‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 164 sur 175 · ACTE Y, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE III

La prostitution, Tadiiltère, l'inceste,

Le vol, l'assassinat, et tout ce qu'on déteste "".

C'est l'exemple qu'à suivre offrent vos immortels.

J'ai profané leur temple, et brisé leurs autels ; i67o

Je le ferais encor, si j'avais à le faire,

Même aux yeux de Félix, même aux yeux de Sévère,

Même aux yeux du sénat, aux yeux de l'Empereur.

FÉLIX

Enfin ma bonté cède à ma juste fureur : Adore-les, ou meurs.

Je suis cbrétien.

FÉLIX

Impie'! 16-5

Adore-les, te dis-je, ou renonce à la vie.

Je suis chrétien.

FÉLIX

Tu l'es ? 0 cœur trop obstiné î Soldats, exécutez l'ordre que j'ai donné.

V. 1668. Voilà ces blasphèmes que Stratonice n'a pas voulu complètement rapporter (v. 837-839).

Y. 1669. Dans son Athénaïs (IV, 11), Mairet venait de faire attaquer Mars et Jupiter,

Dont l'histoire fertile en dangereux exemples Autorise le crime et le met dans les temples.

Y. 1670. Voir la note du vers 1736.

V. 1671. H Ce vers est dans le Cid (vers 878), et est à sa place dans les deux pièces. » (Voltaire.)

Y. 1674. Voir la note du vers 1637 et le vers 1686.

V. 1676. <( Renonce à la y «e n'enchérit point sur mourir; quand on répète la pensée, il faut fortifier l'expression. » (Voltair.e.)

V. 1677. C'est à genoux que Polyeucte prononce pour la seconde fois ces trois mots : 'c Je suis chrétien », que presque tous les martyrs répètent devant leurs persécuteurs. C'est le cri de sainte Blandine, jetée aux Ijétes du cirque : (( .Je suis chrétienne » Eusèbe, IV, m); c'est celui de sainte Julitte devant le gouverneur de Séleucie, et le petit Cyr, son tils, répète aussi : « Je suis chrétien. » — « Ce mot, Je suis chrétien, deux fois répété, égale les plus beaux mots des Horaces. Corneille, qui se connaissait si bien eu sul)lime, a senti que l'amour pour la religion pouvait s'élever au dernier degré d'enthousiasme, puisque le chrétien aime Dieu comme la souveraine beauté et le ciel comme sa patrie. » (Chateaubriand, Génie du Christianisme, livre III, chap. VIII.) — Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie, se plaint à ïrajan de « l'inflexible obstination » des chrétiens.

V. 1678. Voir les vers 1488-1490. — En marge dans les éditions de 1643 et de 1648 : Cléon et les autres gardes sortent et conduisent Polyeucte; Pauline suit.

PAL'LINE

Où le conduisez -VOUS ?

FÉLIX

A la mort.

A la gloire^.

Chère Pauline, adieu : conservez ma mémoire.

Je te suivrai partout, et mourrai si tu meurs.

Ne suivez point mes pas, ou quittez vos erreurs.

FÉLIX

Qu'on l'ôte de mes yeux, et que Ton m'obéisse : Puisqu'il aime à périr, je consens qu'il périsse.

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