‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 168 sur 175 · FÉLIX, PAULINE, ALBIN · texte numérisé non relu

FÉLIX, PAULINE, ALBIN

PAULINE

Père barbare, achève, achève tun ouvrage :

Cette seconde hostie * est digne de ta rage ; i7?o

Joins ta fille à ton gendi^e; ose : que tardes-tu?

Tu A'ois le même crime, ou la même vertu :

Ta barbarie en elle a les mêmes matières.

Mon e'poux en mourant m'a laissé ses luQiières ;

Son sang, dont tes bourreaux tiennent de me couvrir, 172.-.

M'a dessillé * les yeux, et me les vient d"ou\Tir.

Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée : De ce bienheureux sang tu me vois baptisée ; Je suis chrétienne enfin, n'est-ce point assez dit? Conserve en me perdant ton rang et ton crédit; i":'tj

Redoute LEmpereur, appréhende Sévère :

V. 1723. « Une barbarie qui a des mati-^res, et matières en elle, cela est un peu barbare. » (Voltaire. j

V. 1727. De'sabiisée est ici le mot propre : rappelons-nous ce que, dans la première scène, Xéarque disait à Polyeucie :

Ainsi du genre humain l'ennemi vous abuse.

u Un moment sublime, c'est celui où le dernier trait de lumière pénètre dans 1 âme, et rattache à un centre commun les vérités qui y sont éparses. Il y a toujours une telle distance entre le moment qui suit et le moment qui précède celui-là, entre ce qu'on était auparavant et ce qu'on est après, qu'on a inventé le mot de grâce pour exprimer ce coup magique, cet éclair d'en haut. Il me semble voir un homme qui s'avance au hasard, le bandeau sur les yeux; on le desserre peu à peu, il entrevoit le jour, et, à l'instant où le mouchoir tombe, il se trouve en face du soleil ! " Lacordaire. Lettres à des jeunes gens, publiées par M. l'abbé Perreyve, lettre du 11 mai 1824.)

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