THEATRE
La Pologne, qui possède une littérature si savante et si belle, a peu produit dans le genre dramatique; mais cette singularité serait à tort attribuée à un manque de dispositions naturelles ou à l'absence d'imagination ; elle provient principalement de l'amour de la vie champêtre qui retenait jadis les nobles dans leurs châteaux et de la gravité des travaux ui occupaient les anciens habitants es villes. Les perturbations politiques, auxquelles le pays fut presque continuellement en proie, contribuèrent aussi beaucoup à entraver les progrès de la littérature dramatique.
C'estau commencementdu quinzième siècle que nous rencontrons la première mention du théâtre en Pologne ou plutôt de scènes dialoguées. En 1500 les dominicains de Kranovie représentèrent les Comédies du carnaval, au nombre desquelles figurait l'œuvre du bourgeoisAntoineWiéniwski intitulée:
les Noces miraculeuses ou l'hyménée enchanteur f pièce qui ne comptait pas moins de vingt-sept personnages. On commença aussi à jouer à la cour des œuvres tirées de l'histoire grecque et écrites en langue latine , familière même aux dames de la haute société d'alors. Dans ses recherches sur la littérature nationale , Juszynski parle
d'un drame dont le titre seul, Ulyssis prudentia in adversis , annonce la gravité du sujet et le mérite du choix.
Vers l'année 1515 parut un dialogue en langue polonaise et intitulé la Décapitation de saint Jean. En 1522, une tragédie, sous le titre du Jugement de Pâris , fut publiée à Krakovie.
Toujours actifs sous ce rapport, les dominicains représentèrent, en 1530, un dialogue qui dura quatre jours et dont les préparatifs prirent presque une année entière.
On ne s'étonnera pas de cet état arriéré de la scène polonaise, si Ton considère que l'art dramatique était encore partout ailleurs dans l'enfance, et que les mystères et sotties continuaient de faire, en 1540, les délices du peuple de Paris et de la cour galante de François I er .
Le document le plus précieux de l'ancienne littérature dramatique polonaise est , sans contredit , le drame de Jean Kochanowski , Le congé des ambassadeurs grecs, composé en 1 554 et représenté, en 1 578, au palais d'TJïazdow, près Warsovie, à l'occasion du mariage du connétable Jean Zamoyski avec la nièce du roi Étienne Batory.
L'énergie de la diction et la purété du style font un monument précieux de cette œuvre, où l'on trouve, en outre, une connaissance approfondie de l'histoire grecque et une forme scénique oui , bien que s'écartant des règles de
I école, est remarquable pour le temps.
II devait s'écouler encore près d'un siècle avant que Corneille entreprît en France de faire parler les Romains.
Les guerres et les dissensions religieuses qui survinrent après la mort d'Étienne Batory (1586) firent retomber le goût dans la dépravation ; l'amour de l'art disparut , et les nobles fruits du génie de Kochanowski se virent remplacés par d'absurdes créations , telles que : le Grincement de Judas dans V enfer, la Diète de l'enfer, le Theatrum aiabolorum (en latin), et nombre de productions semblables, qui dominaient au début du dix-septième siècle sur la scène polonaise.
Wladislas IV, vainqueur de la Mos-
kovîe , sut , en ranimant l'esprit national , donner un nouvel essor aux sciences "et aux lettres sous son règne (1632-1648). Toutefois, et malgré de fréquentes représentations dramatiques à la cour, cette branche de littérature ne lit pas de grands progrès.
On trouve dans les chroniques la relation du divertissement offert par la ville de Dantzig à la nouvelle reine Marie-Louise de Gonzague. Trois mille personnes y prirent part , et il coûta cent mille rixthalers. Il consistait en un opéra italien , Psyché et Cupidon, et en un ballet, X Aigle blanc, dans lequel cet oiseau exécuta , avec quatre aigles noirs , des danses au son de la musique. Un amour était assis sur chaque aigle.
