ACTE II, SCÈNE I
SÉVÈRE
Et ce n'est pas un mal que je veuille guérir ; 435
Je ne veux que la voir, soupirer, et mourir. ""^
FABIAN Vous vous échapperez sans doute en sa présence : Un amant qui perd tout n'a plus de complaisancéT^**^****^. Dans un tel entretien il suit sa passion,^ Et ne pousse qu'injure et qu'imprécation. 440
SÉVÈRE Juge autrement de moi : mon respect dure encore 7^ Tout violent qu'il est, mon désespoir l'adore. ^
Quels reproches aussi peuvent m'être permis? ^^ De quoi puis-je accuser qui ne m'a rien promis? ■ Elle n'est point parjuré, eue n'est point légère : 445
Son devoir m'a trahi, mon malheur, et son père. 1 i/j Mais son devoir fut juste, et son père eut raison : l J'impute à mon malheur toute la trahison ; Un peu moins de fortune, et plus tôt arrivée. Eût gagné l'un par l'autre, et me l'eût conservée ; 450
Trop heureux, mais trop tard, je n'ai pu l'acquérir : Laisse-la-moi donc voir, soupirer, et mourir.
FABIAN Oui, je vais l'assurer qu'en ce malheur extrême Vous êtes assez fort pour vous vaincre vous-même. Elle a craint comme moi ces premiers mouvements 455
Qu'une perte imprévue arrache aux vrais amants, Et dont la violence excite assez de trouble. Sans que l'objet présent l'irrite et le redouble.^
1 Var. Dans un tel désespoir il suit sa passion, (1643 et 1648 in-40.) * Var. Sans que l'objet présent l'irrite et la redouble. (1643-60.)
SÉVÈRE
Fabian, je la vois.
FABIAN
Seigneur, souvenez-vous . . .
SÉVÈRE Hélas ! elle aime un autre, un autre est son époux. 460