CLIMAT
Le climat de la Pologne est plus rude que celui d'autres pays européens situés sous le même degré de latitude , car, du coté du sud, elle est fermée par les Karpathes, et, du coté sud-est, par les montagnes de laSilésie et de la Bohême. La contrée se trouve donc ouverte aux vents septentrionaux, et les plus fortes gelées y proviennent du vent d'est, qui souflle des plateaux de la Moskovie et des monts Ourals. En prenant pour base l'expérience de toute
(*) Jvïalte-Brun et Chodzko, Tableau de la Pologne. ,
une année, la température présente une
moyenne à Warsovie, + 6° Réaumur, à Krakovie, 7 «/, et àWilna,-h 4 </, ; ces chiffres subissent néanmoins des modifications sensibles, et, selon Suiadecki , le thermomètre parcourt 53° de Réaumur, depuis 24° de froid jusqu'à 29° de chaleur. La température moyenne de la saison d'été est de 11° au-dessus de zéro; dans la saison d'hiver, elle est de 3° au-dessous.
Les froids les plus rigoureux que l'on cite sont ceux de 1799, dans les mois de février et de décembre, 2G° '/* » e t de 1820, 25°. La plus grande chaleur est, à l'ombre, de 28°, au soleil, 40°, et dans la terre échauffée par lui, 48°.
Pendant une bonne moitié de l'année on jouit communément d'un temps favorable, les jours de ciel couvert n'étant que de quatre dixièmes et les jours pluvieux d'un dixième. Les neiges durent du 5 novembre au 5 avril , et la fonte de celles des Karpathes produit au printemps un accroissement notable dans les eaux de la Wistule, qui se renouvellent également par de tortes pluies lors des moissons. Les contrées situées au pied des Karpathes sont très-souvent ravagées par la grêle, et sur ces montagnes l'hiver est, pour ainsi dire, perpétuel, ou du moins excessivement long, par suite de l'élévation du sol.
Les globes de feu, les parélies, les étoiles tombantes, l'aurore boréale et d'autres phénomènes phosphoriques ou électriques, sont assez fréquents en Pologne.
Comme preuve des variations de sou climat, nous citerons les exemples suivants. L'historien Dlugosz rapporte que dans l'année 974 toutes les rivières furent couvertes de glaces , depuis la fin d'octobre jusqu'à î'équinoxe du printemps. Selon Rzonczvnski, la Baltique gela une fois de telle sorte, que l'on put aller de Dantzig à Lubeck sur la glace. Koialowicz, dans les détails curieux donnés sur les hivers de 1414 et de 1492, dit qu'au mois de janvier, sous le 5â° de latitude, on vit les champs se couvrir de fleurs, les choux pousser en tête, les blés lever
L'UNIVERS
et former les épis, et des oiseaux reconstruire leurs nids; mais le mois de février ayant amené des froids intenses , anéantit , dans une seule nuit, toutes les richesses de cet été précoce. A Dantzig, vers la fin d'octobre 1568, les rosiers donnèrent une seconde floraison; ce phénomène s'y reproduisit en décembre 1588. L'hiver de 1659 tut également si doux que les abeilles sortirent par essaims nombreux.
villes.
Les villes de la Pologne sont, plus que partout ailleurs, l'expression vivante d'un principe, d'uHe destinée spéciale ou d'une époque historique; et les trois capitales qu'elle a possédées successivement sont, pour ainsi dire, chacune l'image des trois grandes phases de ce pays. La Pologne naissante eut son siège à Gnèzne, d'où l'aigle blanc prit son vol audacieux et superbe; l'antique métropole, Krakovie, la villesainte, représente la plus belle époque du
f>ays : les jours heureux de Kasimir e (Grand, les temps chevaleresques des Jagellons, et le point véritablement culminant, sous les deux Sigismond , de l'astre de la Pologne florissante ; enfin, AVarsovïe, donfïes Polonais modernes, surnommés Français du Nord, ont cherché à faire un "petit Paris, offre, dans son histoire, un tableau fidèle, tantôt brillant et grandiose, tantôt sombre et mélancolique, des tentatives de renaissance de la Pologne malheureuse:
C'est ainsi que Malborg (Marienbourg), situe dans l'ancien palatinat de Malborg, est le souvenir encore animé de l'antique chevalerie; que le catholicisme a fixé son séjour de prédilection à Czenstochowa, résidence de miracles de la sainte Vierge, à laquelle s'adressent tous les vœux des fidèles dans leurs nombreux pèlerinages à cette ville; que Wilna et Léopol sont devenus des succursales du foy er de la. civilisation moderne établi à Warsovie ; c'est ainsi enfin que, dans les derniers temps (1815-1830). la ville de Kalisz représentait l'opposition la
plus forte qui ait pu re manifester aux diètes sous le gouvernement russe, et que le château de Pilla wy dut à la puissante maison des CzartoVyski le titre de nouveau Panthéon historique polonais.
Le berceau de ta Pologne, Gnèzne, situé «i sept milles de Posen , et célèbre par le couronnement du premier roi, Boleslas le Grand, a, à mesure que les conquêtes des Polonais s'étendaient, disparu (Je la scène politique.
De nos jours, c'est une petite *ille insignifiante, contenant à peine quatre mille habitants.
Krakovie, jadis rentre du royaume, située aux bords de la "Wistule, dans une riante vallée, fut longtemps le siège des rois et l'endroit de leur couronnement, ainsi que de leurs funérailles. Les chroniqueurs rapportent qu'elle fut fondée sur les ruines de Carrodunum (dont fait mention Claude Ptolémée), vers l'an 700, par le duc de Chrobatie-Blanehe, Krakus. En 1320 AVladislas Lokiétek y fut, par l'archevêque de Gnèzne, le premier monarque couronné, et depuis on transporta dans cette ville tous les joyaux de la royauté (*).