A l'arrivée de la reine à Warsovie (1646), on donna de nombreuses représentations de comédies italiennes ; chaque acte était suivi d'un ballet ou d'un concert. Iarzemski a laissé une description de ces spectacles. En voici un extrait , donnant une idée favorable des talents des ingénieurs italiens attachés au service du roi :
« Le théatrum est en perspective « bâti en colonnes ; là , les coulisses « s'élèvent et descendent , d'autres se « tournent à l'aide de vis de différents « côtés ; tantôt elles représentent les «ténèbres et les nuages, tantôt une « agréable lumière , et au-dessus un « ciel azuré, avec le soleil , la lune et « les étoiles. Là, vous voyez un ter- « rible enfer et une mer agitée , sur « laquelle voguent des bateaux et des «sirènes, dont les voix enchantent; « ici , des personnages descendent du « ciel , d'autres sortent de la terre.
« D'un coup s'ouvre un arbre, et une « personne chargée de bijoux , les che- « veux en tresses , en sort et chante « comme un ange. Après cela viennent « d'autres scènes : ce sont des interlo- « cuteurs ; et on trépigne des pieds et « on saute à la manière italienne. »
Comme on le voit , on connaissait déjà à cette époque , en Pologne , les représentations à grand spectacle, auxquelles concouraient les décorations, le chant et la danse.
Du temps de Jean Kasimir, les courtisans s'amusèrent à représenter en langue polonaise le Cid et Andromaque. Ce fut le palatin de Mazovie, André Morsztyn, qui les traduisit, en 1661 , en vers polonais. La représentation de pareilles œuvres annonçait une grande amélioration dans le goût et l'intelligence des auditeurs.
L'époque de Michel Korybut et de Jean Sobieski (166&-1696) fut la plus triste de toutes pour les branches libérales , par les invasions qu'il fallut repousser et les guerres continuelles que le pays eut à soutenir.
Sous les règnes d'Auguste II et Auguste III (1699-1763) , on représenta à la cour plusieurs opéras italiens et français. Les représentations en lan-
Î;ue polonaise n'avaient lieu que pour e peuple de Warsovie , et seulement de temps en temps , à l'occasion des fêtes ou des foires. Il n'y avait pas de troupe régulière d'acteurs; cnacun iouait comme il pouvait et comme bon lui semblait , et paraissait sur la scène sans y être préparé. Tandis que l'on amusait ainsi les habitants des faubourgs avec la Lutte de David avec Goliath ou le Meurtre d'Holopherne par Judith , les jésuites régalaient la noblesse de dialogues, qui égayaient toujours les spectateurs, parce qu'ils ne marchaient jamais bien; mais plus l'embarras des exécutants était grand , plus l'auditoire éprouvait de plaisir.
L'une de ces productions est restée comme modèle du genre, c'est la Croix du martyre de Jésus-Christ, dialogue écrit en 1701.
Vers 1746, le goût des auteurs polonais commença à s'épurer, et I on vit paraître successivement les tragédies de Jonathan, par Stanislas Jaworski ; Titus le Japonien , par Bielski; Micandra, par Ignace Soltyk ; Sédécias, en vers latins et polonais, par Michel Kielpsz. On joua aussi au couvent des piaristes , à Warsovie , des pièces traduites du français. Le membre de cet ordre religieux Konarski , qui accompagna Stanislas Leszczynski dans son exil en France, contribua, à son retour en
L'UNÏVEIÎS.
Pologne , aux progrès du bon goût , et fit sentir le premier aux esprits le besoin d'un théâtre national. Sa tragédie d' Èpaminondas appartient aux belles productions de la littérature.
Le jésuite François Bohomoleç imita l'exemple deKonarski,et perfectionna les divertissements dramatiques de la société de son couvent.
