AVERTISSEMENT
eélèbres et à quelques extraits de chroniques théâtrales signées de noms autorisés.
A la fin de chaque acte, une note plus longue précise dans quelle situation et dans quels sentiments la chute du rideau laisse ies principaux personnages, et la réunion de ces cinq notes fait connaître quelle est en général la construction d'une tragédie française au xvii® siècle.
Enfin tous les mots tombés en désuétude ou dont le sens s'est modifié sont marqués d'un astérisque (*), qui renvoie à un Lexique ^\?LÇ,é à la fin du volume. Là ils sont expliqués à l'aide d'exemples relevés directement dans les autres œuvres de P. Corneille et dans celles de quelquesuns de ses contemporains, comme Faret, Tristan de l'Hermite, La Calprenëde, Mairet, Rotrou, ou empruntés soit au Lexique de l'édition Marty-Laveaux, soit au Lexique de la langue de Corneille de M. Godefroy.
Pierre Corneille, l'aîné des enfants de Pierre^ Corneille, maître particulier des eaux et forêts en la vicomte de Rouen, et de Marthe Lepesant, naquit à Rouen, rue de la Pie, le 6 juin 1606. Ses premières années se passèrent dans une petite maison de campagne, que ses parents achetèrent, en 1608, sur la rive gauche de la Seine, à Petit-Couronne; puis son père le confia aux Jésuites de Rouen. Une tradition veut qu'en rhétorique le jeune Corneille ait obtenu un prix pour une traduction en vers français d'un passage de Lucain. Ses études terminées, Corneille, qui se destinait au barreau, s'appliqua au droit, et ne tarda pas à être reçu avocat; il prêta serment, en cette qualité, au parlement de Rouen, le 18 juin 16^24, et, le 16 février 1629, acheta les deux offices d'avocat du roi pour le siège des eaux et forêts, et de conseiller et premier avocat du roi en l'amirauté de France, au siège général de la Table de marbre du Palais, à Rouen. Mais ce n'était pas le barreau qui devait immortaliser Corneille ^
En 1628, un acteur de premier ordre, qui plus tard jouera d'original le rôle du Cid, Mondory, était en représentations à Rouen. Une petite aventure donna l'idée au jeune avocat d'écrire une comédie; il la soumit à Mondory, qui l'emporta à Paris, et l'y joua en 1629. Le succès de Mélite se dessina à la quatrième représentation seulement, mais il fut surprenant, comme se plaisait encore à le constater Corneille dans son
1. Dans la famille Corneille, depuis longtemps établie à Rouen, le prénom lie Pierre était toujours donné au fils aîné.