‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 61 sur 158 · ACTE H, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE II

Et quoique le di^hors soit sans émotion,

Le dedans n'est que trouble et que sédition.

Un je ne sais quel charme encor vers vous m'emporte ; 505 ^^, •

Votre mïïrîTe est grand, si ma raison est forte : J •

Je le vois encor tel qu'il alluma mes feux,

D'autant plus puissamment solliciter mes vœux,

Qu'il est environné de puissance et de gloire,

Qu'en tous lieux après vous il traîne la victoire, 510

Que j'en sais mieux le prix/et qu'il n'a point déçu

Le généreux espoir que j'en avois conçu.

Mais ce même devoir qui le vainquit dans Rome,

Et qui me range ici dessous les lois d'un homme ',

Repousse encor si bien l'effort de tant d'appas, 515

Qu'il déchire mon àme et ne l'ébranlé pas.

C'est cette vertu même, à nos désirs cruelle,

Que vous louiez alors en blasphémant contre elle :

Plaignez-vous-en encor; mais louez sa rigueur.

Qui triomphe à la fois de vous et de mon cœur; 520

Et voyez qu'un devoir moins ferme et moins sincère ^

N'auroit pas mérité l'amour du grand Sévère.

Ah! Madame, excusez une aveugle douleur •'', Qui ne coimoît plus rien que l'excès du malheur :

1. Sur dessous, préposition, voyez ci-dessus, la note du vers 497.

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