Jusqu'à la moitié du dix -huitième siècle, tout ce qui se rapportait aux distractions scéniques se vit soumis, à peu d'exceptions près, à la direction ou à l'influence du clergé; mais, à partir de l'ouverture du Théâtre national de Warsovie (19 février 1765), une nouvelle ère se leva pour fa scène polonaise. Avant d'en tracer le tableau , nous ferons mention de plusieurs théâtres fondés dans les domaines seigneuriaux, et qui formèrent des auteurs et des acteurs pour le véritable public.
L'un de ers théâtres existait a Niéswiez , en Lithuanie. Créé par la princesse Ursule Radziwill , il lui servit à faire jouer ses propres ouvrages. Cette dame écrivit seize pièces remplies de bizarreries et d'absurdités.-
Il y avait également des théâtres particuliers à Siédlcé, chez madame Oginska; à Gayczyn, chez la femme du général d'artillerie Brûhl; à Dukla , chez Georges Wandalin Mniszek; à Bialystok , chez Branicki 7 etc. ; mais tous ces lieux d'essais dramatiques furent surpassés en éclat et en mérite réel par le théâtre des princes Czartoryski , à Pulawy. Toujours ouverte aux" talents , cette" noble maison prodigua ses richesses afin de seconder les progrès des sciences et des arts. C'est sous son égide que s'élevèrent presque tous les érrivains remarquables qui honorent la littérature polonaise du siècle dernier.
En 1780, Tvzenhauz, grand trésorier de Lithua'nie, établit à Grodno, sous la direction du professeur Ledoux, qu'il appela de Paris, une écolededanse.
Le roi Stanislas-Auguste lit venir les jeunes élèves à Warsovie, et les y entretint à ses frais jusqu'en 1794. Ce corps de ballet s'accrut considérablement par le présent que lit au souve-
rain le prince Radziwill de cent vingt danseurs et danseuses, serfs de ce magnat, aussi bizarre que fastueux.
Ami des sciences et des plaisirs, Stanislas-Auguste consacra la majeure partie de ses revenus aux savants et aux artistes; et si les œuvres dramatiques qui parurent sous son règne ne portent pas le caractère du génie, elles n'en sont pas moins des productions d'un grand mérite. Il manqua au pavs une paix de quelque durée; car l'esprit des écrivains, affranchi à cette époque du joug des jésuites et éclairé par les oeuvres des Corneille, des Shakspeare, des Calderon, aurait pu, en fouillant dans les annales nationales, y trouver une source féconde d'actions dramatiques dignes d'être reproduites, et s'élever à la perfection. En considérant cependant le développement de cette deuxième époque dramatique et les efforts qu'elle fit pour s'approprier des productions étrangères, on se convaincra que, malgré les guerres presque continuelles de 1792 à 1815, la littérature polonaise se maintint à un niveau satisfaisant.
L'ouverture du théâtre public de Warsovie fournit à plusieurs auteurs l'occasion de se faire connaître. C'étaient des magnats, des évêques, des prêtres : Rzewuski, Czartoryski, Zablocki,Krasicki,Wybicki, Bohomoleç.
On y donna, en" 1778, le premier opéra avec une musique nationale, sous le titre assez bizarre de la Misère béatifiée. Il était dû à Kaminski , qui lit nombre d'autres opéras, restant comme souvenir de la musique dramatique en Pologne. Nous citerons encore, comme compositeurs nationaux de talent qui brillèrent alors, Lessel et Jean Stefani. Malheureusement, la préférence accordée par la cour à l'école italienne et aux artistes de cette nation nuisit pendant longtemps aux progrès de la musique polonaise.
Le staroste Rix fut chargé de la conduite du théâtre, et il avait sous sa direction les chanteurs italiens et les danseurs entretenus pour l'amusement du monarque. Cimarosa et Paisiello devinrent chefs de l'orchestre royal,
dont faisait partie, comme second violon, le célèbre Viotti , surnommé le père des violonistes. Parmi les traductions qui furent représentées, figurent au premier rang la Mort de César et Mérope de Voltaire; dans cette dernière pièce, l'actrice Truskolawska remplissait le principal rôle avec -tant de perfection, que des étrangers firent exprès le voyage de Warsovie pour la voir jouer. On remarqua encore les traductions de Béverley, drame parfaitement rendu par l'acteur Owsinski, du Barbier de Sécille et du Mariage de Figaro. Le Nestor des écrivains polonais contemporains, Niemcewicz, enrichit aussi le théâtre d'une tragédie, ÏVladislas III à Varna.
