‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. With introd. and notes by George N. HenningChapitre 20 sur 90 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

SÉVÈRE, Pauline, Stratonice, Fabian

PAULINE

Oui, je l'aime. Seigneur,^ et n'en fais point d'excuse ;

Que tout autre que moi vous flatte et vous abuse,

Pauline a l'âme noble, et parle à cœur ouvert :

Le bruit de votre mort n'est point ce qui vous perd.

Si le ciel en mon choix eût mis mon hyménée, 465

A vos seules vertus je me serais donnée.

Et toute la rigueur de votre premier sort

Contre votre mérite eût fait un vain effort.

Je découvrais ^ en vous d'assez illustres marques

Pour vous préférer même aux plus heureux monarques ; 470

Mais puisque mon devoir m'imposait d'autres lois.

De quelque amant pour moi que mon père eût fait choix.

Quand à ce grand pouvoir que la valeur vous donne

Vous auriez ajouté l'éclat d'une couronne.

Quand je vous aurais vu, quand je l'aurais haï, 475

J'en aurais soupiré, mais j'aurais obéi.

Et sur mes passions ma raison souveraine

Eût blâmé mes soupirs et dissipé ma haine.

1 Var. Oui, je l'aime, Sévère, . . . (1643-64.) * Var. Je découvris . . . (1648 in-40,)

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