen Pologne que sous K^res; et forcé de combattre, en
le règne de Miéczyslas I", et qu'avant ? 72 * contre le margrave de M.sme et
lui lès habitants, mi-païens, mi-chré- le comtede AValbeck , ses adversaires
acharnes, il les défit complètement
chef indique que déjà , h cette époque, la P rès de Stetin. Il s'apprêtait à profiter
véritable m.issance du pays reposait dans <J«, C(,tt f victoire, quand 1 empereur
l'agriculiure. Othon 1 er , ce puissant monarque qui
Il est facile d'apercevoir dans touies ces dirigeait , pour ainsi dire , les destinées
fables la main des prôfns, auteurs des pre- du nord-est de l'Europe, vint jeter
mières chroniques polonaises. son arrêt dans la balance de la for*
tune. De l'Italie, où il se trouvait alors, il envoya des messagers aux parties diverses , leur promettant de juger le différend lorsqu'il serait de retour en Allemagne. Quoique vainqueur, Miéczyslas se rendit a rappel , une sage
Ïiolitique lui commandant de respecter es désirs du chef de l'Empire.
Ce fut en 973 que la Pologne entra pour la première fois en rapports directs avec l'Europe. Le congrès convoqué par Othon eut lieu àQuedlinbourg, dans le cercle de Saxe. On y vit le duc Mié«'zyslas, les membres du corps germanique et les envoyés du Danemark , de la Grèce, de la Hongrie et de plusieurs autres nations slaves. Les délibérations eurent pour objet principal les intérêts de la Pologne. Pendant toute leur durée, Othon combla Miéczyslas de présents et de témoignages d'une vive estime; et ce dernier, pénétré de reconnaissance, rendit tributaires de l'empereur toutes les conquêtes qu'il avait faites sur la rive gauche de la Warta.
Les troubles qui arrivèrent en A llemagne après la mort de l'empereur, et occasionnés par leduc de Bavièrellenri, qui s'était fait couronner roi de Germanie au détriment des droits du fils d'Othon , furent cause que Miéczyslas intervint aussi dans le débat. Circonvenu par les ennemis de l'unité de l'Empire, il soutint d'abord les prétentions de Henri , mais , plus tard , offrit son appui à Othon II , dont il fut en même temps l'allié et l'ami.
Miéczyslas mourut après un règne de trente années.