SURFACE ET PRODUCTIONS NATURELLES
Suivant les géographes allemands, la Pologne appartient au système nord-est de l'Europe, et se lie par ses ramifications avec l'Allemagne septentrionale (*). Le pays est généralement plat, et ce n'est "qu'au sud qu'on rencontre des montagnes d'une hauteur assez remarquable ; mais, à part la* grande chaîne des Karpathes, il n'y a que des élévations clair-semées.
Le point le plus élevé de la Pologne se trouve entre la Piliça et la Wistule, dans les contrées montagneuses qui font partie du système karpathique.
Ce mont, nommé Lysa-Gora, a quatre lieues de longueur, et ses extrémités forment deux pointes. La pointe de l'ouest, Lysiça (chauverie), répond à l'élévation de' 1813 pieds de Paris, en la prenant au-dessus du niveau de la mer Baltique, près de Dantzig; boisée dans presque toutes ses parties, elle présente la trace d'éruptions volcaniques, des parcelles ferrugineuses et une puissante végétation en pins,
(*) M. Slow.iczvn.sk i , Statistique de la Pologne , ouvrage composé sur les données les plus récentes, et couronné en 1837 parla Société de statistique universelle.
mélèzes, érables, sapins, chênes, platanes , sorbiers , qui y poussent dans la plus belle proportion. Par une brillante journée, on découvre de la pointe du nord, Lysa-Gora (mont chauve), à l'élévation de 1908 pieds, un horizon de soixante -dix lieues. C'est sur ce mont que les Slaves primitifs élevèrent leurs autels et rendirent hommage à leurs faux dieux; ce fut encore là que le premier roi chrétien, Mieczyslas 1 er , fit placer dans l'année 965 le signe sacré de la rédemption.
Les Karpathes, dont la périphérie forme les frontières de l'ancienne Pologne, appartiennent à cette grande famille de montagnes qui traverse l'Europe depuis Lisbonne jusqu'à Archangel, et renferment en grande abondance une sorte de grès caractérisé par ses terrains marno-quartzeux, ses argiles schisteuses à ficoïdes, et ses lits calcaires. Ce grès contient, mais à de rares intervalles, des couches chloritées, des amas de rochers porphyritiques et amphiboliques , et, en outre, beaucoup de sel. de soufre, de plomb, de zinc, de cuivre et de mercure. La chaîne entière occupe une étendue de 2,300 milles carrés. Le pic de Lom~ niça, la plus haute des Karpathes, a 9,000 pieds d'élévation au-dessus du jiiveau de la meT Baltique. Au pied de ce mont, autrement dit Krapak, se trouve le Zabié-Jezioro (lac de grenouilles), contrée sombre, aride, hérissée de rochers et couverte de neiges éternelles , le soleil n'y pénétrant presque jamais ; quelques habitants persévèrent cependant à y demeurer, et supportent une misère affreuse, dans l'espoir de découvrir un jour sous la voûte des rochers des trésors enfouis, et qui, selon d'antiques traditions populaires, y sont gardés par des génies malfaisants.
Un savant (*) dénombre ainsi les Karpathes polonaises : 1* les Bieslaves, depuis Jablonka en Silésie jusqu'à la rivière de Raba; 2° le Tatry, point le plus élevé et le plus rocail-
(*) M. Pusch, Description géognostique de la Pologne.
Jeux, entre le confluent de l'Arwa et Kielcé, est la plus riche en minerais
du Wag et la pente de la Bela, dans de fer et de zinc. Les mines de Kielcé,
la starostie de Zips; 3° les Beskides, connues dès te quatorzième siècle, fu-
d'où proviennent les sources de la rent abandonnées dans les temps de
Baba et du San; 4° les Bietschades, désastres, puis exploitées de nouveau
enclavées entre la Pokucie et le co- avec succès sous le règne de Stanislas-
mitat de Marmos; 5° lesBukovines et Auguste. On a extrait jusqu'à quarante
lesLiptowes, avoisinant la Bukowine, mille quintaux de zinc des usines de
la Transvlvanie et la Moldavie. Konstantynow.