Le vieux château royal qui brava tant de siècles a été converti en caserne par les Autrichiens, et une main ennemie a fait disparaître toute trace historique dans cette vaste salle où brillaient les colonnes du trône des Jagellons, devant lequel prêtaient foi et hommage, à genoux, les ducs de Prusse, de Poméranie, de Kourlande, et les palatins de Valachie; là, les plus grands États de l'Europe venaient cnercher des alliances et implorer des secours ; là, siégait le sénat des patriciens ; là, retentissait la voix sage d'Ktiennc Batory. Devant la porte de cette antique demeure royale avilie, dévastée (**), on voit encore les ruines du
(*) Swiencki, Descripiion de l'ancienne
(**) f.e Laboureur, qui visita Krakovie en iG4f>, a laissé, cl arts son Traite sur la Pologne, ce témoignage <le la splendnir du château royal : « Leekasteati e>i une p^rc
D-i$itiz«d b^GÉBOglt
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palais qu'occupaient jadis les puissants starostes de Krakovie.
A peu de distance du château s'élève la cathédrale, dont les chapelles renferment presque toute une histoire de l'ancienne république polonaise. En 9f>6, époque de l'introduction du catholicisme en Pologne, il existait déjà un modeste temple à cette place; il fut agrandi sous le règne de Wladislas Herman, et par Boleslas III en 1 307 ; mais c'est surtout en 1359 que Kasimir le Grand l'embellit et l'enrichit avec une munincence toute royale.
Cette cathédrale est le Panthéon polonais, et compte dix-huit chapelles et vingt-six autels. La plus ancienne des tombes royales qu'on y voit encore est celle de W'Iadislas Lokiétek, mort en 1333. On remarque avec un vif intérêt le monument funèbre élevé à la mémoire de Kasimir le Grand par la reconnaissance nationale, et celui de Wladislas Jagellon , qui atteste le progrès des arts en Pologne ; ces deux der-
■ d'architecture aussi accomplie que l'on « puisse voir, et très-digne de la majesté
■ d'un monarque puisant. Il a beauroup « de rapport au dessin du ebasteau Saînt- « Ange de Rome; et me semble plus e*gavé, « mais il a moins d'esteudiie. C'est un grand « corps de logis, de pierre de laiile, avec - deuxaisles, autour d'une cour quarréc, dc- « rorée de trois galeries où se desgagent « tous les appartements. Ces ga'eries sont, « connue h s chambres, parquetées- de ear-
• reaiix de marbre blanc et noir en rapport ;
■ elles sont décorées de peintures et de bus- « tes de Césars, et rien ne se peut csgaler à la « beauté des lambris des chambres du second
■ ciage, qui est le logement des rovs et des « revues. C'est véritablement la plus belle « chose que j'ai veué pour la délicatesse de « la sculpture et pour les ornemeuis d'or « moulu et de couleurs très -fines. Dans la « chambre principale sont les trophées du « ruy Sigismond avec mille palergnes et « mille enjolivements au ciseau qui sonl ad- « Durables, d'où pendent en l'air plusieurs « aigles d'argent, qui sont les armes »le la
■ Pologne, que la moindre baleine de veut fait « voltiger doucement, hur donnant une es-
• pèce de vie et de mouvement si naturel,
• que l'imagination en estausskost persuadée « que 1rs veux. »
n i ers tombeaux sont en marbre rouge.
La chapelle dite des Sigismond est la plus belle et la plus riche de toutes.
Au milieu du chœur de l'église un magnifique mausolée recèle les restes mortels de l'évéqueStanislas, assassiné
f>ar Boleslas le Hardi. Depuis VYladisas Lokiétek justju'a Auguste II, presque tous les rois polonais ont été couronnés et ensevelis dans cette vieille basilique.
Le nombre des églises de Krakovie s'élevait jadis à cinquante. Parmi celles qui ont résisté aux âges et aux événements, on distingue Yéglise de Notre- Dame, bâtie en 1222, dans le genre gothique : elle contient trente autels de marbre et de nombreuses tombes ; l'église des Dominicains, où se trouve le superbe tombeau de Leszek le Noir; l'église de Saint-Pierre et Saint-Paul, construite sur le modèle de Saint-Pierre de Rome, pour les jésuites, par Sigismond III, et qui conserve encore la tribune d'où retentissait la voix éloquente du célèbre Skargn ; l'église de Sainte- Anne, remarquable par sa coupe et ses ornements.
Dans le nombre des autres édifices nous citerons : l'antique hôtel de ville; l'enceinte gothique Sukiennicé, longue de plus de cent toises , qui fut élevée par Kasimir le Grand, et qui reste comme un monument du commerce de cette époque ; l'université , fondée en 1347; la bibliothèque, qui renferme trente mille livres, quatre mille manuscrits, et des cabinets d'histoire naturelle, de physique, de mécanique et d'anatomie.
L'école du tir se tenait autrefois à la porte Saint-Nicolas et y possédait un vaste emplacement. Chaque année cette école élisait un roi que l'on promenait en procession par toute la ville, un coq coulé en argent sur les bras, et qui, outre une prime de trois mille florins, avait le privilège d'introduire dans Krakovie, libres de tout impôt, quatre-vingt-dix-neuf tonneaux de vin.
Le pont qui joint le faubourg de Stradoni à celui de Kazimierz est aussi une des curiosités locales.
K rakovie, qui se compose de la vieille
L'UNIVERS
cité, des trois petites villes adjacentes, Podgorze, Kazimierz ,. habitée presque entièrement par des juifs, etKleparz, et de plusieurs faubourgs, était jadis entourée de remparts , de fossés et de quarante bastions, dont plusieurs servaient de portes d'entrée. Une seule, la porte de Saint-Florian, a survécu aux dégâts commis par les Autrichiens.
La population de cette ancienne métropole polonaise a suivi les phases de sa fortune politique. Vers l'année 1500, elle se montait à quatre-vingt mille âmes; en 1787, elle n'en comptait plus que dix mille ; de nos jours le chiffre s'est amélioré : il est de trente-sept mille, dont un tiers de juifs.
