‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 87 sur 158 · FEUX · texte numérisé non relu

FEUX

Aux dépens de Néarque il doit se rendre sage. 890

11 le doit; mais, hélas! où me renvoyez-vous,

Et quels tristes hasards no court point mon époux,

Si de son inconstance il faut qu'enfin j'espère

Le bien que j'espérois de la bonté d'un père?

FÉLIX

Je vous en fais trop voir, Pauline, à consentir ' 895

Qu'il évite la mort par un prompt repentir.

Je devois même peine à des crimes semblables ^;

Et mettant différence ^ entre ces deux coupables,

J'ai trahi la justice à l'amour paternel *;

Je me suis fait pour lui moi-même criminel; 900

Et j'attendois de vous, au milieu de vos craintes,

Plus de remercîments que je n'entends de plaintes.

PAULINE

De quoi remercier qui ne me donne rien? Je sais quelle est l'humeur et l'esprit d'un chrétien : Dans l'obstination jusqu'au bout il demeure; 905

Vouloir son repentir, c'est ordonner qu'il meure.

De résolution. Sur courage, voyez p. 57, note 1. Corneille changea le vers, jugeant incorrect l'emploi du subjonctif pour le futur de l'indicatif après espérer, quand le tour de la phrase n'est pas interrogalif.

Page 1