De la Babia-Gora, dans les Kar- C'est sur le territoire de Krakovie pathes occidentales, on aperçoit en que l'on trouve les plus abondantes temps favorable les tours de Krako- mines de houille, et la meilleure vie et de Sandomir. Le torrent de tourbe se rencontre près du lac de Koszarawa, qui s'échappe de ses Goplo, en Kuia\ie, et dans l'arrondisflancs, se précipite en cataracte de sèment de Kalisz. 40 pieds dé hauteur. Sur les Tatrv, Les mines de sel gemme à fViédont les cimes sont couvertes de nci- liczka et à Bochnia n'ont pas de riges durcies par les années, on trouve, vales en Europe. Situées à deux lieues à la hauteur de 4,200 à 4,500 pieds, sud-est de Krakovie, celles de Wiécinq lacs, parmi lesquels on cite sur- liczka fournissent le sel cristallisé, le tout ceux de Morskie Oko ( l'œil de sel gemme , le sel spisa et le sel vert, mer) et Czamy-Staw ( l'étang noir). La tradition populaire attribue leur Les plus grands fleuves de Pologne, découverte au roi Boleslas le Chaste tels que la Wistule et le Dniester, et à sa femme Cunégonde, oui en orprennent également leur source dans ganisèrent complètement l'exploitâtes Karpathes. Toutes ces montagnes tion dans l'année 1260, et depuis on sont parsemées de riants villages et en retira jusqu'à un million de quinde bourgades populeuses, aux robustes taux par an. Les travaux souterrains habitants, fiers , joyeux , et nommés comportent une étendue de sept mille généralement Gorale (montagnards), deux cents pieds de longueur et trois Leur physionomie est empreinte d'un mille six cents de largeur; la profongrand fonds d'originalité. deur est de neuf cent quarante cinq La nature du sol polonais est as* pieds. A mesure que l'on descend, le sez Variée. Le fer, la galène, le zinc, minerai devient meilleur. On y voit le cuivre et l'argent composent en une chapelle taillée tout en sel, et grande partie la richesse minérale du ornée d'une colossale statue d'Au- Toyaume. Du treizième au dix-septième guste II de la même matière. L'autel siècle, c'est dans le district d'OIkusz et les figures de saint Pierre et de que la Pologne possédait ses princi- saint Paul sQnt vraiment dignes de repales mines de plomb et d'argent , et marque. En 1510, l'incendie éclata Luc Opalinski dit qu'elles rapportaient dans ces souterrains, mais on put s'en annuellement six mille marcs d'argent rendre maître promptement. Celui épuré et cinquante mille quintaux de qui s'y manifesta en 1644 dura une plomb. L'invasion des Suédois, en année entière et exerça des ravages 1655, amena leur ruine complète; ils terribles. Les Suédois s'efforcèrent remplirent les excavations de sable , aussi , comme nous l'apprend Cellacoupèrent les digues et emmenèrent rius, de détruire par le feu les traies ouvriers au siège du fort de Czens- vaux (1655). Maître en 1772 de Wiétochowa, où ils périrent par la fatigue liczka , le gouvernement autrichien des travaux et le feu de la place. A accorda des primes aux ouvriers, et cette époque, les rois retiraient encore obtint, à l'aide de cet encouragement, de ces mines un revenu annuel de un million sept cent mille quintaux de deux millions de florins de Pologne, sel par an. La mine de Bochnia, à la région entre Opoczno, Opatow et neuf lieues est de Wieliczka , se con>
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pose d'un long boyau de dix mille espèces variées. C'est là que bondispieds de long sur sept cent cinquante sent par troupeaux l'élan (los) et le de largeur; sa profondeur va jusqu'à bison {zubr); les longues racines des douze cents pieds. Elle donne un pro- arbres abattus y servent de refuge aux duit annnel de deux cent cinquante ours, aux lynx, et, sur le bord des rimille quintaux (*). vières voisines, le castor construit son
On cite spécialement, en fait de ingénieuse habitation. Des insectes
sources minérales, les eaux sulfureu- aux mille nuances y couvrent la terre, ses de Krzeszowicé, de Busk et de et au-dessus d'eux plane le vol majes-
Swoszowicé, ainsi que les eaux fer- tueux de l'aigle, qui se plaît beaucoup
rugineuses de Gozdzikow et de Ka- en ce lieu. La foret de Bialowiez, qui
Ienczow. embrasse une étendue de trente milles
Une immense portion de la Polo- carrés de Pologne (cinquante -deux gne est boisée. Le pin sauvage ou pin lieues et demie de France), fut, après d'Écosse domine partout ; on rencon- l'anéantissementdu royaume, en 1795, tre également dans les forêts et en distribuée en partie par Catfierine II abondance le sapin noir, le bouleau, à ses favoris; mais le pays conserva l'aune, le mélèze, le tremble, le chêne, encore les trois quarts de cet immense le hêtre, le frêne, l'érable, le tilleul, domaine, une des gloires du sol. l'orme, le peuplier blanc et noir, le La méchanceté et l'insouciance cousorbier, le saule, le noisetier, le ge- pable des paysans causent de grands név rier, le cormier, l'aubépine, etc. etc. désastres, et il n'est pas rare de voir, Les bois de la Pologne, célébrés jadis, surtout en Lithuanie, l'incendie de fobrillent encore au premier rang parmi réts entières.
