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LES KOSAKS

C'est aussi vers cette époque que les historiens font, pour la première fois, mention des Kosaks. Bien qu'exposés

aux invasions des Tatars, les pays si- création du duché de la musse okies-

tués sur les bords du Dniéper attiraient . t*i.e. par leur fertilité de nombreux colons,

3ui trouvaient dans les vastes plaines 1525. De tous les schismes qui se dée l'Ukraine, et principalement dans clarèrent alors au sein de l'Église rôles îles inabordables du fleuve, un asile maine, le plus formidable sans contrefécond et sûr. Ces colons , habiles et dit fut celui de Luther, qui envahit intrépides , se recrutaient parmi les également la Pologne, ainsi que nous déserteurs des garnisons de la fron- Pavons constaté dans l'Introduction, tière ; et leurs excursions audacieuses Toutes les mesures prises par Sigiss' étendaient jusqu'à Constantinople, mond ne purent arrêter le torrent de la qu'ils mirent plus d'une fois à contri- réforme, et bientôt Dantzig et presbution, grâce à leurs tschaïkas, bar- que toute la Prusse se détachèrent de ques au vol rapide comme celui d'un la foi catholique. Le grand maître oiseau. Auxiliaires dévoués de la Po- teutonique lui-même, Albert de Branlogne , les Kosaks ne se révoltèrent debourg, se déclara ouvertement avec que lorsque les magnats voulurent leur l'Ordre un des prosélytes de la docravir leurs biens, et, ce qui leur était trine luthérienne et contracta des liens encore plus cher, leur indépendance. de mariage. Ce changement de reli- Le duc Ostrogski ayant distingué gion aurait dû rendre à la Pologne, parmi ses serfs un paysan ( cméton ) conformément aux traités , les terres nommé Ostafi Daszkiéwicz, le pré- possédées par l'ordre Teutonique; mais senta à Sigismond ; et cet homme, Sigismond, afin d'éviter toute elïudoué d'un esprit vif et hardi , entre- sion de sang , conclut, en 1525 , un prit le premier d'organiser les Kosaks nouveau traité d'après lequel Albert en régiments. Il les connaissait déjà de Brandebourg, neveu du roi, se dépour avoir guerroyé avec eux heureu- sistait des titre et rang de grand niaisement contre les Moskovites, les Turcs tre, pour devenir duc de la Prusse orienet les Tatars, et il put, à l'aide de ces taie, dont le siège serait Kœnigsberg. glorieux souvenirs , les soumettre à Albert prtfta hommage à Krakovie, se une discipline uniforme. En récom- réservant le fief pour lui et ses descenpense de sa conduite, le roi, qui savait dantsen ligne masculine. La Poméranie apprécier nartout le mérite, accorda à de Dantzig prit dès lors le surnom de Ostafi, mafgré les prétentions élevées Prusse royale, nar opposition à la

Sar nombre de magnats, la starostie Prusse ducale (uuché de la Prusse

e Czerkassy, ainsi que plusieurs châ- orientale), qui composait le fief des

teaux situés sur les bords du Dniéper. ducs de Kœnigsberg.

Ces faveurs ne firent qu'exciter le Grâce à cet acte, l'existence de l'or-

zèle d'Ostafi, et il donna à Sigismond dre Teutonique, de tout temps si fatale

les conseils les plus précieux, assurant, pour le pays, se trouva terminée; mais

d'après sa parfaite connaissance des malheureusement les germes funestes

localités, qu'un corps de deux mille déposés par cet ordre ennemi devaient

hommes, réparti dans les bourgs qui porter leurs fruits dans l'avenir, deux

avoisinent le fleuve, suffirait pour en cent cinquante ans plus tard,

interdire le passage aux Tatars (*). Sigismond commit une grande faute

Mais les avis si prudents d'Ostafi ne politique en signant le traité de 1525,

furent pas exécutés, car l'influence per- , car il aurait dû prévoir que l'influence

nicieuse de # la reine Boua dominait de la maison de Brandebourg, s'aug-

déjà dans l'État, et la souveraine re- mentant continuellement par le cumul

poussait tout ce qui pouvait former de diverses successions en Allemagne,

obstacle à ses projets personnels. deviendrait un jour dangereuse pour

la Pologne. Il faut rappeler toutefois

(*) M. J.U.Niemcewicz, Chants liistori- qu'il vivait dans un siècle où l'on

rues. ne discernait pas encore les intérêts

L'UNIVERS

des familles souveraines de ceux de l'État. Ajoutons que Sigismond , en accordant ce fief à Albert, comptait sur sa réunion à la Pologne , lorsque la ligne des descendants mâles de sa sœur Sophie, mère du duc, serait éteinte; il ne pouvait guère deviner que les rois venant après lui oseraient accaparer l'héritage du duché de Prusse par la ligne électorale de Brandebourg, et que ce précédent serait in vogué plus tard contre la Pologne , par l'inexécution de ses clauses et 1 abus de son texte.

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