‹ PologneChapitre 97 sur 103 · POLO · texte numérisé non relu

POLO

Pour apaiser les clameurs qu'une telle conduite excitait à bon droit, le généralissime envoya Chlapowski en Lithuanie ; mais la" mauvaise volonté et l'imprévoyance présidèrent encore à cette décision : le secours dépéché était trop faible , et le moment inopportun ; car à peine Skrzynecki était-il revenu à Ostrolenka, que le feld-maréchal Diebitsch, culbutant à Nur le corps du général Lubienski , le serra de près.

La rencontre fut sanglante, et Diebitsch ne parvint qu'au prix des plus grands sacrifices ahommes à s'emparer d'Ostrolenka (26 mai), et à pouvoir braquer de là ses canons sur les Polonais, maîtres des bords de la IS'arew. Chaque pouce de terrain fut disputé avec acharnement; et, dans aucune bataille moderne, peut-être, la valeur personnelle ne joua un rôle plus brillant. Les officiers, las de se servir de leurs armes, luttèrent corps à corps, et presque tous furent blessés. Le généralissime conduisit lui-même les combattants à la charge , bataillon par bataillon, comme s'il eût voulu faire oublier, par un courage extraordinaire , les fautes précédentes. Un moment, les Russes parvinrent à dépasser le pont; mais bientôt, criblés par l'artillerie polonaise, ils se virent rejetés sur 1 autre rive, à travers un monceau de cadavres.

En définitive , le champ de bataille demeura aux Polonais, qui avaient acheté cruellement cet avantage. Trois cents de leurs officiers, parmi lesquels se trouvaient les excellents généraux Kicki et Henri Kn m in ski , gisaient, percés de coups , sur le terrain ; sept mille soldats perdirent également la vie. Les Russes eurent environ quinze mille hommes mis hors de combat.

« Cette bataille, dit M. Brzozowski, qui n'aurait jamais dû avoir lieu , fut livrée en conséquence de fautes commises par les deux généraux adversaires. Engagée sur la rive gauche de la rivière, parce que le général Skrzynecki avait laissé un corps entier ae l'autre côté sans aucun but, elle avait

Page 1