TERGIVERSATIONS DE CATHERINE II
Malgré la gravité des circonstances, et de concert avec le roi et les évêques, les Czartoryski demandèrent l'abolition du liberum veto y l'éloignement des troupes étrangères , et la dissolution de la confédération qui s'était formée contre les dissidents. Catherine opéra alors un changement brusque et complet dans sa politique; faisant occuper les domaines de la couronne par ses soldats, elle ordonna une révision des nouvelles lois, défendit toute augmentation des impôts et de l'armée , et protégea ouvertement le parti républicain , qu'elle avait persécuté jusque-là. Les Czartoryski virent, mais trop tard, le tort qu'ils avaient eu de compter sur l'appui de l'étrau-
L'UNIVERS
ger pour régénérer leur patrie : les baïonnettes russes les forcèrent de détruire à la diète, et de leurs propres mains, les faibles réformes introduites déjà, au prix d'efforts soutenus et de ruses ingénieuses. En outre, le libentm veto reçut plus d'extension que jamais (*).
Les républicains, que l'on endormait par une assistance perfide, devaient également s'apercevoir bientôt de leur erreur. Se servant d'eux comme d'instruments, Repnin avait l'art de les faire concourir à la réalisation de projets conçus depuis longtemps par lui; il dictait même leurs votes, et, montrant une liste signée de soixante mille confédérés, il osa dire à Poniatowski : « f ous voyez que je suis le maître, et que votre couronne ne dépend que dune docilité sans bornes ! »
L'automate élu supporta avec humilité cet insplent langage et courba son front devant l'autocratie russe, qui enjoignit alors aux confédérés d obéir au souverain, résultat sur lequel ils ne devaient guèà'e compter d'après tout ce qui s'était passé jusque-là.