REPRÉSENTATION NATIONALE
Le premier acte qui ressemble à une intervention nationale dans les affaires du pavs en Pologne, où jusque-là la volonté du monarque faisait seule loi , ce fut l'assemblée des états à Lenczyça en 1180; mais tout s'y borna à uui t^umicii» ouc inuiao en la promulgation d'une loi qui protévigueur sous Auguste II. geait les classes inférieures contre les
( Tous les juifs de l'ancienne Pologne abus et les vexations des nobles. L'asétaient soumis à un chef, qui dépendait semblée générale de Chenciny en 1331, «le celui résidant en Asie,, lequel porte et la diète de Wisliça en 1347 furent le titre de Prince de F Esclavage , et plus caractéristiques : elles exigeaient doit errer sans cesse de lieu en lieu, le concours des principaux citoyens Leur costume ordinaire se compose au- laïques ou séculiers dans la discussion jourd'hui d'une robe noire , agrafée de- de certaines lois. Mais les libertés na-
prévenant, docile, et enclin à boire outre mesure : l'eau-de-vie est pour lui le souverain remède aux misères d'ici -bas.
Sur vingt-deux millions d'habitants de la Pologne entière, on comptait trois millions cinq cent mille juifs; et si Ton observe qu'ils habitaient fort rarement les campagnes, mais bien les villes, on verra qu'ils formaient la moitié environ de la population urbaine. Leur arrivée dans le pays remonte au temps des grandes persécutions exercées contre eux en France et en Allemagne , où on leur arrachait les dents pour les forcer à donner leur or. AVenceslas Grabowski rapporte, dans son ouvrage sur les juifs
Kdonais, gue de l'année 1096 date ur apparition. La première charte
Îui leur fut accordée (1264) provient e Boleslas , duc de grande Pologne ; elle obtint la sanction royale et reçut plus d'extension sous Kasimir le Grand, auquel l'histoire reproche trop de faiblesse pour la jeune juive Esther. Bientôt il fallut changer de conduite. Le roi Jean Albert , voyant avec effroi s'accroître d'une manière rapide une population qui, par l'usure et d'illicites spéculations, avait amassé déjà des richesses énormes, ordonna que les juifs habiteraient désormais un faubourg particulier dans chaque ville, et y seraient assujettis à la surveillance active des bourgmestres. Malgré ces entraves ils ourdirent , sous Sigismond I er , des trames tendant à faciliter aux Turcs l'entrée de la Pologne, et à leur procurer les moyens de subjuguer le pays. De nouvelles menées semblables lurent découvertes , sous le règne de Michel \\ isniowiecki , et il fallut redoubler de rigueur. La loi qui leur défendait de tenir des auberges dans les villages dût également être remise
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tionales doivent être véritablement da- fut désignée comme siège des diètes à
tées de l'avènement de Louis de Hon- l'avenir.
grie. A compter de cette époque , des ' Nous trouvons dans les annales po-
réunions du sénat eurent lieu à cha- lonaises un fait assez curieux. Sous le
que élection de roi , et la Pologne , règne de Wladislas IV, le dernier jour
alors le plus vaste État du Nord , res- du terme fixé pour la tenue de la diète
semblait à un grand forum, tant les s' étant écoulé sans qu'on eût encore
assemblées nationales étaient nom- arrêté aucune décision , le roi ne vou-
breuses et fréquentes. lut pourtant pas clore l'assemblée :
Il y avait des diétines ou assemblées mais, comme une ancienne loi limitait
de districts; des diètes provinciales, la durée de chaque séance et défendait
composées des députés d'une ou de de rien traiter aux lumières, on resta
plusieurs provinces, et des diètes gé- dans les ténèbres, chacun prenant son
nérales, composées des députés de tout repas assis à son rang ; puis il arriva
le royaume , pour faire les lois et ré- ce que l'on n'avait jamais vu, un sé-
gler les affaires du pays. Le quinzième nat et une diète demeurant assem-
siècle ajouta encore à ces diverses as- blés , endormis sur leurs sièges , et
semblées des diètes de convocation , présidés par un roi endormi lui-même
d'élection , de couronnement . et de sur son trône, confédération.
La diète de Radom, en 1505, ren- confédérations. dit une loi qui exigeait I 1 unanimité ,
sous peine de nullité des votes légis- En suivant attentivement la marche
latifs ; un seul veto suffisait pour des sociétés humaines , on pourrait
rejeter un décret. Les diètes commen- dire que dans l'ancienne Pologne le
cèrent à devenir sous Sigismond III désordre même avait ses règles , et la
des espèces de champs dos, ouverts guerre civile son code. Loin d'adopter
à de violentes récriminations qui dé- comme juste la maxime des monar-
généraient souvent en disputes. Le chies : « La guerre civile est le ulus
nonce d'Upita , Pierre Sicinski, dont grand des maux, » les Polonais aon-
le nom est voué à l'exécration des Po- nèrent au contraire à leurs soulève-
lonais, osa le premier user du privi- ments, nommés ligues ou confédéra-
lége : il rompit par son vote la diète tions , une forme légale. « D'âge en
de 1655. Ce funeste exemple se répéta âge , rapporte Rulhière, tout Polonais
plusieurs fois dans le cours du règne repétait à ses enfants : Brûlez vos
d'Auguste III, jusqu'à ce que la diète maisons et errez dans votre pays, les
de 1768 eût limité l'usage du liberum armes à la main , plutôt que de vous
veto au seul vote des lois cardinales, soumettre au pouvoir arbitraire. » Celle de 1788, poursuivant l'œuvre, Le droit exorbitant, possédé par
annula pour jamais ce droit insensé, chaque membre de la noblesse, d'entre-
Les diètes convoquées par les pre- tenir à ses frais des troupes appelées
miers rois de Pologne se tenaient troupes de famille, et d'élever des for-
presque toujours en plein air. comme teresses, servait souvent, comme on
cela se pratiquait chez les peuplades le verra plus tard , à satisfaire les vues
du Nord , en Islande , en Norwége, en personnelles des seigneurs, en leur
Suède, en Danemark et en Germa- donnant les moyens de fomenter les
nie. Plus tard, la ville de Piotrkow discordes intestines et d'attirer sur
fut l'endroit assigné à la représenta- le pays tous les malheurs d'une vaine
tion nationale. La diète de l'union de et sanglante lutte, la Lithuanie à la couronne, en 1569, Grâce au fatal liberum veto, le pre-
fut tenue à Lublin, où siégèrent les mier factieux pouvait organiser Tanar-
délégués des deux nations. Sous Jean chie, et il ne restait plus d'autres res-
Sobieski , trois diètes eurent lieu, sources que de convoquer une nouvelle
une à Grodno et deux à Warsovie , qui diète ou de former une confédération,
qui ne devenait légitime que par la réunion de toutes les autres confédérations formées dans les partis opposés; mais la plupart du temps cela n'amenait que la guerre civile. Le plus grand avantage de ces ligues, en petit l'image de la république, consistait en ce qu'elles * ne reconnaissaient pas le Uberam veto ; tout s'y traitait à la pluralité des suffrages.
Le conseil général de confédération partageait l'autorité avec le grand maréchal , qui possédait la dictature et avait droit de vie et de mort pendant toute la durée de la crise dans laquelle se trouvait l'État (*).
INSURRECTION DITE ROKOSZ.
Le rokosz polonais (**) était une insurrection formelle contre le roi. Les plus affreux désordres en étaient la suite inévitable ; mais le rokosz faisait horreur à tous , même aux têtes les plus ardentes, hors le cas toutefois où le monarque violait ouvertement les pacta conventa de son couronnement.