Var. Mais que vous êtes loin de cette amour parfaite
Amour, toujours féminin au moyen âge, était au xvn" siècle des deux genres. Corneille le fait de préférence féminin. Voyez Poh/eucte aux vers 313, 689, 1163, 1243, 1659. 11 l'avait fait également féminin aux ▼ers 76 et 1661. — Vaugelas, dans ses nemarques {iOïl), approuve cette
Qui VOUS est nécessaire, et que je vous souhaite ! Je ne puis vous parler que les larmes aux yeux. Polyeucte, aujourd'hui qu'on nous hait en tous lieux, 80 Qu'on croit servir l'État quand on nous persécute, Qu'aux plus âpres tourments un chrétien est en butte, Comment en pourrcz-vous surmonter les douleurs, Si vous ne pouvez pas résister à des pleurs?
rOLVELCTE
Vous ne ra'étonnez point : la pitié qui me blesse 85
Sied bien aux plus f^^rands cœurs, et n'a point de faiblesse*. Sur mes pareils, Néarque, un bel œil ^ est bien fort : Tel craint de le fâcher qui ne craint pas la mort; Et s'il faut affro.nter les plus cruels supplices, Y trouver des appas ^, en faire mes délices, 90
Votre Dieu, que je n'ose encor nommer le mien, M'en donnera la force en me faisant chrétien.
NEARQL'E
Hàtez-vous donc de l'être.
liberlé. Mais, dès 1672, Ménage, dans ses Observations, incline à faire amour masculin. De tout temps d'ailleurs Vamour divin avait été masculin. Corneille corrigea le vers 76 en 1682 et mil ardeur au lieu d'amour; pour la même raison il corrigea le vers 1661, ou il s'agit aussi de l'amour divin.