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La faveur que pour lui je vous avais- offerte,
Au lieu de le sauver, précipite sa perte !
J'ai prié, menacé, mais sans vous émouvoir ;
Et vous m'avez cru fourbe ou de peu de pouvoir !
Eh bien ! à vos dépens vous verrez ^ que Sévère i755
Ne se vante jamais que de ce qu'il peut faire ;
Et par votre ruine il vous fera juger
Que qui peut bien vous perdre eût pu vous protéger.
Continuez aux Dieux ce service fidèle ;
Par de telles horreurs montrez-leur votre zèle. 1760
Adieu ; mais quand l'orage éclatera sur vous,
Ne doutez point du bras dont partiront les coups.
FÉLIX
Arrêtez-vous, Seigneur,^ et d'une âme apaisée
Souffrez que je vous livre une vengeance aisée. ' Ne me reprochez plus que par mes cruautés 1765
Je tâche à conserver mes tristes dignités :
Je dépose à vos pieds l'éclat de leur faux lustre.
Celle où j'ose aspirer est d'un rang plus illustre ;
Je m'y trouve forcé par un secret appas ;
Je cède à des transports que je ne connais pas ; 1770
Et par un mouvement que je ne puis entendre,
De ma fureur je passe au zèle de mon gendre. A C'est lui, n'en doutez point, dont le sang innocent ' ' ' Pour son persécuteur prie un Dieu tout- puissant ;
Son amour épandu sur toute la famille 1775
Tire après lui le père aussi bien que la fille.
J'en ai fait un martyr, sa mort me fait chrétien :
J'ai fait tout son bonheur, il veut faire le mien.
1 l^ar. Eh bien ! à vos dépens vous saurez . . . (1643-60.)
2 Far. Arrêtez-vous, Sévère, . . . (1643-56.)