‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 7 sur 175 · Pellisson, Histoire de l'Académie · texte numérisé non relu

Pellisson, Histoire de l'Académie

chancelier Séguier, alors protecteur de rAcadémie, retira sa candidature, qu'il venait de poser, et Corneille, n'ayant pas de concurrent, fut élu; il vota sans doute pour Ballesdens, quand celui-ci, Tannée suivante, se présenta pour remplacer Malle- A-ille.

Après son élection à l'Académie, Corneille restera trois ans sans mettre à la scène de nouvelles œuvres; c'est que les troubles de la Fronde ont interrompu les spectacles, et le poète nous dit lui-même que les désordres de la France « ont resserré dans son cabinet » ce qu'il se préparait à M donner. Mais, dès les pre-

• miers jours de 1650, il fit paraître presque à la fois Don Sanclie

I d'Aragon et Andromède. Andromède n'est qu'un médiocre livret d'opéra, cherchant surtout à permettre à Torelh de mettre en

I jeu toutes ses machines^. Bon Sanche est une comédie héroïque;

] jamais les nobles personnages de ce poème ne font rire à leurs dépens, mais jamais non plus leurs aventures n'ont rien de très tragique ; c'est une œuvre « d'une espèce nouvelle » , comme dit C( trneille lui-même, mais qui se rapproche beaucoup de la tragicomédie. Le premier acte de cette comédie héroïque, tiré du Palais magique de Lope de Vega, et le cinquième acte, pris en partie du « roman de Don Pelage - », renferment des scènes très belles et très attachantes. Le succès de Don Sanche semblait d'abord devoir balancer celui àWndromède ; mais « un suffrage illustre ' » lui fut refusé, et la cour et la ^ille délaissèrent la comédie de Corneille, qui ne fut plus applaudie que dans les provinces.

Pendant les représentations à' Andromède, Corneille fut nommé procureur des États de Normandie, en remplacement d'un sieur Bauldry. protégé du duc de Longueville,gouA'erneur de Normandie, qui était alors enfermé dans le donjon de Yincennes, et, un mois après, il vendit pour six mille hvres tournois ses offices de conseiller et avocat du roi à la Table de

i, La musique dJ/i(//*omèrfe fut composée par le poète burlesque d'Assoucy (1605-1679), connu par son talent sur le théorbe et le luth. D'Assoucy publia la même année son Ovide en belle humeur, précédé d'un sonnet de Corneille.

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