INTRODUCTION DES CHEVALIERS TECTONI- QUES
1 225. Le duc de Mazovie , Conrad , frère de Leszek le Blanc , ne pouvant
(*) Lorsqu'en 177a l'Autriche voulut donner un simulacre de droit à son usurpation du territoire polonais, elle s'appuya sur ce règne éphémère de Coloman qiu semblait prêter à la Hongrie et à ses souverains un titre sur la Halicie (Galicie).
se défendre efficacement contre les Prussiens idolâtres, qui le pressaient vivement et le rançonnaient, résolut d'organiser une milice relipeuse. 11 appela d'abord a lui un certain nombre d Allemands parmi ceux qui avaient accompagné , en Livonie , l'abbé Berthold , fondateur de Riga (1200) , pour y propager le christianisme; mais cette milice, à laquelle le duc donna la terre de Dobrzyn, succomba bientôt sous les coûps des païens. Alors Conrad , loin d'être rebuté par un si triste résultat, eut recours aux chevaliers teutoniques.
La fondation des divers ordres religieux qui se rendirent célèbres en ces temps reculés, eut lieu à la suite de la croisade entreprise par Baudouin, roi de Jérusalem. On comptait au premier rang les Templiers, créés par Hugo de Pagance et Godefroy de Saint-Adhémar, en 1128, et les Chevaliers de Saint -Jean de Jérusalem, plus tard Chevaliers de Malte, dont le chef fut Gérard Tung.
A leur exemple, les Allemands, qui avaient suivi la croisade sous le commandementde l'empereur Barberousse, se réunirent en communauté, mi-religieuse, mi-guerrière, en 1190, et eurent pour premier grand maître Henri Walpot de Passenheim, lequel fonda, à Saint-Jean d'Acre, un temple et un hôpital. Les membres de cet ordre suivaient la règle de saint Augustin et portaient l'habillement blanc, orné d'une croix noifë. Le pape Célestin III et l'empereur Henri VI leur donnèrent à desservir l'hospice de Jérusalem, d'où ils prirent le nom de Frères de l'hospice de la Sainte Vierge Marie de Sion. Quand la terre sainte eut été enlevée aux croisés , le quatrième grand maître teutonique, Hermann Sallzn, se réfugia à Venise, puisàMarbourg, où la munificence des princes allemands lui procura une vie douce et opulente (*).
(*) Sigfried Feuchtwangcn , douzième grand maître teutonique , transféra sa résidence de Marbourg à Malborg ou Marienbourg. Les hostilités eutre la Pologne et cet
Ce fut vers cette époque que le duc de Mazovie invoqua l'appui de cet ordre, qui, trouvant un intérêt réel dans les propositions faites , répondit vivement à l'appel (1225). Conrad lui offrit d'abord te château de Dobrzyn , et , peu de temps après , les terres de Culm et de Micnalow. En échfnge , les chevaliers teutoniques s'engagèrent à combattre les païens et à restituer les dites concessions , une fois la guerre terminée : en cas de succès , la moitié des pays conquis devait leur appartenir , et l'autre au duc de Mazovie ; ils renonçaient à toute prétention ou demande en cas de non réussite. Ce traité reçut l'approbation du pape Honorius 111 , charmé de ratifier un tel triomphe du pouvoir religieux, et fut . confirmé également par l'empereur d'Allemagne Frédéric II , qui croyait y apercevoir un moyen sûr d'étendre son influence en Pologne.
Bientôt les Allemands accoururent en fouie et se propagèrent dans la Prusse entière , où ils fondèrent cette puissance teutonique , qui , tout en soumettant les païens, sut s'étendre aux dépens des voisins, et devint, plus tard , l'ennemie acharnée de ses bienfaiteurs.
MORT SE I.E5ZEK. LE BI.AlfC.
1227. Tandis que l'imprévoyant Conrad introduisait dans ses États une communauté dangereuse, un autre ennemi nourrissait aussi contre la Pologne d'ambitieux et sinistres projets. Swientopelk, que Leszek avait nommé gouverneur de la Poméranie, résolut d'exploiter la faiblesse et la douceur de ce prince; il demanda donc pour lui et ses descendants le titre de duc, et cessa d'envoyer les impôts lorsque sa requête fut repoussée. Leszek convoqua alors une assemblée à Gonsawa, et il voulait y terminer en même temps les différends survenus entre les ducs de la grande Pologne. Swientopelk ne s'y trouva pas, mais, pénétrant secrète-
ordre ambitieux durèrent pendant plus d'un siècle et demi, et ne (mirent qu'à la paix de Thoraeni40G.
ment dans la viHe, il profita d'un moment où Leszek était au bain et l'assassina de sa propre main.
Ainsi périt misérablement ce prince, dont l'historien Naruszewicz a si bien dit qu'il eût été l'homme le plus digne du trône s'il n'eût jamais régné (*).
L'assassin se revêtit de la mitre et devint duc de Poméranie dans la marche de Dantzig, fondant ainsi dans la Léchie une principauté nouvelle.