‹ PologneChapitre 32 sur 103 · JEAN ALBERT · texte numérisé non relu

JEAN ALBERT

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1496. Rasimir mourut en 1492; et le règne de son fils Jean Albert fut si-

§nale au commencement par divers ésastres, que l'ambition de ce prince , jaloux de débuter avec éclat, avait attirés sur le pays. Tandis qu'en combattant contre l'hospodar de Valachie il tombait dans une embuscade, où il fut complètement défait, son frère Alexandre, grand-duc de Lithuanie, se laissait battre par le tzar Ivan Vassiliévitch, dont les triomphes ne s'arrêtèrent que devant la vigoureuse résistance de Smolensk. Des traités mirent fin à ces divers conflits; mais les Turcs avaient eu le temps d'envahir deux fois la Pologne, et d'emmener en esclavage près de cent mille jeunes garçons et filles. Les Tatars pillèrent aussi, à deux reprises, plusieurs parties du pays; et le grand maître teutonique, Frédéric de Saxe, profitant des circonstances pour relever la tête, déclina la suzeraineté polonaise imposée par le dernier traité avec l'Ordre. La mort de Jean Albert empêcha l'exécution des projets de guerre qu'il méditait contre les chevaliers.

Si, d'un côté, le roi avait si mal fait face aux événements politiques extérieurs , sa faiblesse encouragea à l'Intérieur la noblesse dans ses tentatives pour sortir de la limite de ses privilèges au préjudice d'autres classes, comme le prouvent les édits de la .

diète de Piotrkow ( Petricau ) , empreints d'une extrême exigence. L'abaissement de la bourgeoisie et du

Eeuple date de cette époque. Les haitants non nobles se virent exclus de la propriété territoriale, et on alla ius-

3u à onliger ceux qui possédaient déjà es immeubles à les vendre. La noblesse s'empara également des immeubles ecclésiastiques.

Le duché de Zator et la terre de Plock furent, sous ce règne, réunis à la couronne; le premier moyennant la somme de vingt mille ducats én or, donnée par Jean Albert (1494), et le second par droit de succession, après la mort de Jean, duc de Mazovie.

Jean Albert suivait en tout l'impulsion de son ancien instituteur Buonacorsi, Italien de naissance, et plus connu sous le nom de Callimaque.

Doué d'un esprit vif, intrépide, ce roi aurait pu fournir une carrière glorieuse, si le goût des plaisirs et de la débauche n'eût prévalu sur ses qualités naturelles, et ne lui eût fait négliger les affaires de l'État.

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