‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 23 sur 175 · Liv. I, chap. vu · texte numérisé non relu

Liv. I, chap. vu

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NOTICE SUR LA TRAGEDIE CHRETIENNE. 3.j

(jrmontré M. Léonce Person dans son Histoire du véritable saint Genest de Rotrou^ d'une jjièce de Lope de Yega, lo Fingido Verdadero, il a formé ainsi une pièce presque aussi bizarre que cette extraordinaire Illusion Comique de Corneille, qui était encore à la scène en 1646, une tragédie dans laquelle le comique tient une large place.

Ainsi que le fait pressentir le titre, fort long, de la tragédie de Hotrou : Le véritable saint Genest, comédien yaïen représentant l' Martyre d'Adrien, la pièce qui nous occupe se compose de deux pièces emboîtées l'une dans Tautre; il y a, comme dansT/Taml^!t de Shakespeare, un théâtre sur le théâtre; mais, tandis que dans le drame anglais la scène des acteurs n'est qu'un épisode, la représentation du Martyre d'Adrien remplit trois actes de la tragédie de Rotrou, et ce ne sont pas les moins intéressants.

Le premier acte en effet est très faible ; il nous fait assister aux fiançailles de Valérie, fille de l'empereur Dioctétien, avec Maximin César, un des coadjuteurs de Dioctétien à l'empire. A loccasion de ces fiançailles, on va donner une représentation dramatique, et Dioctétien entretient du théâtre facteur Genest <( avec f intérêt qu'aurait mis Richelieu entretenant ses cinq auteurs ^ »; il lui demande quels sont ses poètes préférés. Genest avoue sa prédilection pour les anciens ; mais Dioctétien le presse de représenter quelque nouveauté ; Rotrou part de là pour faire, par un généreux anachronisme, f éloge de son illustre rival Corneille, naguère indignement attaqué par f emie :

Nos plus nouveaux sujets, les plus dignes de Rome,

Et les plus grands efforts des veilles d'un grand homme,

A qui les rares fruits que la Muse produit

Ont acquis dans la scène un légitime bruit,

Et de qui certes fart comme l'estime est juste.

Portent les noms fameux de Pompée et d'Auguste^;

Ces poèmes sans prix, où son illustre main

D'un pinceau sans pareil a peint fesprit romain.

Rendront de leurs beautés votre oreille idolâtre,

Et sont aujourd'hui fàme et l'amour du théâtre^.

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