ACTE I, SCÈNE III
Mais il faut que votre âme à ces frayeurs résiste
La vision, de soi, peut faire quelque horreur, ^c^<^
Mais non pas vous donner une juste terreur. ^ ca^j-^*^^^^
P( )Uvez-vous rraindrft^jin mortl pouvez-vous craindre un nère
Qui clieTinrôtré'epoux^ que votre époux révère, ^ ^m
\X dont le juste choix vous a donnée à lui, ^':^'^i^^iCcxJi2DLsu>..o\
Tour s'en faire en ces heux un ferme et sûr appui?
PAULINE
11 m en a dit autant, et rit de mes alarmes; Mais je crains des chrétiens les complots et les charmes*, Et que sur mon époux leur troupeau ramassé* -^55
Jse vftn£e^Tit. de sang!- que mon père a versé.
STRATONICE. ^à
Leur secte est insensée, impie, et sacrilège, l^j^J^^j^'^^JuJi p^ Et dans son sacrifice use de sortilège; ( '^ ^ -"Y
iusqu'à ce dernier : « Voilà quel est mon songe, » la réplique de sa confidente : « Il est vrai qu'il est triste ! •- a de grandes chances de faire éclater le rire. Il faut cependant que Stratonice fasse cette réponse...; c'est donc un signe que Pauline doit achever son récit avec moins de pompe. » (M. Ganderax, Reine dramatique de la Revue des Deux Mondes du 15 octobre 1884. 1
Y. 252. Corneille revient à dessein sur cette idée, pour nous mieux préparer aux seniiments qu'il va prêter à Félix.
V 956 D'après les Artes, Polyeucte est le premier chrétien qui subit le martyre à Mélitène. Corneille n'a pas voulu qu'il en fût ainsi dans sa pièce, parce qu'il devient plus difficile à Félix d'épargner son gendre anres avoir condamné déjà beaucoup de chrétiens. . , , c
V. 258. Le fanatisme étroit de Stratonice, qui va éclater avec fureur au nie acte, se montre déjà dans ces vers. , . j . •
<c Nous savons aujourd'hui que les chrétiens étaient pour les païens de véritables iettatori, et que leurs mystères sacrés n'étaient, aux yeux de leurs ennemis, que des scènes de magie et de nécromancie.... Il est bien vrai que, pour dérober aux profanes leurs divines pratiques et leurs dogmes impénétrables ils s^entouraient de voiles et de précautions. Leurs sacrifices, leurs repas mvstiques,les fisures peintes et les emblèmes usités dans les demeures souterraines, - temples et tombeaux à la fois, - inspiraient une sorte d'effroi et d'éloionement à ceux qui n'étaient point inities. On confondait, dans l'origine, les chrétiens avec les juifs ; plus tard on les confondit avec les devin, et les sorciers. Quelques-unes de leurs pratiques paraissaient semblables en eff-et aux scènes nocturnes des magiciennes, et la société élégante et polie de Rome les associait sans peine à ces mages, a ces disciples de la Cabale qui prédisaient l'avenir, affirmaient la destinée et défiaient le sort contraire par leurs mystérieuses conjurations. La manière dont Suétone, Tacite et Pline parlent des chrétiens le montrait deja; 1 archéologie le confirme. Les représentations sym^boliquesqudsemployaien^
trompait Dasj
comme la figure du pohson représentant le Christ, comme ^ ?T^;tXC de vin et aiUres signes, expliqués aujourd'hui, - prouven Q^^ Cojneille n se trompait i.as en mettant ces paroles danslabouche de Stratonice ... Nous
Mais sa fureur ne va quà briser nos autels :
Elle n'en veut qu'aux Dieux, et non pas aux mortels.
Quelque sévérité que sur eux on déploie,
Ils souffrent sans murmure, et meurent avec joie;
Et depuis qu'on les traite en criminels d'État,
On ne peut les charger d'aucun assassinat.
PAILIXE.
Tais-toi, mon père vient.