Les environs de Krakovie offrent les plus beaux sites de la Pologne , parmi lesquels on remarque surtout la contrée si pittoresque de la chartreuse Bielany, assise sur un mont escarpé, au centre d'une antique forêt.
De l'autre côté de la YVistule, on aperçoit le respectable monastère de Tyniec (*), dont la fondation par Boleslas le Grand remonte à l'an 1009 ; suivant Starowolski, ses abbés portaient le titre de maîtres de cent villages et de cinq villes: quinque civitatum et centum viliarum clominus. Plus loin, sur des montagnes quiavoisinent les Karpathes , apparaît le château de Landskrona , aux souvenirs historiques, puis le miraculeux mont Calvaire; puis, sur la montagne Bronislawa, s'élevant à cinquante-neuf toises audessus du niveau de la "VVistule, le tertre monumental érigé à la mémoire de Kosciujszko, dans le voisinage de ceux de Wanda et de Krakus; il a
(*) Durant la guerre de l'indépendance nationale , soutenue pendant cinq ans par la confédération de Itar , cinq cents confédérés, sous le commandement du chef de brigade de Clioisy el d'autres officiers français, s'y défendirent avec courage. C'est de ce poste qu'ils exécutèrent, en février 1772, à la suite des ordres du général de Vioménil, la difficile et hardie attaque du château de Krako\ie, qui était alors au pouvoir des Moskovites. (Pologne pittoresque, M. Chodzko.),
dix-huit toises de hauteur. De cet im-
}>osant belvédère le regard plonge dans a ville sainte, qui porte sur son front calme et superbe l'empreinte des siècles écoulés, et indique, par son attitude muette et mélancolique, la grandeur qui animait jadis une population douée d'une vie puissante. De là l'œil du spectateur découvre des paysages ravissants : les montagnes de la Silésie s'unissent à la grande chaîne des Karpathes; les eaux de la "VVistule fendent majestueusement un sol fertile, cultivé; de vieux arbres, derniers gardiens de nombreuses ruines de bourgs ef de manoirs, lèvent avec orgueil leurs verts panaches, et, par un jour pur, ce tableau imposant a pour limites les pics des glaciers que 1 on aperçoit à trente lieues alentour. « Ce monu- « ment est un ouvrage de géants; c'est « Télan patriotique d'une nation qui , « effacée dans le présent, se cherchait « dans l'avenir !.... Et voici une élo- « quence toute nouvelle : un peuple qui « ne peut s'exprimer par la parole ou « par les livres, et qui parle par des « montagnes (*). »
A uu mille de Krakovie on rencontre encore les restes du château <le Lob- Zow, qui fut bâti par Kasimir le Grand. Théâtre d'événements mémorables et d'aventures romanesques , le bon Kasimir en faisait son séjour favori, et s'y délassait, comme Henri IV auprès de la belle Gabrielle, des ennuis du trône ; il cessait quelques instants d'être roi pour devenir l'amant de la séduisante Esther. La tradition assure que les cendres de cette" juive célèbre reposent dans le jardin. Sigismond III aussi, suivant les chroniqueurs, se plaisait beaucoup à ce même château, et y savourait les délices de Capoue, au sein des bals et des mascarades qu'il donnait aux femmes galantes.
Il ne reste plus également que quelques débris et une tour octogone du château d'Oycow, qui se trouvait à quatre lieues" de la ville. D'épaisses forêts Pentouraient , et , quand on par-
(*) M. Villenave père, Discours prononcé à l'hôtel de ville de Paris, en 1828.
court leurs sinuosités, on arrive à la rait l'origine du nom de cette ville. Au grotte Noire, longue de deux cent treizième siècle, les successeurs du duc quatre-vingts pieds , large de quatre- Conrad I er , abandonnant leur fort de vingts et haute de soixante ; elle a dû, Czersk , y transportèrent leur demeunous disent les historiens, servir de re, et Warsovie prit dès lors un acretraite aux femmes, aux enfants et croissement considérable. Après que la aux vieillards, à l'époque sanglante ligne des ducs de Mazovie fut éteinte, des guerres avec les Turcs et les Ta- en 1526, la reine Bona, épouse de Sitars. A peu de distance se trouve une gismond I er , affectionna également cet autre grotte surnommée Rovale, depuis endroit; et, à la diète dè Lublin , en qu'en 1300 Wladislas Lokiétek s'y 1569, Sigismond Auguste décréta que, mit à l'abri des atteintes de l'usurpa- vu sa position centrale, Warsovie serpateur Wenceslas de Bohême ; on ne virait désormais de lieu de réunion aux peut la parcourir qu'aux lumières. De grandes diètes. Depuis cette époque, nombreuses légendes et traditions sont son importance augmenta de jour en racontées par le peuple sur les singu- jour; l'élection des souverains se conlarités naturelles dont Oycow abonde, somma dans les champs de Wola, à Pen- II est difficile de se représenter un tréedela ville, etenlm, Sigismond 111 site plus ravissant et plus pittoresque la choisit pour nouvelle capitale du que celui du château de Pieskowa royaume. Les rois suivants l'habitè- Skala, à deux lieues plus loin; il do- reht donc, et même le dernier, Staminé une vallée qui rivalise de charme nislas-Auguste, y célébra en 1764 son avec les A Ipes; les eaux pures du Prond- couronnement, cérémonie qui avait eu nik s'échappent par torrents d'un ro- lieu jusque-là à Krakovie. , cher gigantesque, et arrosent cette Warsovie se développe surtrois mille magique contrée. Le rocher, qui fait six cents toises de longueur et dix-huit face au chAteau, a la forme de la mas- cents de