‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 111 sur 158 · PAL" LISE · texte numérisé non relu

PAL" LISE

Ne feignez qu'un moment, laissez partir Sévère, Et donnez lieu d'agir aux bontés de mon père.

Les bontés de mon Dieu sont bien plus à chérir : 1223

Il m'ôte des périls que j'aurois pu courir,

El sans me laisser lieu de tourner en arrière,

Sa faveur me couronne entrant dans la carrière;

Du premier coup de vent il me conduit au port,

Et sortant du baptême, il m'envoie à la mort. 1230

Si vous pouviez compremlre et le peu qu'est la vie,

Et de quelles douceurs cette mort est suivie!

Mais que sert de parler de ces trésors cachés

A des esprits que Dieu n'a pas en 'or touchés *"?

PAULINE

Cruel, car il est temps que ma douleur éclate, 1235

Et qu'un juste reproche accable une âme ingrate. Est-ce là ce beau feu? sont-ce là tes serments?

/ Témoignes-tu^ pour moi les moindres sentiments? Je ne te pailo[s point de l'état déplorable u^

Où ta mort va laisser ta femme inconsolable; / 1240 Je croyois que l'amour t'en^parleroit assez, Et je ne voulois pas de sentiments forcés;

\ Mais cette amour si ferme et si bien méritée - Que tu m'avois promise, et que je t'ai portée.

t. Dans le Mijxlère de saint Ci-épin et Je .tainl Crépinien, du xv' siècle, les deux t^aints parlent ainsi à leurs bourreaux :

Hélas! se vous saviés les biens Et le povoir qu'il {Jésus) a en lui, Janiaiz vous ne dirics cecy ; Mais l'enuemy vous tient en lasse.

Par quoy vous ne povés la gruoe Ne le povoir de lui savoir.

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