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COSTUMES

On a déjà vu, en différents endroits de cet ouvrage , la description des anciens costumes de la noblesse polonaise. Aujourd'hui ces vêtements, si somptueux, si brillants, ont fait place chez elle à des habillements plus simples, et en usage dans les autres cours

(*) Le célèbre poëte polonais contemporain, Adam Mickiéwirz, a romposé nu poème remarquable sur ce sujrl cl qui porte pour titre : Dziady. Il a été traduit en français par M. Uurg'aud des Marets.

d'Europe. Les classes intermédiaires, notamment la bourgeoisie, qui n'est encore qu'à l'état d'enfance en Pologne, règlent également leur mise sur les modes de Paris et de Londres. C'est seulement dans la classe des paysans que les costumes nationaux ont conservé, à peu de modifications près, le cachet d originalité qui les distingue depuis des siècles. Nous passerons en revue les plus saillants d'entre eux.

Au premier rang brille, par son élégauce, l'habillement des paysans krakoviens qui habitent la rive gauche de laWistule. La partie supérieure du corps est couverte d'une chemise, dont les manchettes et le col sont attachés par des rubans de couleur, et qui descend jusqu'à mi-jambe, par-dessus la culotte, laquelle est le plus souvent de toile blanche ou à raies rouges; on en voit aussi de cuir jaune. Le vêtement supérieur est un surtout en drap, suhmana, large dans le haut, étroit dans le milieu , plus large en bas , et retenu par devant. La couleur de ce surtout varie selon les localités.

Les paysans les plus rapprochés de Krakovie le portent bleu, avec des broderies en soie cramoisie ; le collet, qui descend très-avant sur le dos , est orné de petites plaques de cuivre. Le surtout des habitants de Szkalrnierz est brun , avec des ornements blancs, et celui des paysans de Proszow blanc, avec des ornements noirs. Les bonnets, en fourrure noire, sont carrés, bordés d'un drap écarlate et parés d'une plume de paon. Les bottes, qui montent jusqu'aux genoux, sont en.

cuir de Russie, et garnies de talons en fer fort épais. A la ceinture, que relèvent des clous en cuivre excessivement luisants , pend , au bout d'une petite courroie, un couteau, kozik. Dans une des poches se trouve un briquet, et, à l'embouchure des bottes, une pipe s'aperçoit. Tel est le costume krakovien d'hiver. L'été , il se compose d'un habit de toile blanche, de culottes de toile éerue, et d'un large chapeau, peu élevé et orné de plumes et de rubans.

L'habillement des femmes est éga-

ïement fort coquet. Chez les jeunes filles, la jupe, très-longue et de nuances variées , est souvent bordée d'un ruban d'or ou d'argent. Le corsage est en mérinos, en satin ou de toute autre étoffe de soie. Les manches et les épaulettes des chemises sont ornées de broderies écarlates. Le surtout de drap bleu, garni en hiver d'une fourrure de mouton, ressemble à celui des hommes et va jusqu'au genou. En été, les jeunes paysannes portent un châle de lin ou de mousseline, rantue h, pour se garantir de la poussière, et un élégant tablier, qu'elles attachent sur l'épaule quand elles travaillent aux champs. Pour chaussure, elles font usage de .souliers, et beaucoup plus fréquemment de bottes à hauts talons. Leurs cheveux pendent en longues tresses , et , les jours de fête, elles ajoutent à leur coiffure, autour de la téte et en forme de diadème, un tissu d'or ou de velours, dont le haut est garni de fleurs et de rubans. En outre, leur cou est orné d'un brillant collier de corail.

On ne remarque pas de différences notables dans le costume des paysans de la rive droite de la Wistule.

Le costume du paysan mazovien diffère également peu de celui que nous venons de décrire : il comprend de plus, le dimanche, une veste de drap vert, garnie par devant de velours noir ou blanc. La ceinture, qui forme plusieurs tours, est en passementerie, a bandes rouges et jaunes. Les jours de la semaine, le paysan mazovien va nu-pieds.

En Lithuanie, les surtouts des deux sexes sont en gros drap ; la couleur varie, et la coupe est longue ou courte, selon la saison. Chez les hommes, la ceinture est en peau de buffle et le bonnet en peau (le mouton , avec une doublure en drap. En été, un chapeau de paille tressé par lui-même tient lieu de coiffure au paysan lithuanien, qui, en toute saison, porte au côté un sac en cuir, dans lequel il renferme son argent, un couteau et de l'amadou. L'écorce de saule ou de tilleul lui sert à confectionner sa chaussure,

car les bottes sont une parure réservée aux plus riches, et encore n'en font-ils usage que les grands jours.

Les femmes mettent sur la tête un fichu de couleur ou de toile blanche, qui livre passage aux tresses de leurs cheveux. On voit briller à leur cou

{)lusieurs colliers en verroterie, et sur eur poitrine de larges amulettes.

Le costume des G orals.montagnards, est assez simple. Une chemise descendant seulement jusqu'à la ceinture , sans col , et fermée par une boucle de cuivre à laquelle pendent des chatnettes, voilà pour la partie supérieure. Les pantalons en drap blanc, fort étroits, sont garnis sur le côté d'un cordonnet et par devant de broderies hongroises. Une ceinture de cuir, ornée de petites plaques de cuivre, entoure la chemise et le pantalon. Un habit de couleur brune, très-ouvert, est ordinairement suspendu aux épaules. Le chapeau noir, à larges bords, recouvre de longs cheveux, souvent entrelacés et qui retombent. La chaussure, en forme de sandales, est maintenue nu moyen de cordons.

La parure des femmes se distingue, en revanche, par une recherche, indice de l'aisance. Sur leur chemise de toile ou de percale, que retiennent des rubans de couleur éclatante et dont les manches à larges plis sont garnies à leur extrémité de dentelles, se trouve posé un corset bien juste en étoffe de soie verte, attache pr devant et orné de tresses. Un tablier de mousseline ajoute encore à l'élégance de leur jupe de soie ou de percale à fleurs, tandis qu'une autre pièce de mousseline ondoie , en guise de châle , depuis les épaules jusqu'aux pieds , qui sont emprisonnes dans des bottines de cuir jaune. Des rubans de diverses nuances unissent gracieusement leurs cheveux.

Mais simple ou recherché, riche ou modeste, ce qui donne en tous lieux du relief au costume du paysan polonais, c'est l'air franc et ouvert de celui-ci , la bonne humeur empreinte sur son visage, et l'ensemble, plein de résolution, de sa démarche. ■

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