largeur; sa circonférence, y sue d'Hercule; frêle à sa hase et énor- compris le Faubourg de Praga, situé mément développé à son sommet, il sur la rive droite du fleuve, est de offre dans son ensemble une des plus six lieues. La ville est divisée en sept curieuses et des plus inexplicables fan- arrondissements; Pr3ga forme le huitaisies de la nature. En suivant le tième. Les rues, au nombre de deux cours du Prondnik on rencontre un cent quatorze , sont toutes pavées et autre rocher qui, entouré de chênes, entretenues avec soin. Plus de soixande sombres sapins et de précipices, te-dix édifices publics les embellissent, n'est accessible que d'un seul côté, par On compte en outre vingt-six églises lequel on arrive au romantique ermi- du culte catholique, qui possède égatage de Sainte-Salomée, nommé Grod- lement quatorze couvents d'hommes zisko; il semble planer dans les airs. et quatre de femmes, une église lu- Comme on le voit, les environs de thérienne, une évangélique, une grec- Krakovie sont de toutes parts doués que-unie et une gréco-russe, d'une nature riche, féconde et variée Parmi les principaux monuments on à l'infini. remarque le château royal , avec un Warsovie, située sur une élévation superbe jardin qui domine laWistule : agréable aux rives de la Wistule, était une voûte de deux cents toises de lonautrefois la capitale du duché de Ma- gueur y soutient le terrain supérieur, zovie et la résidence des ducs. Vers la où l'on parvient par un large et solide lin du douzième siècle, si nous en escalier; le palais des lieutenants du croyons les chroniqueurs, Kasimir le roi ; le palais non moins majestueux Juste, étant à la chasse , entra dans une de Krasinski, que la grandeur et la richaumière où une pauvre femme ve- cliesse de ses ornements placent au naît de donner le jour à deux jumeaux ; premier rang des chefs-d'œuvre d'arce roi leur servit de parrain, et nomma chitecture; l'université; la belle mailun War, l'autre Sawa, ce qui forme-' son des Amis des sciences et des let-
©»s ter* s-ii-ii pwwi: a
^rju" i tiiiLJif «Se Leipzig, ♦îûir »i cc42r ouverte
ilir&Z-ur.?:-; El^.noaf. «iTfT^ a cet ~~^ r — i-:-c r-îoM les fonds 3f :s^»a.~rs . ouloim if ras * ememen t
ut jàidTx«îisme mal
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* ii ' rusun** itts^wsi: . donnent à ^' ; » J o* .'ni* et ôe la àimiere.
Le wjt. a T2nt et se» faubourgs
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coustr:-::* vres la retire* des ft osses 2^ arscv*. es 1 SS l .
>->ui ne r avons pas «ne; mais un* Mm auruste a donne rasscrance qu >U> potr.aut en çi^iques beLres redire toute a \.U en un inooreaii oe
En avant du château royal s*e*ece une eok*n:#e de mirurt b.a c d er: srvl i>kx-. t:re d<r> c-merfs «if Ch«>r:r.v ;
neuf pirtis: le ^aî t^n a c*j.fize. et au sc>mrr>r:
ap^àriîî ia >lalL/e de Sirîsmo.jd III.
o> . en brc«2e eî doree; elle a e-ie- Qjétne ofiz*- pj^ds d't-ifs atkm. La si2:iie de JLoperr.ik. proûur.icm ce Tiioryt hA ^u. bt troLve û côte de Tei.ise h istrxibrà\i±. Y t trci>ie:ue eî cvk^&aie ^lue, eeje d j prince Jc^epb Pirtrii-Tcm^ki, mort marchai de r«o-
;i r»rcdit>£s® de Ri
«ni» a sulm r influence E* 1 -"nC. le nombre
du
a arts Tji£t ntîlle :
- aescezM * a soixaate-huii
en 1830 trois cent
1 1 .it qaa^e ceci vingt cinq i :: ^ : U3«.re-trcc> u.îlle apparteiiit*-5t : - ;*rt;o* j^f. En t ajo^iant la rr.-rjsc* zutiL-re. la population d.
^^ irsc ; :c*se?.iL:t en chiffre <Tenvi- TC'i 'tzz c: iqs&Â* mille ÎD*IivîiJus.
MwsqCtm li32Wanovîe posséda de uts scienLij^ies et lit-
bi«L «vt»û- Cta a àix4î b s K-^T»or« eî des lettres, fondée en 1801, e: s* ttÀ'^jjaeqaf, si h -ne en oianuscr ts, «p'eUe fûî prophète part ic :ere. a ele transportée à Petersbrorî.oj se trouvait deja rancieiine eî ; J «rt*os de Terêqne Joseph
Z Celte coîtactios. don d'un
£fr^rei.T ciîoyea envers TÉtat , fut enie^ee OiTh-ririe II. à Tepr^fue du i.art-.-e de la Pv kiene, La ncuveUe bài.i iheque puNiqueT fondée de 1815 a isSO. et s;ol>ee également, ren-
v** 1 Cmmm ceU de et-: ouxraçe
a U Ruwe.vol. I,
|« L'UNIVERS
très, remplaçant l'ancienne église des pire français , à la bataille de Leipzig.
Dominicains , construite , par Sigis- devait embellir la vaste cour ouverte
mond III , en souvenir de la prise de du palais des lieutenants du roi, et une
Moskou, et où reposaient les restes souscription nationale, ouverte à cet
des tzars Szuysky faits prisonniers; là effet, avait déjà réuni tous les fonds
banque et l'hôtel des finances; l'hos- nécessaires, quand le gouvernement
pice des enfants trouvés ; les palais russe, guidé par un patriotisme mal
de Zamoyski et de Mniszek; I hôtel entendu (*), ut briser en morceaux ce
de ville, auquel fait face, sur une vaste chef-d'œuvre de Thorwaldsen , et l'en-
place, le nouveau théâtre, qui peut con- vova à la forteresse de Modlin pour
tenir deux mille cinq cents spectateurs y être converti en canons,
et huit mille personnes lors des bals : Douze places publiques et un champ
son fronton est orne de dix colonnes de Mars, où cent mille hommes peu-
d'un style élégant , etc. vent bivouaquer aisément , donnent à
Nous citerons parmi les églises celle Warsoviede l'air et de la lumière,
des Bernardins, dans la rue principale, Le soir, la ville et ses fauhourgs
dite faubourg de Krakovie; l'antiqne sont éclairés au moyen de lampes
cathédrale de Saint-Jean, située dans astrales.
