ACTE IV, SCÈNE II. iQii
Rien ne t'en saurait garantir; ii3o
Et la foudre qui va partir, Toute prête * à crever la nue, Ne peut plus être retenue Par l'attente du repentir.
Que cependant * Félix m'immole à ta colère; 113.-,
Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux; Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père, -Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux : Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.
Monde, pour moi tu n'as plus rien : luo
IJe porte en un cœur tout chrétien Une flamme toute divine ; Et je ne regarde Pauline Que comme un obstacle à mon bien.
Saintes douceurs du ciel, adorables idées*, 1115
Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir : De vos sacrés attraits les âmes possédées * Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir. Vous promettez beaucoup, et donnez davantage :
Vos biens ne sont point inconstants ; 11,10
Et rheureux trépas que j'attends Ne vous sert que d'un doux passage Pour nous introduire au partage Qui nous rend à jamais contents.
C'est vous, 6 feu divin que rien ne peut éteindre, 1155
Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre.
Je la vois: mais mon cœur, d'un saint zèle enflammé, N'en goûte plus lappas * dont il était charmé ; Et mes yeux, éclairés des célestes lumières. Ne trouA'ent plus aux siens leurs grâces coutumières *. iieo
à l'approche du péril suprême, il se découvre devant ceux de Joad, au troisième acte d'Athalie.
\ . lloD. V ar. : Qu'un rival plus puissant lui donne dans les yeux. Éd. de 16f3-o6.) V. 1140. V ar. : Vains appas, vous ne m'êtes rien. (Éd. de 16V3-56.)
V. un. La prière a apaisé le trouble de Polyeucte, et vient de larmer pour le combat qu'il appréhendait.
V. 1145. Polyeucte dit à genoux cette dernière stance. V. 1147. Voir la note du vers 45.
1(34 POLYEL'CTE.