XIX' SIÈCLE
Lorsqu'on reporte les regards sur les annales de l'ancienne Pologne , la pensée se trouve frappée d'une circonstance toute particulière à ce pays.
D'ordinaire, plus une nation s'élève et plus elle touche à l'heure de la décadence; mais la Pologne, à partir de son véritable fondateur, lioleslas le Grand, brilla et s'effaça tour à tour, non pour périr complètement, mais bien pour renaître un jour d une manière éclatante.
En effet, après chaque commotion intérieure, chaque coup que l'ennemi lui portait en déchirant son sein, ses membres épars se réunissaient et formaient de nouveau un ensemble plein de vigueur et d'énergie. Circonscrire même dans d'étroites limites , la Pologne gagnait en civilisation et en force morale ce qu'elle perdait en étendue.
Après la révolution qui éclata à la mort de Miéczyslas l'Indolent, et qui plongea le pays dans l'anarchie la plus profonde ( 1034-1040), vint Kasimir 1 er , le Restaurateur. Plus tard, le partage impolitique du royaume, opéré par Boleslas III entre ses lils, frappa
* Plusieurs fois , dans le courant de cet ouvrage , nous avons renvoyé nos lecteurs à un cadre historique spécial qui, originairement , devait être traité par une autre personne que nous. Des raisons particulières, aisées à comprendre, nous avaient détermine à ne point noOs charger de la période moderne de Phisloire , drame auquel nous avons pris nous- même une part active ; niais notre travail sur l'ancienne Pologne terminé, les Éditeurs firent un nouvel appel à notre courage moral , et nous crûmes devoir céder à une demande aussi flatteuse qu'honorable.
Aliu d'y répondre, nous nous efforcerons de conserver jusqu'au bout la modération , premier devoir de tout historien, et de surmonter l'indignation qui viendra s'emparer plus d'une fois de nous. Nous répéterons
18 e Livraison. (Pologne.)
la Pologne d'un vice de constitution
(1139); sa ruine se préparait déjà, quand le vaillant Wladislas Lokiétek saisit, au milieu des orages, le sceptre d'une main ferme, et légua à son fils Kasimir le Grand un Etat fort et prospère, qui atteignit au faite de la gloire et du bonheur sous les deux Sigismond. Impuissant à contenir les passions, l'infortuné Jean Kasimir allait devenir le témoin de la chute desa patrie (16ào-lGG0), lorsque la Providence sauva le pays par le bras d'Ktieniie Czarniecki, et confia ses destinées au libérateur de Vienne, Jean Sobieski. Longtemps après, du propre sein de son agonie, sous le règne de Stanislas- Auguste Poniatowski, la Pologne lit pressentir sa renaissance en enfantant, au milieu des convulsions politiques les plus terribles, l'œuvre immortelle de la constitution du 3 mai 1791. L'opinion des esprits éclairés fut fixée dès lors sur la nécessité de son existence; et en vain les désastres de 1795 et 1831 envelop-
1>èrent momentanément la v ictime d'un inceul funéraire, la Pologne vivra de nouveau, car elle est indispensable au repos du monde, civilisé; seule, elle
pourtant avec l'auteur latin : Incedo per ignés suppositos cineri doloso.
En outre de nos propres souvenirs, les principales sources auxquelles nous avons puisé nos documents pour faire de cet ouvrage le tableau le plus complet de la Pologne publié jusqu'ici, sont: i° Mémoires d'Oginski; a* La Pologne renaissante , par J. Lelewel ; 3° l ie de Thomas Ostrowski, président du sénat, par son fils le palatin Antoine Oslrowski ; 4° Victoires et conque* tes des Français ; 5° Biographie des contem* porains, publiée par Boisjosliu, i8ay; 6® Histoire de la révolution polonaise de i83oi83 1 , par Maurice Mochuacki; 7 0 Histoire de la même révolution, par le général Sollyk, etc., etc.
L'UNIVERS
peut maintenir l'équilibre européen et nonce même que le jour de la résur-
contre-balancer le poids que le Nord rection de la Pologne n'est pas si
voudrait faire pencher en sa faveur, éloigné que ses ennemis affecteut de le
au préjudice de l'Occident. Tout an- proclamer.