les forêts d'Europe. Le chêne de Po- Dans plusieurs parties de la Russie
logne est préféré à celui d'Amérique rouge les abeilles fourmillent telle*
pour la construction navale. Autre- ment, que non-seulement le tronc des
fois les rois aimaient beaucoup la vieux arbres en est rempli , mais le
chasse, les Jagellons entre autres, et sol même est couvert de leurs ruches,
l'histoire rapporte que Kasimir IV Elles se rassemblent ordinairement
Eassa sept années de sa vie dans les sur le pin (pinus silvestris). Les enois de la Podlachie, de 1485 à 1492, virons de Kovvno, entouré de bois de entièrement livré à ce plaisir; les in- tilleuls, produisent un excellent miel téréts de l'État, les matières les plus connu dans le pays sous le nom de importantes , tout se débattait et se lipiec. Ce miel, dont on fait l'hydrotraitait dans l'humble maison du me! , est conservé dans des cuves imgarde forestier. menses et laissé en héritage. Lors- En traversant les hauteurs qui en- qu'il est vieux, on le nomme miod tourent la modeste ville d'Orla, dans troyniak (*).
les environs de Granne sur le Boug, du La Pologne , dans ses grandes ramifond de l'horizon se détache, aux re- fications fluviales, communique avec çards étonnés du voyageur, une ligne trois mers d'Europe : 1° avec la Balimmense et noire. C'est la forêt de tique, par Dantzig, sans aucun secours Bialowiez, un des plus beaux, des plus de l'art , puis par le canal de Brompittoresques endroits de Pologne: son berg, la Notetz, la Warta et l'Oder, admirable végétation rivalise avec enfin par la route du Niémen, c'est-àcelle des forêts vierges du continent à-dire par la Narew, la Biébrza , la américain, et l'on y rencontre à cha- Netta, le canal d'Augustow, le Nié-
3ue pas, en quantité prodigieuse, men, la Dubissa, le canal de Windawa
es animaux dont on chercherait vai- et la Windawa elle-même, qui débou-
nement partout ailleurs en Europe les che dans la mer près de la ville de ce
(•) Swiencki, Description de l'ancienne (*)Swiencki, Description de l'ancienne
Pologne. Pologne.
nom ; 2* avec la mer du Nord , par la route de la Warta , de la Notetz et de l'Oder, la Spree, le cunal de Havel, le Havel , et enfin l'Elbe, qui verse ses eaux à Hambourg; 3° avec la mer Noire, par la Wistule, en remontant le Boug , qui lui apporte ses eaux par la Narew , près de la forteresse de Modlin , le Muchawïec , débouchant dans le Boug à Brze*c-Litewski, par le canal de Muchawiec, la Jasioida, le Prypètz et le Dnieper.
Les principaux fleuves de l'ancienne Pologne sont :
La IVistule, navigable dès son entrée dans la petite Pologne, et qui reçoit plus de cent vingt rivières dans son cours. Sa source est en haute Silésie, dans le duché de Cieszvn ( Teschen ). A Krakovie elle s 'élève a six cent onze pieds de Paris ; à Warsovie, à trois cent cinquante-deux , et à Dantzig , près de son embouchure , à quarante-trois pieds au-dessus de la mer Baltique. Superbes et imposants, les flots de la Wistule traversent cinq de-
trres géographiques, et arrosent dans eurs courbes et déviations cent cin-
Suante milles (trois cents lieues). Leur assin s'étend, d'après Hoffmann (*), sur trois mille six cent soixante-quatre pieds carrés, et leur largeur moyenne, à compter de l'espace compris entre Sandomir et ïhoru , est de mille cinq cents pieds. A Warsovie, et selon la saison,- la Wistule a de neuf à vingt pieds de profondeur. Sur ses bords, riches en sites pittoresques , se trouvent Warsovie , Sandomir, Kazimierz , Pulawy, Plock, et autres villes remarquables.
