MIBCZ YS LAS II
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Boîeslas le Grand , dont la profonde pensée politique tendait à faire de la Pologne le centre dé la nationalité slave , légua bien ses États à son fils Miéczyslas ♦ mais non sa force et son génie. Indolent à l'excès , et mené par sa femme Rixa , fille du comte palatin du Rhin et nièce de l'empereur Othon III, ce prince livra bientôt le Çays à toutes les calamités de la guerre étrangère et des troubles intérieurs , que sa mort, arrivée en 1034, vint encore aggraver.
RÉVOLCTIOIT ET ANARCHIE.
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Enhardis par l'indolence de Miéczyslas , les gouverneurs des châteaux forts s'étaient déjà , de son vivant , déclarés indépendants, et avaient formé de leurs juridictions autant de petites principautés. Les vexations et les querelles de ces nouveaux maîtres jetaient Je désordre en Pologne; ce fut pis encore après la mort du roi. La régente Rixa , /jui haïssait les Polonais, et qui en était en échange détestée , fut contraintede s'enfuir secrètement à l'étranger ; mais elle emporta d'immenses richesses et emmena avec elle le jeune prince Kasimir, prétendant au trône.
N'ayant plus de drapeau auquel elle pût se rallier , la Pologne se vit livrée a la plus affreuse anarchie; le pillage et l'incendie la ravagèrent de toutes parts. Les peuples voisins relevèrent la tête. Les Bohèmes envahirent la Silésie et dévastèrent Krakovie , Posen et Gnèzne ; le duc de Novogrod Iaroslaf occupa la Russie , et Bretyslaw , duc de Bohême , la Moravie et la Luzace.
Les idolâtres se ruèrent sur la foi chrétienne , et le paganisme reparut avec son prestigieux cortège de divinités et de liberté primitive. Poussés à bout par l'introduction d'usages féodaux tyranniques , les paysans se révoltèrent et prirent une terrible revanche. On ne respecta aucun lien , on ne garda
aucune mesure; et pouvait -il en être autrement quand le clergé était te premier à donner l'exemple de la démoralisation? Enfin, en ces temps de deuil et de désolation , tout ce que la Pologne renfermait de plus riche , de plus précieux , fut détruit ou avili.
Une seule province cependant se préserva des calamités qui conduisaient le royaume à sa perte certaine, la Mazovie, dont M as la w s'était déclaré duc indépendant.
KASIMIR I».
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Les évêqnes et les magnats échappés à la frénésie des anarchistes , qui aidèrent puissamment , durant ces six années de troubles , les ennemis de la Pologne à renverser le glorieux édifice élevé par le génie de Boleslas le Grand , rappelèrent le prjnce royal Kasimir de Liège , où , s'occupant d'études , il menait une vie très-retirée. Kasimir répondit aux vœux de son peuple et revint en Pologne , favorisé par l'empereur Henri III, dit le Noir; il se fit couronner à Gnèzne, en 1041.
Kasimir I ,r , surnommé le Restaurateur , rétablit partout l'ordre ; le régime des lois et de la justice succéda a l'anarchie; une prudente sévérité envers les mutins et une sage amnistie pour les repentants achevèrent d'assurer la tranquillité intérieure.
C'est alors que Kasimir , fort de l'appui de l'empereur Henri III , reprit la Silésie et fit rentrer dans l'obéissance les Prussiens et les Poméraniens; mais les pays conquis par Boleslas le Grand , tels aue la Moravie et la Chrobatie transkarpatienne , furent à jamais perdus pour la Pologne. L'usurpateur Maslaw, battu près de Ploçk , en 1047, et fait prisonnier, fut pendu à une immense potence où on lisait ces mots :
« Tu as voulu t'élever trop haut , et bien haut tu es pendu. »
Le christianisme , prêché par les ecclésiastiques français et italiens que le roi avait amenés avec lui , brilla de nouveau pour régner ensuite sans interruption en Pologne. Mais là ne s'ar-
referont pas les bienfaits dus à Kasimir I er ; ses réformes eurent aussi pour résultat d'étouffer à sa naissance dans le pays le féodalisme, implanté d'Allemagne , et qui , à cette époque même , pesait de tout son poids sur la France.