la cité : les chroniqueurs en font déjà Comme la population de Km ko vie, mention en 1339, et elle renferme l'é- celle de Warsovie a subi l'influence tendard sacré pris aux Turcs , à la des événements. En 1 780, le nombre bataille de Vienne, par Jean Sobieski; des habitants montait à soixante- dix l'église des Missionnaires, dite de mille; en 1702 à cent vingt nulle; Sainte-Croix; l'église des Piaristes, en 1805 il descendit à soixante-huit congrégation la plus savante et la plus mille quatre cent onze; puis, en 1820 patriotique de tout le clergé polonais , il remonta à cent mille trois cent que l'on persécute et auquel on a re- trente-huit: en 1830 on comptait cent tiré ce temple en 1835, pour le trans- vingt-six mille quatre cent vingt cinq former en cathédrale gréco-russe. Ln âmes, dont trente-trois mille appartedes plus beaux édifices de la capitale naient au peuple juif. En y ajoutant la est aussi sans contredit la grande garnison militaire , la population de église luthérienne, bâtie en rotonde Warsovie présentait un chiffre d'envisous le règne de Stanislas-Auguste, ron cent cinquante mille individus.
Nous passons sous silence la cita- Jusqu'en 1832 Warsovie posséda de délie, construite après la dernière nombreux instituts scientifiques et litrentrée des Russes àWarsovie, en 1831. téraires, mais depuis lors tout est Nous ne l'avons pas vue; mais une bien déchu. On a aboli la société des voix auguste a donné l'assurance sciences et des lettres, fondée en 1801,
Qu'elle pouvait en quelques heures ré- et sa bibliothèque, si riche en manusuire toute la ville èn un monceau de crits, bien qu'elle fût propriété particeudre««! culière, a été transportée à Péters- En avant du château royal s'élève bourg, où se trouvait déjà l'ancienne une colonne de marbre blat.c d'un seul et vaste collection de Tévéque Joseph bloc, tiré des carrières de Chenciny ; Zaluski. Cette collection, don d'un elle est haute de vingt-neuf pieds;' le généreux citoyen envers l'État, fut piédestal en a quinze, et au sommet enlevée par Catherine II, à l'époque apparaît la statue de Sigismoud III, du partage de la Pologne. La nouvelle coulée en bronze et dorée; elle a elle- bibliothèque publique, fondée de l.s 15 même onze pieds d'élévation. La statue" à 1830, et spoliée également, rende Kopermk , production de Thor- fermait cent cinquante mille volumes, waldsen, se trouve à côté de l'église
des Bernardins. Une troisième et co- (*) Comme cela est bien dit dans la partie
lossale statue, celle du prince Joseph de oel ouvrage coosacrée à la Russie, vol. I,
Poniatowski, mort maréchal de l'cm- • page 66.
et des cabinets de minéralogie , de numismatique , d'histoire naturelle , avec deux mille plantes exotiques, recueillies dans le jardin botanique.
L'université, l'école des arts et métiers, l'école polytechnique, l'école normale, le lycée, le conservatoire 'de déclamation et de musique, l'école des Piaristes, huit écoles militaires, trois écoles palatinales, tout a été détruit, aboli par la nouvelle administration.
La ville possède dix-huit imprimeries, dix librairies et cinq journaux {le nombre de ces derniers était doublé avant 1832). Six mille ateliers d'industries différentes emploient environ soixante-cinq mille bras. Six cents doroszka , espèce de calèche à quatre roues et pour quatre personnes, et mille traîneaux conduisent, les unes durant toute l'année, les autres l'hiver seulement, les habitants par toute la ville.
On compte de nombreux bains publics. Il y a aussi dans le jardin Krasinski un établissement d'eaux minérales très-fréquenté.
Sur les sept salles de spectacle qui sont à Warsovie, il n'y en a plus maintenant 'que deux en activité. Deux théâtres d'été existent dans le bois de Lazienki, dont un à ciel découvert et entouré d'eau, ce qui produit un effet ravissant. Deux clubs, nommés Ressources des négociants, font également partie des établissements consacrés au plaisir.
Warsovie renferme beaucoup de promenades, de lieux de réunion publics.
1^ jardin de Saxe , entouré d'une prille en fer, est plus vaste et plus beau que celui des Tuileries à Paris. On cite aussi l'avenue du Belvédère, dans le genre de l'avenuede tilleuls (tinter den Unden) de Berl in; trois rangs de marronniers la bordent dans toute sa longueur de huit cent soixante-dix toises, et forment d'épaisses arcades de verdure audessus de la tête des promeneurs. Elle conduitàLazienki.eharmante résidence digne de l'Italie; tout s'y trouve réuni, riantes constructions " s'élevnnt du sein des eaux, lacs transparents, parcs aux détours enchanteurs, puis des
2« livraison. (Pologne/*.
chefs-d'œuvre de Kart , la représentation équestre de Jean Sohie&ki, des divinités païennes , les douze statues des sages de la Grèce, des ruines, en guise d'amphithéâtre, etc., etc. On y voit aussi les casernes qui enfantèrent la révolution de 1830.
Le jardin botanique, situé sur une élévation accidentée, est à peu de distance de là ; il renferme des serres chaudes et un observatoire pour les études astronomiques. En poursuivant, on parvient au palais plus moderne du Belvédère; des kiosques, des minarets et des pièces d'eau embellissent son jardin anglais. Nous citerons encore en fait de châteaux de plaisance aux environs de Warsovie , Mokotow , Krolikarnia, qui domine les plaines de Lazienki et de Willanow , et enfin , la retraite chérie de Sobieski , Willanow ( villa nuova ). Cette dernière résidence, distante de deux lieues, fut construite par les soldats turcs qu'il avait faits prisonniers au siège de Vienne.