Le Dniéper ( Borvsthène ) , le plus grand fleuve de l'ancienne Pologne, et qui comporte dans sa limite orientale au nord au sud une étendue de trois cent soixante-dix-huit milles , dont deux cent cinquante sont navigables.
Des cataractes, appelées dans le langage vulgaire porohiouporogi (seuils), au nombre de treize, rendent par. moment sa navigation impraticable, principalement dans la saison des basses
(*) Hoffmann , la Terre et ses habitants.
eaux. Vers l'embouchure, au-dessous des vorohi, on rencontre soixante-dix îles habitées autrefois par les KosaRs Zaporogues. C'est de 'a que ces aventuriers audacieux , Se confiant à leurs frêles barques , Uchaika , entreprenaient des excursions jusqu'à Conslantinople par la mer Noire ; plus d'une fois ils ravagèrent les villes de l'Asie Mineure, pillèrent les faubourgs de Stamboul, et firent trembler le sultan dans son sérail. Entre fe confluent du Dnieper et du Bon ( Hvpanis ) florissait, dans l'antiquité, la ville d'Olbia, colonie grecque et entrepôt du commerce de l'Orient : elle fut ruinée par les Gètes. Le Dniéper débouche dans la mer Noire par le Liman de son nom ; ce Liman est long de quinze lieues et large de deux et demie; ses eaux n'ont que huit pieds de profondeur.
Le Niémen (Chronus Mcmel), fleuve national de la Lithuanie, et chanté par les weïdalotes (*), les Prussiens et les Lithuaniens (**). Il prend nais-
(•) Les wcidaloles étaient des espères de lévites à l'époque prosj>ère de la mythologie du Nord dans les terres prussiennes , en Lithuanie et en Samogilie , où relie religion avait été introduite par les Danois et les Scandinaves.
(**) Plusieurs poètes polonais ont aussi composé des poèmes sur les fleuves, et nous citerons l'extrait suivant des œuvres de notre plus célèbre poêle contemporain, Adam Mirkievvicz, traduit par M. Burgaud des M a ret s.
« La Wilia, mère de nos torrents, a un •« lit d'or et une surface d'azur. Une l>elle - Lithuanienne y puise de l'eau ; elle a un « cœur p'us pur, une figure plus ravissante.
« La Wilia coule dans h» vallées riantes « de Kowno, entre les tulipes et les narcis- « ses; aux pieds de la Lithuanienne est la .« fleur de nos jeunes gens, plus ravissante « que les roses et les tulipes.
m La Wilia dédaigne les fleurs de la vallée, ■ car elle cherche le Niémen, son fiancé; ' « la Lithuanienne est triste au milieu des «Lithuaniens, car elle adore un jeune « étranger.
« Le Niémen saisit impétueusement son « amante dans ses bras, l'entraîne à travers « lesécucilset les sauvages déserts, la presse
L'UNIVERS
sance dans le gouvernement de Minsk* et se trouve flottable prtfsqu'à sa source; depuis Grodno, il est navigable pour les gros bateaux. D'une longueur de plus de cent vingt-deux lieues, le Niémen se jette dans la mer Baltique par le Kurisch-Haff , à dix lieues au sud de l'ancienne ville lithuanienne Klaypeda, que les Prussiens nomment Même!.
Le Dniester (Tyras) , dont le bassin touche de sa tête Przemysl, de son flanc droit les Karpathes'et les bassins du Pruth et du Sereth, tributaires tous deux du Danube, et de son flanc gauche les monticules du Miodobor en Pudolie et le bassin du Bon. Le centre du bassin du Dniester est la ville de Mohylew, la plus commerçante sur ce fleuve, auquel nombre de petites rivières apportent le tribut de leurs eaux; elles accourent des Karpathes et des monticules dont Léopol est le
{>rincipal. Le Dniester débouche dans a mer Noire, près d'Akerman.
On doit encore mentionner le Prypètz (Trypiat, en idiome russien) , qui arrose quatre-vingt sept milles de pays.
Cette rivière, jointe au Niémen par le canal d'Oginski, et au Boug par celui de Muchawieç, sert de point central à la navigation entre la Baltique et la mer Noire.
