‹ PologneChapitre 28 sur 103 · G NE. TS · texte numérisé non relu

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vu à la fin de la deuxième période, était parvenue à son apogée. Le vaillant prince Olgierd, successeur de son père Giédymin, avait encore reculé les frontières du royaume, qui comprenait maintenant tous les pays situés depuis la Baltique jusqu'à la mer Noire. Le

Sartaçe opéré entre les nombreux fils e Giédymin prouve toute l'étendue et toute la puissance de cet État : Mondwid eut Kiernow et Honim; Narymond reçut Pinsk , Mozy r et u ne pa rtie de la Wolhynie; Olgierd obtint Krew, jadis capitale de la Lithuanie, avec les pays jusqu'à la Bérézina; Kieystut fut investi de la Samogitie, de Troki et de la Podlachie; Korvat obtint Novogrodek et Wilkowysk ; Lubart eut Wladimir avec le restant de la Wolhvnie, et enfin Jawnut Wilna, avec Oszmiana, Wilkomierz , Braclaw. Jawnut fut un moment grand duc suzerain, lors de la mort de Giédymin, mais cette dignité ne tarda pas à revenir à Olgierd.

Celui-ci et Kieystut eurent à faire face, en 1343, aux forces coalisées d'une partie de l'Europe, car les chevaliers teutoniques, avides de conquérir la Lithuanie, proclamèrent alors une croisade contre le paganisme lithuanien, et réclamèrent l'assistance de Louis de Hongrie et du roi de Bohême Jean. Le margrave de Brandebourg et la plupart des princes allemands envoyèrent aussi leurs contingents. 01-

âierd et Kieystut se retirèrent d'abord ans l'épaisseur des forêts, brûlant tout à rapproche de l'ennemi, puis fondirent rapidement, l'un sur la Livonie et l'autre sur la Prusse , qui se trouvait privée de défenseurs. Cette prodigieuse armée des puissances réunies, décimée par la faim et le froid, dut bientôt opérer sa retraite, après avoir essuyé des pertes sensibles.

La Russie formait à cette époque un vaste domaine, dont lesTatars, les Lithuaniens et les Polonais se disputaient la possession. Mais les premiers étaient bien affaiblis par suite des divisions arrivées entre eux en 1341 , et par la défection d'une portion de la horde colonisée dans la Crimée, aux environs de Perekop , et dans les steppes aux

bords de la mer Noire. Ils forent donc battus et chassés de la Russie rouge, devenue récemment l'héritage de Kasimir, en sa qualité de Piast, après la mort de Bdleslas , duc de Ilalicz. La Wolhynie et la Podolie se virent aussi arrachées de leurs mains et incorporées à la Pologne. Il fallut toutefois batailler avec Oigierd, le plus puissant des potentats du Nord, pour conserver la Wolhynie; et si Kasimir enleva, au début de la lutte (1349), les villes de Chelm, Wladimir et Luçk, Oigierd les reprit l'année suivante. Les hostilités durèrent jusqu'en 1366, où le courage et la sagacité de Kasimir surent amener la conclusion d'un traité convenable pour les deux parties adverses. Kasimir céda la Podlachie à la Lithuanie, et, moyennant cette concession , devint possesseur paisible de la Russie et de la Wolhynie jusqu'à la rivière Turza; Luçk et Wladimir furent, comme possessions polonaises, confiées en fiefs à Lubart, frère d'Olçierd. Le traité signé, ce dernier alla a la rencontre du grand-duc de Moskovie, Dymitry Donsky, qui guerroyait contre sôn parent le (lue de Twer, et Oigierd se rendit trois fois maître de Moskou (1368-1370-1373), la capitale du grand-duché; il l'abandonna au pillage de ses troupes. Le traité de Borowsk mit fin à la lutte; mais plus tard la Lithuanie contribua encore pour beaucoup aux* victoires remportées sur le Tatar Marnai, et qui donnèrent à la Moskovie l'espoir de pouvoir enfin secouer un jour le joug mogol.

MARIAGE DE l'iMPÏRECR CHARLES IV AVEC LA PRINCESSE ELISABETH.

1363. Kasimir déploya la plus splendide magnificence lors du mariage de sa petite-fille Elisabeth, fille de Boguslas, duc de Stettin, avec l'empereur d'Allemagne Charles IV. Ce fut un spectacle unique jusqu'alors, comme l f observe un historien français (*) ; et, à cette occasion, Krakovie réunit dans son enceinte quantité de hauts person- .

(*) Solignac, Histoire de Pologne,

nages. On y vit rassemblés à la fois les rois o> Danemark Waldemar, de Hongrie- Louis , et de Chypre Pierre , les ducs de Bavière, de Mazovie, de Schweidnitz et d'Oppeln , sans compter un nombre prodigieux de princes, d'évêques et de magnats. Riche de ses beaux édifices, de ses palais superbes, Krakovie était digne, à tous égards, de leur offrir une somptueuse hospitalité ; et la Pologne soutint honorablement, en cette circonstance, sa vieille renommée de grandeur et de courtoisie, par tous les soins , toutes les merveilles dont elle entoura ses illustres hôtes.

Ce fut l'archevêque de Gnèzne, Iaroslas, qui donna dans la cathédrale la bénédiction nuptiale aux deux époux, en présence du légat du pape Urbain V.

L'impératrice nouvelle reçut de son aïeul la dot, immense pour l'époque, de 100,000 florins en or monnayé (*); et les vingt 'jours qui suivirent celui du mariage lurent consacrés à des divertissements de toute espèce, dirigés par l'intendant de la couronne, Wierzynek. On n'oublia f>as le peuple dans les fêtes : garnies de longues ran§ 'ées de tonnes de vin, de miel, dé bière, d'eau-de-vie, avec des gradins succombant sous le poids des comestibles divers, les places publiques retentirent des transports de l'allégresse générale; et Kasimir, toujours soucieux d'assurer le bonheur des classes laborieuses, ajouta à ces largesses éphémères le don plus solide d'innombrables sacs de farine.

Grand et capable comme souverain, Kasimir ne sut pas comme homme se mettre à l'abri de certaines influences secrètes et fâcheuses ; son tempérament fougueux lui fit oublier maintes fois les convenances , qu'il eût dû res-

(>ecter plus que tout autre dans la taute position où il se trouvait placé, pour suivre la seule impulsion de ses

(*) Cette monnaie, marquée d'une fleur de lis, los , s'appelait florenus. Une somme de eent mille florins en numéraire semble chose incroyable, quand on se reporte à un temps où l'or était si rare et l'argent si peu répandu.

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passions. Volage dans ses tendres affections, l'amour violent qu'il ressentit pour la belle juive Esther entraîna avec lui de funestes conséquences pour le pays,où, depuis, l'ancien peupledeDicu accourut en foule et se multiplia.

Si, d'une part, l'histoire, dans sa rigoureuse justice, relate les défauts et les faiblesses de Kasimir, elle aime à rappeler, d'un autre côté, les actes de bienfaisance qui ont fait bénir sa mémoire. Sa tendance constante à s'unir au peuple et à réprimer l'ambition et les empiétements des nobles lui valut la haine des erands, qui lui donnèrent le surnom de roi des paysans; mais leur but fut manqué, car l'histoire d'un peuple avant tout agricole a considéré cette épithete ironique comme le plus beau titre de Kasimir à la gloire. Les torts privés du souverain disparaissent presque entièrement devant la noblesse et la libéralité déployées dans toutes les grandes occasions - .

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