‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 63 sur 175 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Il approuva sa flamme*, et conclut l'hyménée;

Et moi, comme à son lit je me vis destinée, >^

Tt^ donnai par rlQ^'^'ir à son xL(££il!Jlin__ , /i'v^'^^'215

i nni pft rpip Tantrp nvajt par inclinnticTTK ^-^^^^''•^^^^ J.iv v>eA>«i^

Si tu peux en douter, juge-le par la crainte ^^"^ OJ

D(.nt en ce triste jour tu me vois l'âme atteinte, ji-^-^'^-^^'-^ rJU^

STRATOMCE.

EllfiJait assez voir à quel point vous l'aimez, ^fîai^quel ^Qu^-e, après tout, tient vos sens alarmés? 220

PAULINE. /! - - J i ^ ,0

Je l'ai A'u cette nuit, ce malheureux Sévère, . ^ K-

La vengeance à la mainf'/j'^œil ardent de colère T^ |a«>yu^i^ .nnar

Il n'était point couvert de ces tristes lambeaux V^V.

Qu'une ombre désolée emporte des tombeaux ; (\)0<^^^

Il n'était point percé de ces coups pleins de gloirmj^^^^^^js^^i'

Qui, retranchant sa vie, assurent sa mémoire; (tJoi«9/c>\ ^ -^^^^^'"^

Il semblait triomphant, et tel que sur son char

Victorieux dans Rome entre notre César. ^ J^^^'^o/"^tu'ï?>vyiU

Après un peu d'effroi que ma donné sa vuei^Jl»- ' 230 ^ « Porte à qui tu voudras la fa-veur qui m'est mie, '^jpçxAuiJiL dU.

celui de Félix, de la manière la pms naturelle. Cette scène est conduite Z^''^^*'^ avec beaucoup d'habileté ; non-seulement elle nous instruit du passé, mais encore elle nous prépare à l'entrevue de Pauline et de Sévère, et, en nous donnant déjà pour eux de l'estime, elle nous prédispose à l'admiration que leur générosité fera naître en nous.

V. 216. La R,odogune de Corneille exprimera à peu près les mêmes sentiments I, v) ; elle ne sait pas duquel des deux princes, Autiochus et Séleucus, elle doit devenir l'épouse ; elle aime secrètement l'un des deux, mais elle n<^ veut pas dire lequel :

Quelque époux que le ciel veuille me destiiu-r, C'est à lui pleinement que je veux me donner. De celui que je crains si je suis le partage, .Je saurai l'accepter avec même visage ; Lhymeu me le rendra précieux à son tour, Et le devoir fera i-i' qu'aurait fait l'amour. Sans crainte qu'on reproche à mon humeur forc.'e Qu'un autre qu'un mari règne sur ma pensée.

\ . 218. \ ar. : Dont encore pour lui tu me vois l'âme atteinte. - Strat. Je crois que vous l'aimez autant qu'on peutainier.

^ Mais quel songe, après tout, a pu vous alarmer? (Éd. 16f3-.j6.)

P V. 220. Pauline s'est attendrie à remuer ces souvenirs, et elle oublie pourquoi elle les a évoqués devant Stratonice; mais la curieuse confidente lient (et le spectateur aussi) à connaître le songe de Pauline.

V. 222. C'est-à-dire : une arme, instrument de vengeance, à la main. Déjà dans le Cid (v. 286 , don Diègue, après avoir remis" à Rodrigue son cpée, lui disait :

Enfin tu sais l'affront, et tu tkns la vengeance.

Y. 227. Le mot triomphant est pris ici au propre : dans l'éclat du triomphe.

«lUOTHEC^

liiO POL\EUCTE.

Ingrate, m'a-t-il dit: et, ce jour expiré, \d f^<^X^ v^ Pleure à loisir l'époux que Hiju^as préféré. » ^^n^cSç M-^^., A ces mots, jjû frénii,^ion anie A'est troubl^ \^}^ ^MsPfs Ensïïîfe descîîïétiens~une impie assemblée, ^^^ ^<r>tÉ^ iPour avancer* leffet de ce discours fatal, -^35

A jeté Polyeucte aux pieds de son rival. Soudain à son secours j'ai réclamé '^ mon père ; Hélas ! c'est de tout point ce qui me désespère, J'ai vu mon père rnème, un poignard à la main, Entrer le bras levé pour lui percer le sein : ?'"

Là ma douleur trop forte a brouillé * ces imagesp j/^^ "e sang de Polyeucte a satisfait leurs rages *. // ffjj^^ .

ji^^iaisjiLcomni^ntjii jquand ils V on t^tu é , \}\ f^ Mais je sai&j^tujî sajnorti^us 05^^ : je '^

Yoîla quel est mon songe. y

STRATONICE

11 est vrai qu'il est triste; 215

Y 9 4o -< Plusieurs personnes ont entendu dire au marquis de Sainte- Aulaire, mort'û'à^e de cent ans, que Thôtel de Rambouillet avait condamné ce songe de Pauline. On disait que, dans une pièce chrétienne, ce songe est envoyé par Dieu même, et que, dans ce cas, Dieu, qui a en vue la conversion de Pauline doit faire servir ce songea cette même conversion; mais qu au contraire il xcrable uniquement fait pour inspirer à Pauline de la haine contre les chr.'-tien^- quelle voit des chrétiens qui assassinent son mari, et quelle devait voir tout le contraire. » (Voltaire.,: « L'hôtel de Rambouillet avait évidemment tort Ce n"e>t pa- Dieu, c'est au contraire le diable qui, dans 1 intention de Fauteur envoie ce songe à Pauline pour lui faire hair les chrétiens. C est ce que Corneille fait dire expressément à Néarque dans la première scène de ce premier acte, où il est question du même songe. » Paussot.) ^

« Ce quon pourrait encore reprocher peut-être a ce songe, c est quil ne sert de rien dans la pièce: ce n'est qu'un morceau de déclamation. Il n en est pas ainsi du sonçre d' AthaUe, envoyé exprès par le Dieu des Juifs; il fait entrer Athalie dans le temple pour lui faire rencontrer ce même entant qui lui est apparu pendant la nuit, et pour amener le nœud et le denoument de la pièce Un pareil sonse est à la fois sublime, vraisemblable, intéressant, et nécessaire. Celui de Pauline est à la vérité un peu hors-d'œuvre, la pièce peut s'en passer. L'ouvratre serait sans doute meilleur, s il y avait le même art que dans Athalie^; mais si ce songe de Pauline est une moindre beauté, ce n'est point du tout un défaut choquant: il y a de 1 intérêt et du pathétique.... Si ce songe n'a pas l'extrême mente de ce\md AthaUe, qui fait ie nœud de la pièce; il a celui de Camille; il prépare. » (Voltaire.) En effet Ips chrétiens, Sévère et Félix vont contribuer a la mort de Polyeucte: les chrétiens en amenant Polveucte à leur foi. Sévère en inspirant maigre lui de- craintes à Félix, Féfix en prononçant larrét. Remarquons enfin, avec M. Hémon, que ce songe a le mérite de rapprocher Pauline « de son mari, au moment où Sévère va paraître ». , . . .

Voltaire assure que la réponse de Stratonice faisait toujours sourire au: théâtre. La faute en était sans doute à l'actrice chargée du rôle de Pauline : <. Si Pauline raconte son rêve avec trop d'emphase depuis le premier mot

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