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TROISIÈME PARTAGE

ABDICATION DI STA5ISCAS-ACGCSTE.

795. La Pologne avait bien succombé, mais, lorsqu'il s'est agi d'opérer le partage du butin, la désunion se mit parmi , les spoliateurs. La lutte diplomatique dura une année entière, et ce fut seulement le 20 octobre 1 795 que l'on parvint à une solution des difficultés survenues. Ce nouvel acte de violence inique avait été précédé, le 3 janvier, de la déclaration suivante des trois puissances : « Convaincus par « l'expérience de l'incapacité absolue « des Polonais à se donner une consti- « tution régulière et à vivre paisibles « et indépendants sous l'autorité des « lois, les souverains ont résolu dans « leur sagesse, par amour pour la paix «et pour le bien de leurs sujets, de « partager entièrement la républi- «• que (*). •

D'après ce troisième et dernier morcellement de la Pologne, la Prusse obtint les pavs situés sur la rive gauche de la Wistule. et une partie des palatinats de Mazovïe, de Podlachie et de Krakovie; l'Autriche eut les pays entre le Boug et la Wistule, et une portion des palatinats de Krakovie et de Sandomir; le restant échut à la Russie.

Le roi Stanislas- Auguste Poniatowski fut invité à se rendre à Grodno , et là le prince Repnin lui présenta un acte d'abdication , qu'il dut signer le 25 novembre 1795, jour anniversaire de son couronnement, et que le prince choisit exprès par un raffinement d'ironie. L'œuvre de destruction se trouvait donc consommée , et la Pologne rayée de la liste des États européens. Pouia-.

towski, qui devait s'attribuer une bonne partie des maux du pays, alla

(*) Schôll, Histoire des traités.

jouir à Saint-Pétersbourç de la peiision avec laquelle la tzarme paya ses honteux services. Il y mourut le 12 février 1798.

La catastrophe que nous venons de retracer rapidement a un caractère tout particulier et qui domine encore l'époque actuelle. Tant de nations ont péri , que la chute d'un grand État est dans les probabilités de son avenir.

Mais pourquoi la chute de la Pologne, que suivirent les secousses terribles données à sa pierre funéraire en 1794 , 1806, 1814 et 1830, a -t- elle toujours du retentissement? C'est que le troisième démembrement (1795) arriva au moment même où la nation, réveillée enfin par Une première spoliation de son assoupissement funeste, sentit qu'il fallait guérir le mal dans ses racines, c'est-a-dire , dans l'élection, le liberumveto, la mauvaise gestion des finances et l'absence d'une armée permanente. Cette régénération , politique autant que morale, s'accomplit dans l'intervalle qui sépara le premier partage (1773) du second (1793), et reçut par là un nouveau degfé de force.

Certes, si le coup fatal avait été porté sous Auguste III, il en serait advenu de la Pologne ce qui, peu d'années après, advint de Venise. Une parole de Napoléon alla frapper cet antique édifice qui comptait huit siècles d'existence, et tout aussitôt le cadavre tomba en poussière , parce que tout y était corruption depuis longtemps. Mais le germe de la vie avait refleuri en Pologne; et si cette renaissance, toute spontanée, rendit d'un côté l'agonie du pays plus longue et plus cruelle, elle aida de l'autre au maintien du principe vital que la Providence conserva miraculeusement pour l'accomplissement de ses vues futures.

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