Au milieu de ces progrès de la scène polonaise , il surgit un homme qui , par ses rares talents et son patriotisme élevé, immortalisa son nom dans la littérature nationale : c'est Albert Boguslawski, que Stanislas- Auguste retira de l'institut des élèves militaires, en l'engageant à se consacrer à l'art dramatique. Le théâtre polonais lui doit plus de cinquante pièces originales ou traduites, et il tenta le premier d'adapter des paroles polonaises à la musique italienne. Nous citerons de lui le Miracle supposé ou les Krakoviens et les Montagnards , pièce patriotique d'un effet infaillible en tout temps, Henri VI à la chasse, les Spasmes à la mode, Iscahar, roi de Xuara, ainsi que les traductions du Satil d'Allieri, de V École de la médisance de Shéridan et du Tarare de Beaumarchais.
Avec la chute de l'indépendance nationale, tomba aussi le théâtre. C'est alors que Boguslawski se mit à parcourir les provinces, avec une troupe formée des débris de celle de Warsovie.
Il alla à Wilna, à Krakovie, à Léopol, à Posen. Partout il rencontra l'accueil le plus favorable; car ses représentations offraient le tableau d'un passé tout récent, et l'idiome national, disparu des actes du gouvernement , résonnait dans toute sa pureté sur la scène. Louis Osinski reproduisit aussi à cette époque en vers polonais Alzire
de Voltaire et te Cid et Us Iloraces de Corneille.
Dans l'intervalle qui s'écoula de 1795 à 1807, on composa beaucoup d'auvres indigènes et l'on traduisit force pièces étrangères. De 1809 jusqu'à 1820 cette ardeur se soutint.
AVezyk, Felinski, Kropinski, Chodkiéwiez , madame Lubienska, perfectionnèrent la tragédie nationale par leucs productions souvent remarquables. Ils furent dignement secondés dans cette tâche par la célèbre madame Ledochowska. Diction, poses, gestes, bon goût et vérité du costume, tout pouvait servir de modèle chez cette actrice (*).
De leur coté, Niemcewicz., Zolkowski, Dmuszewski, Brodzinski, Kaminski, J. Krasinski, Kruszynski, contribuèrent aux progrès de la comédie et de l'opéra, soit par leurs œuvres originales , soit par leurs traductions.
En 1810, Frédéric-Auguste fonda à Warsovie une école de chant et de déclamation et alloua au théâtre, en lui accordant le titre de National, une subvention annuelle de trente-six mille florins. En 1814, Louis Osinski, précédéd'une grande réputation littéraire,
f>rit la direction delà scène polonaise; e gouvernement éleva la subvention théâtrale à cinquante mille florins et affecta les trente-six mille florins payés précédemment à la fondation d'un conservatoire de musique et de déclamation, établi en 1820 sous la direction de M.EIsneret pourvu de professeurs que l'on fit venir de l'étranger. A cette même époque Osinski introduisit do nouveau le ballet sur la scène, d'où il avait disparu lors de la chute de la Pologne.
L'opéra national prit, à partir de ce moment, un essor remarquable. Joseph Elsner, à qui on doit entre autres deux grandes œuvres , le Roi Lokièlelt et Jagelhn à Tenczyn, lui donna le premier élan, et Charles Kurpinski acheva de l'asseoir sur de solides bases. Compositeur aussi distingué que fécond , il
(*) Madame Ledochowska s'est retirée de la scène en i83a.
L'UNIVERS
dirige encore actuellement l'opéra à Warsovie. Parmi ses belles compositions on distingue surtout : le Palais de Lucifer, Hedvige, reine de Pologne , Zbigniew, Calmora, le Charlatan, les Nouveaux Krakoviens et Montagnards, etc.