Dans une autre direction se trouve la villa Mariemont , qui mène au bois touffu de Biélany. Cet endroit retiré offre une seule fois par an, le second jour de la Pentecôte, un tableau vivant, animé, et l'excursion qu'on y fait ressemble beaucoup à la promenade de Longchamp à Paris, avec toutefois une forte teinte populaire de plus. Les deux origines présentent également une grande analogie entre elles :
les belles voix des cordelières de l'abbave attirèrent jadis les Parisiens ; l'absolution que i'on obtenait naguère encore au couvent des Camaldulcs de la forêt produisit le même effet sur les habitants de Warsovie. La foule est compacte à Biélany : ardente, tumultueuse dans l'intérieur du bois et faisant honneur aux apprêts culinaires , elle est plus choisie et moins bruyante dans l'allée principale, qui longe les bords de la W istule. C'est en ce dernier endroit que la mode rend sans appel ses décrets pour toute la saison.
Un grand citoven repose non loin de là. Sur un tertre placé à l'entrée de l'église et recouvert d'une simple pierre,onlitce nom : Stanislas Staszic!
I! sera toujours cher aux coeurs polonais , car celui qu'il rappelle fut un des bienfaiteurs de l'humanité; Stanislas Staszic partagea toutes ses terres et sa fortune entre les paysans et les gens lettrés.
3ntraversant la Wistule on parvient, par le moyen d'un pont volant long de deux cent soixante-trois toises , au faubourg de Praga, lieu condamné au malheur et mémorable à jamais dans les fastes de la Pologne. C est dans ses plaines qu'on délibéra en 1573 sur le choix du premier roi électif, Henri de Valois; et qu'en 1656 et 1702 les Polonais combattirent, pour la défense de la capitale, contre Charles Gustave et Charles XII. C'est là encore qu'en 1794 Souvaroff livra au carnage de ses soldats douze mille habitants, femmes, enfants, vieillards, et les braves qui défendaient pied à pied ce seuil de Warsovie. Les tristes événements de 1809 et de 1831 ont mis le comble à l'horrible fatalité qui pèse sur ce bourg de misère et de sang !
Malborg ( Marienbourg ) , dont la fondation remonte à l'an 1302, fut autrefois le chef-lieu du palatinat de ce nom. Elle est à huit lieues sud-est de Dantzig, sur la rive droite du Nogat.
Intimement liée à toutes les phases historiques de la Pologne, elle a compté, jusqu'en 1772, au nombre de ses ossessions, et fait depuis lors partie e la régence de Marienwerder (Kwidzyn ) , formée elle-même de la Prusse ducale, ancien fief polonais.
Les chevaliers teutoniques , en s'emparant du territoire , construisirent ( 1288 ) le célèbre château fort qui commande Malborg. Conçu dans le style gothique, il se composait de quatre étages; le grand maître de l'ordre habitait le plus élevé. La seule partie qui ait résisté aux ravages de la guerre et du temps est celle du milieu , et, ce qui frappe le plus dans ce vieil édifice , c'est le système en voûtes des appartements : toutes les pièces présentent une longue suite d'arcades qui s'étayent sur des piliers de granit. Carrés aux étages inférieurs, ces piliers sont octogones dans le haut du châ-
teau, plus sveltes et travaillés avec soin à l'endroit des chapiteaux. La grande salle où les chevaliers s'assemblaient pour le chapitre n'a qu'un seul pilier, auauel viennent aboutir toutes les arcades. On y voit une pierre énorme entrée dans la muraille; les Polonais la lancèrent en 1410 lorsque Jagellon fit le siège du château *, ils cherchaient à abattre le pilier, unique soutien de toute l'architecture, et fa pierre pourfendit bien la fenêtre, mais, manquant son but, elle alla se nicher dans le coin où elle se trouve encore. Ce fut en 1460 seulement que KasimirlV obtint la reddition de la place et put y mettre garnison.
Ce château , modèle de construction des temps passés, était un des plus solides qui fût en Europe; on disait communément : Ex iuto Marienburg, OJfenex saxo, ex marmore Mediolanum. Les trésors de l'Ordre reposaient dans les caves, séparées par une double voûte du rez-de-chaussée. Un puits en pierre qui existe au milieu du château fournissait de l'eau à tous les étages , et, dans chaque salle de réunion , les services étaient préparés de telle sorte que les mets et les boissons y parvenaient sans qu'aucun valet pardt.
Il est certain, et cette dernière recherche en est une preuve convaincante, que la bonne chère, le vin et les femmes occupèrent beaucoup plus les moines guerriers, anciens hôtes de ce lieu , que les bulles du saint-sïége et le salut de la chrétienté.
A côté du château, que l'on s'occupe de restaurer avec les largesses du roi de Prusse régnant, on voit l'église de Sainte -Marie, fondée eu
La population actuelle de Malborg s'élève tout au plus à cinq mille habitants.
La capitale de la Lithuanie, Wilna, située aux bords des fleuves \Vilia et Wileyka et entourée de montagnes, est à trois cent cinq pieds au-dessus du niveau de la Baltique. Elle fut fondée en 1322, par Gicdymin, prince lithuanien païen, à l'occasion de la construction d'un château et d'un tem-
?le qui devait servir à conserver le feu séquence naturelle du système suivi
par le gouvernement présent.
Les environs de Wilna sont trèsbeaux ; mais à la place de l'ancien et riant palais des rois de Pologne, se dresse aujourd'hui le front menaçant d'une forteresse russe (*).
Tout en suivant les rives de la Wilia , fleuve célébré avec amour par les poètes nationaux , on parvient à une brillante fondation des jésuites , au couvent de Zakret. C'est un véritable édifice, aux proportions nobles et étendues. Plus loin s'étend une chaîne de montagnes, donnant naissance à la vallée de Wilna et qu'animent le superbe palais des évéques, Werki, et les asiles religieux de Trynopol et de Kalwarya. Le Calvaire renferme dans son enceinte plus de trente chapelles qu'un labyrinthe de sentiers unit entre elles. Ces divers paysages et les hauteurs qui existent au centre même de la cité, toutes couronnées de ruines , composent un panorama des plus imposants et des plus variés.