Parmi les lacs, ceux de Duswiaty, au nord de la Lithuanie, de Hryczyn , au midi de la même province /de Sukum , près de Dantzig , et de Smolno , dans la région de Posen , sont d'une profondeur que l'on n'a jamais pu mesurer. Mais le plus grand lac de la Pologne ancienne et moderne, nommé
« sur son sein glacé, et ils se perdent ensem- « ble dans les abîmes des mers.
- Et toi aussi» un étranger t'aura ravie «• aux vallées de la patrie, ô infortunée « Lithuanienne ! et toi aussi, tu te seras « plongée dans les flots de l'oubli, mais plus « attristée, mais seule !
« Eu vain on avertirait le cœur et le lor- « rent : la jeune tille aime, la Wilia coule... « La Wilia a disparu dans les bras du « Niémen qu'elle adore... La jeune fille « verse des larmes dans une tour soli- « taire I... »
Goplo, se trouve sur la limite occidentale du royaume , dans la Kuiavie; il a huit lieues de longueur et une de largeur. Le terrain fort marécageux et fort boisé du palatinat d'Augustow renferme la plupart des lacs : plus de cent v servent de réservoirs à d'innombrables ramifications de ruisseaux, et tous pavent une dette au Niémen, qui se confond lui-même avec la Baltique.
'Les marais de la Biebrza, dans la Podlachie, offrent une étendue de dixhuit lieues. On découvre au delà de la rive gauche du Boug les immenses marécages de Pinsk , espèces de marais Poiitins.
C'est au gouvernement de l'ancienne Pologne que'sont dues toutes les voies de canalisation. La plus petite , mais la plus importante, est celle de Muchawieç, nommée autrefois canal de la République. Établissant une communication entre Dantzig et Odessa , la ligne de navigation obtenue grâce à son aide s'élevait à deux cent quatrevingt-dix milles; mais le partage du pays en paralysa l'usage.
Le canal d'Oginski , fait aux frais de ce généreux citoyen , joint le Dnieper au Niémen, et ouvre à la navigation une communication de deux cent soixante-dix milles.
Les canaux d'Augustow, de "Windawa et de Bromberg sont, sous le rapport de l'importance, au second rang.
Tous ces fleuves, rivières, lacs, étangs, approvisionnent le pays de poisson de bonne qualité. Beaucoup même vient de la mer , en remontant le cours des fleuves. L'huître, due à l'importation, est considérée comme mets de luxe et se vend au poids de l'argent , quelquefois un florin la pièce.
Le sol polonais conserve encore nombre de traces de l'action violente causée par le retrait des eaux maritimes. D'après une croyance populaire généralement répandue, il y aurait eu autrefois une petite Méditerranée dans les contrées marécageuses, entre Novogrodek, Minsk et Polock. Les savants Skrzetuski et Staszic sont aussi d'avis qu'il existait jadis une mer en Polésié.
On rencontre fréquemment des débris de fossiles et de plantes appartenant à d'autres climats, et dont même les espèces sont inconnues aujourd'hui ; et lorsqu'on creusa le canal qui joint le lac de Hrvczyn au Prypètz , on découvrit une ancre de vaisseau. Suspendus aux tours et aux portes des vieux manoirs, des restes énormes de baleine, tirés du sol dans la grande Pologne et en Lithuanie, alimentent ces traditions parmi le peuple. Près de Nieswiz on a trouvé des mâchoires de bison d'une grandeur effrayante et des dents d'éléphant; aux environs de Warsovie et dans les salines de Wiéliczka, des débris de rhinocéros ; enfin, sur les bords de la Wistule, près de la capitale, à Gora , à Czersk , à Siéwierz et à Oswiecim, des os et d'immenses fossiles de mammouth (animal de l'Ohio, Cu- \ieb ).
On a constaté également au fond de la terre l'existence d'anciennes forêts de pins , et l'action des eaux a dû s'opérer dans la direction du sud-est, tous les troncs étant inclinés vers le nord-ouest. — « Ce qui prouve enfin un grand déplacement des eaux, c'est que l'on voit en Pologne les madrepora arcanaria, verrucosa, labyrinthiformiSffungites. ananas, astroites, millepoia, cellulosa, lichenoides, Lin.;
3u'on ne rencontre dans aucune mer u Nord , mais qui fourmillent près d'Alger et dans les plaines du Mexique (* ). »