ABRÉGÉ D L' MARTYRE DE SAINT POLYEUCT
dont la mort si précieuse devant ses yeux ne doit pas passer pou' fabuleuse devant ceux des hommes. Au lieu de sanctifier notn théâtre par sa représentation, nous y profanerions la sainteté d( leurs souffrances, si nous permettions que la crédulité des uns et 1; défiance des autres, également abusées par ce mélange, se méprissent également en la vénération qui leur est due, et que les premier: la rendissent mal à propos à ceux qui ne la méritent pas, cependant - que les autres la dénieraient* à ceux à qui elle appartient.
Saint Polyeucte est un martyr dont, s'il m'est permis de parloi ainsi, beaucoup ont plutôt appris le nom à la comédie qu'à l'église^ Le Martyrologe romain en fait mention sur* le 13^ de février, mai: en deux mots, suivant sa coutume-; Baronius, dans ses A>înrt/es^,n'er dit qu'une ligne* -,16 seul Surius,ou plutôt Mosander% qui Ta augment( dans les dernières impressions, en rapporte la mort assez au long' sur* le 9^ de janvier'; efj'ai cru qu'il était de mon devoir d'er mettre ici l'abrégé. Comme il a été à propos d'en rendre la repré
1. Cent ans après la mort de Polyeucte, une église était déjà consacré* sous son invocation à Mëlitène, comme Rolland le rapporte dans la vie dt saint Euthymius 20 janvier . Mais, chose plus curieuse, ce martyr, dont h nom était si peu connu des contemporains de Corneille, avait été très populaire en Gaule. Saint Grégoire de Tours en parle deux fois: au Hvre I de soi traité Des miracles de saint Martin de Tours, il raconte comment une riclu matrone de Constantinople, Juliana, lit couvrir de plaques d'or le plafonc de la chapelle consacrée à Polyeucte dans cette ville, atin de mettre, pai cette ruse, hors de la portée des mains rapaces de l'empereur Justinien ce or, qu'il lui avait demandé, et qu'elle destinait aux églises et aux pauvres Mais ce que dit de saint Polyeucte Grégoire de Tours dans son Histoire de; Francs (VII, vi) mérite bien plus d'attirer notre attention. Le roi Gontran di' aux envoyés de son neveu Childebert : '. Voilà les traités que nous avons faitj entre nous : ils disent que celui qui. sans le consentement de son frère, en trera dans Paris, perdra sa part, aura pour juges et pour rémunérateurs k martyr Polyeucte, ainsi que les confesseurs saint Hilaire et saint Martin.
Trad. Guizot.) Ce texte établit que le martyr Polyeucte était à cette époque invoqué dans les traités, et qu'on s'en remettait à lui du soin de punir le.' parjures.
2. u A Mëlitène, en Arménie, saint Polyeucte, martyr, tourmenté dans Ifi persécution de ce même Décius, reçut la couronne du martyre. >-
3. César Baronius To38-1607}, qui fut supérieur de lOratoire, cardinal bibliothécaire du A'atican, et qui disputa la tiare à Léon XI et à Paul V. écrivit, pendant les vingt-sept dernières années de sa vie, un immenst ouvrage, en douze volumes in-folio, intitulé Annales ecclésiastiques, (\\n,v[id\gré de nombreuses erreurs, est resté classique. On doit encore à Baronius un Mar/w'ologe romain avec notes i1d86).
4. u Polyeucte subit le martyre à Mélitène, en Arménie. » Rome, 1594, II, 459.)