Léopol (Lwow, Lemberg) est la capitale de la Pologne autrichienne , et on rapporte sa fondation à l'année 1270. Cette ville, toute entourée de hauteurs, a passé par les chances les plus variées de la fortune : incendiée a diverses reprises , dévastée et ravagée nombre de fois par l'ennemi , sa position si avantageuse amena toujours sa résurrection. C'est à Léopol que résident les autorités du rovaume de Galîcie et l'archevêque. Tous les deux
sacre; les ruines de ces édifices se voient encore de nos jours. La ceinture de murailles remonte à l'année 1506, et, deux fois incendiée et deux fois rebâtie tout nouvellement , Wilna, de capitale princière, est devenue la résidence d'un gouverneur russe. Les juifs aussi l'affectionnent beaucoup; maîtres du commerce entre ce pays et Riga et Kœnigsberg , ils forment à eux seuls près de la moitié de la population actuelle.
La ville renferme trente églises catholiques , et , parmi les monuments , on distingue l'hôtel de ville, l'église de Saint-Jean, jadis collège des jésuites, l'église cathédrale, l'arsenal, divers palais, l'hôpital de Saint-Jacques , celui des sœurs de la charité, et l'hôpital juif. La civilisation possédait il y a peu d'années à Wilna un fover remarquable qui datait de 1578, époque où le roi Étienne Batory fonda une académie dont il confia la direction aux jésuites. Cet institut exista jusqu'en 1833, et, durant sa plus brillante période, de 1815 à 1830, il compta dans les rangs de ses professeurs des hommes à la réputation européenne, tels que Sniadecki, Lelewel, Goluchowski , etc. Mille élèves suivaient annuellement les cours de cette école supérieure, qui contenait un observatoire, un jardin botanique, des cabinets de minéralogie, de physique, et une bibliothèque riche de cinquante et un mille huit cent trente-sept volumes.
Par les ordres de l'empereur actuel , une arène aussi noble dut cesser d'exister : une simple faculté de médecine la remplace; les collections scientifiques rassemblées à grands frais , les livres rares , les manuscrits précieux , tout a été confisqué au profit des instituts russes de Kiiow et de Charkow.
Dans le seizième siècle la population ie Wilna s'élevait à cent mille dmes; au milieu du dix-septième elle se montait encore à soixante mille, mais de nos jours elle en compte à peine trentesix mille. La décadence de cette ville sous les rapports scientifique, commercial et statistique, est une consé-
(*) La tradition rapporte que trois seigneurs, Sapiéha, Sluszka-et Massalski, prirent rengagement de fonder trois palais, el chacun s'efforça de surpasser les deux outres en luxe et en magniiieence. Celle lutte valut à la Lilhuanie trois beaux monuments ; malheureusement le palais de MassaLki disparut dans une des dernières crises du pays.
Bàli par un architecte d'Italie, le palais de Sluszka(qui remporta le prix) se trouve sur les bords de la Wilia, et celui de Sapiéha, situé près du faubourg d'Antokol et des antiques sépultures des ducs de Lithuanie, a l'air de se cacher au sein d'une épaisse forêt ; il offre aussi dans son ensemble le type italien.
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ans les états y sont aussi convoqués, au nom de l'empereur d'Autriche, pour connaître ses volontés; il ne leur reste plus que le modeste droit de pétition.
Léopol possède une université, fondée en 1784, et réorganisée en 1816, dont la bibliothèque se compose d'environ cinquante mille volumes, deux gymnases, deux séminaires, une école d'arts et métiers, et de nombreuses institutions secondaires. L'importance de l'université s'est puissamment accrue depuis que tous les établissements littéraires et scientifiques de Warsovie ont été abolis. On trouve encore à Léopol la célèbre bibliothèque d'Ossolinski , fondée primitivement à Vienne, par ce magnat polonais , sous le nom de Bibliothèque slave; elle renferme vingt-cinq mille trois cents ouvrages divers, treize mille médailles, huit mille quatre cents moules en plâtre, et une immense collection de manuscrits.
Le gouvernement autrichien l'a fait fermer en 1834.
Point intermédiaire entre l'orient et l'ouest de l'Europe, Léopol jouit d'une haute valeur sous le rapport commercial ; de tout temps il a servi d'entrepôt aux productions de la Podolie, de la Wolhynie, de la Moldavie, de la Bohême , de la Silésie et de l'Allemagne. Chaque année, en juin , époque des grandes opérations commerciales, la population s'accroît d'un quart. Dans les autres moments le chiffre des habitants s'élève à soixante mille, dont un tiers de juifs. Nous ne comptons pas les étudiants et la garnison, deux classes essentiellement variables.
On doit accorder, parmi les monuments, une attention spéciale aux cathédrales des trois cultes qui se célèbrent à Léopol i à l'église Saint-Geor-
fe, point le plus élevé de la ville, à éclise des Dominicains, d'une fort belle architecture, et au palais de l'évéque arménien.
Déjà, du temps des Romains, le poisson des environs de Léopol était cité pour sa chair exquise ; les brochets surtout rivalisaient ceux du Tibre, péchés entre deux ponts, et
que les maîtres du monde , gastronomes non moins célèbres qu'illustres guerriers, payaient au poids de l'or.
Chef-lieu du palatinat de ce nom, ,la ville de Kalisz se trouve divisée en trois parties par la Prosna, qui , la pressant dans ses bras, lui don ne l'aspect d'un groupe d'îles. Sa date remonte au seizième siècle. Plus tard, Kasimir le Grand l'entoura d'une épaisse ceinture de murailles et d'un château fortifié ; mais dans les derniers temps ces défenses ont été négligées et ont fait place à des promenades publiques.