Les œuvres des compositeurs étrangers, Mozart, Cimarosa , Dalayrac , Nicolo , Weber , Boyeldieu , Cherubini , Spontini, Rossini, Auber, et autres, furent aussi alors pleinement acclimatées en Pologne.
Il nous reste à parler de l'intervalle qui s'écoula de 1820 à 1830. Pendant cette période de dix années, le progrès dramatique continua de faire des pas sensibles. Les anciens auteurs, tels que Boeuslawski, Niemcewicz, Osinski , Zolkowski, Dmuszewski, enfantèrent de nouvelles. productions , tandis que de jeunes émules s'efforçaient de marcher sur leurs traces. Parmi ces derniers, Xavier Godebski, Dmochowski, les frères Frédro et plusieurs autres méritent une mention particulière.
Alexandre Frédro se fit surtout remarquer en première ligne , tant par la conception que par le développement des caractères appartenant au type national. Frédro connaît aussi bien que Molière son siècle, son public et le cœur humain. Le langage et les traits, le sujet et l'action , tout dans ses œuvres est énergique, clair et incisif, sans emphase, sans affectation, sans soumission servile aux règles de l'école.
On compte jusqu'à présent dix-huit pièces sorties de sa plume , dont les principales sont : Monsieur Geldhab ( le Riche parvenu), la Manie de f étranger et la Vengeance.
Warsovie possédait, en 1830, trois théâtres, savoir : le Théâtre-National, qui nous a occupé jusqu'ici et sur lequel on représentait indistinctement tragédies, comédies, drames, opéras, vaudevilles, etc.; le théâtre des Variétés, consacré spécialement aux comédies-vaudevilles et vaudevilles grivois, et dans le répertoire duquel figuraient nombre d'imitations ou de traductions étrangères; enfin le Théâtre-Fran-
çais, dans le genre de celui qui existe a Berlin et où Ton jouait la comédie et le vaudeville. Le gouvernement accordait à ce dernier spectacle , qui durait sept mois seulement de l'année , une subvention de soixante-dix mille florins.
Aujourd'hui les deux premiers de ces endroits de plaisir sont seulement ouverts encore au public. Le Théâtre- National a été transféré dans la nouvelle et magnifique salle bâtie, sur la pla *e de l'Hôtef-de-VilIe, d'après les plans de Corazzi. C'est après la rentrée des Russes à Warsovie, en 1832, qu'elle fut inaugurée; mais , par suite du système imposé alors, la tragédie et le drame héroïque furent bannis de la scène, comme pouvant réveiller des souvenirs nationaux jugés dangereux.
Le meilleur théâtre après ceux de Warsovie est celui de Léopol ( Galicie), confié aux mains de M. Kaminski, tout à la fois directeur, auteur et acteur. En imprimant à son répertoire une teinte philosophique, M. Kaminski a voulu habituer son public à l'école allemande ; mais son langage parait souvent bizarre, comique même à l'oreille des Polonais, accoutumés à l'élégance française.
A l'exception de Léopol, de Krakovie et de Wilna, les villes des provinces ne possèdent point de jtroupes sédentaires. Des acteurs ambulants parcourent le pays à l'époque des foires, des réunions locales ou des diétines, et donnent alors des représentations à Posen , Kalisz , Ploçfc , Zytomierz , Kiiow, etc.
Aux diverses causes signalées par nous, comme ayant entravé l'essor dramatique en Pologne , ajoutons que les auteurs qui travaillent pour la scène n'y jouissent d'aucune espèce de droit pécuniaire. Mais , en dépit des obstacles apportés, le théâtre polonais n'a pas cessé de marcher vers un but ascendant ; et aujourd'hui même que l'esprit national est étouffé dans tous ses ressorts, les beaux-arts, soumis à de sévères limites, consolent encore le pays de ses malheurs.
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