L'église, sous l'invocation de saint Nicolas, est le plus ancien édifice religieux. On conserve avec soin dans la belle cathédrale de Saint-Joseph un tableau représentant ce saint, auquel le pape octroya la couronne royale, comme récompense des miracles opérés.
L'ex-collége ues jésuites, bâti dans les premières années du d ix-septième siècle, passait alors pour un des plus remarquables monuments en Europe. Sa grande salle a deux cents pieds de long snr soixante-douze de largeur, et deux cents élèves y manœuvraient trèsfacilement à' l'époque où cet édifice servait d'école militaire. Cette école , fondée en 1810, et qui a fourni tant d'officiers distingués à l'armée polonaise, fut transférée à Saint - Petersbourg après les événements de 1831.
Le local qui servit d'abord de bureaux à un fonctionnaire public, a été en der n ier lieu métamorphosé en une chapelle du culte gréco-russe.
La population de ce chef-lieu s'élève à onze mille habitants, et les efforts patriotiques des citoyens du palatinat entier méritent d'occuper une place importante dans les annales de la Pologne renaissante.
Non loin des frontières de Silésie , dans les environs rocailleux d'Olsztyn, se trouve sur les bords de la Warta la petite ville de Czenstochowa , qui joue un si grand rôle dans les fastes religieux de la Pologne; car, à ses portes , s'élèvent les célèbres monastère et église de Jasna-Gora (Clair- Mont), desservis par les moines de Saint-Paul. On y conserve une image
miraculeuse de la Vierge, vers laquelle de toutes parts accourent sans relâche, les fidèles, pour implorer l'appui de la Mère des douleurs : à chaque jubilé se renouvelle la cérémonie de son couronnement; et à celui de 1817, deux cent mille pèlerins seulement , hommes et femmes, suivirent les diverses processions. La légende du lieu raconte qu'en 1382, lorsque par ordre du duc d'Opeln Wladislas , on transportait cette image de la Galicie en Silésie, les chevaux s'arrêtèrent tout à coup devant Jasna-Gora, sans qu'il lut possible de les faire aller plus loin.
Frappé de cet événement, le duc, qui croyait aux miracles, fit élever une église à l'endroit même où il arriva.
Wladislas Jagellon construisit la chapelle (jui renferme aujourd'hui l'objet révère. Le couvent de Jasna-Gora fut aussi fortifié par ordre deWladislas IV, et sa petite garnison, sous les ordres du prieur augustin Kordecki, repoussa lorieusement, en 1655, les attaques e nombreuses troupes suédoises. Ses trésors étaient considérables autrefois, mais les malheursdes guerres étrangères leur ont porté une atteinte sensible; il ne faut pas oublier non plus le dévouement des religieux, qui, toutes les fois que la Pologne se trouva en danger , s'empressèrent de lui faire le sacrifice de leurs richesses.
Endroit à jamais célèbre, le château de Pulawy a mérité, comme nous l'avons dit au début de cette division de notre travail, le surnom de nouveau Panthéon historique polonais ; après Krakovie , c'est le lieu qui renferme le plus de souvenirs chersau pays. Primitivement propriété 'du grand général de la couronne, Adam Sieniawski, et brûlé par les troupes de Charles ^Xll de Suède , Pulawy devint, en 1730, un des nombreux domaines des princes Czartoryski , qui se plurent a le relever de ses ruines. Il doit surtout beaucoup à la princesse Isabelle Fleming; par une heureuse alliance, elle s'attacha à y rassembler les objets les plus précieux appartenant a l'histoire et les productions non moins nobles enfantées par les arts. Les jardins, d'un
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dessin admirable, contiennent une multitude de statues, de grottes mystérieuses, de labyrinthes; à chaque pas, de gracieuses inscriptions viennent charmer les regards , et, sous les ombrages les plus touffus, les plus élevés, le doux murmure des eaux de la Wistule parvient jusqu'à vous. De merveille en merveille on arrive , par une superbe allée, au temple de la Sibylle , imitation de celui de Tivoli, et construit sur une hauteur ; là vous attendent de nouveaux enchantements , de nouvelles richesses. Véritable musée ouvert à toutes les gloires, à toutes les illustrations de la pairie, la Pologne y retrouve avec orgueil et respect une représentation animée des diverses pages de ses annales. C'est là seulement qu'on voit les dépouilles mortelles de Boleslas le Grand, le sabre de "Wladislas Lokiétek, la table sur lauelle Kasimir le Grand rendit tant e décisions importantes, un drapeau brodé par les blanches mains de la reine Hedwige, deux épées d'une forme remarquable, hommage des chevaliers teutons à Wladislas Jagellon, les cendres de l'immortel Kopernik, créateur du nouveau système du monde, l'armure des Sigismond, les flèches de Tarnowski, le crâne de Jean Kochanowski, le prince des poètes polonais, le glaive donne par Grégoire III à Etienne Batory, pour combattre les infidèles, les trophées et les restes de Jean Zamoyski , la tête de l'illustre Zolkiewski, rachetée par sa femme moyennant deux millions quatre cent mille francs aux Turcs, qui, ivres de joie, portèrent cette sanglante dépouille en triomphe à Constantinople (1620), le bras droit du vaillant Czarniecki, la bague et l'écusson de Chodkiewicz , etc., etc. On ne finirait pas de décrire toutes les reliques précieuses qui se trouvent réunies en cet endroit. Au sortir du temple de la Sibylle, Ja vue éblouie se repose avec plaisir sur la charmante maison gothique , dont les murs extérieurs offrent une brillante incrustation de pierres rares provenant de toutes les parties du globe ; le coup d'oeil en est très-
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curieux. Un célèbre poëte français , qui visita Pulawy, a célébré dans ses écrits ce lieu vraiment enchanteur :
« J'ai cru que je trouverais dans ce « pays, des Sarmates habillés en peau « d'ours, le bâton à la main, et menant m la vie errante des nomades ; j'ai « trouvé Athènes sur les bords de la «fistule (*)!»