‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 8 sur 175 · Ibid. — Celui du prince de Condé, dil-on · texte numérisé non relu

Ibid. — Celui du prince de Condé, dil-on

marbre. Quand le duc de Longue^ille se fut réconcilié avec la cour, et que sa charge de procureur des États de Normandie eut été rendue à Bauldry, le 15 mars 1651, Corneille se trouva donc libre de toutes fonctions officielles.

11 venait d'obtenir un autre succès avec Nicomède (1651). C'est encore une œuvre <■ d'une espèce nouvelle » que cette pièce héroïque, imprégnée de l'esprit de la Fronde, et où le poète a réservé une place à l'élément comique. C'est celle de ses tragédies qui nous fait voir le plus clairement le système dramatique de Corneille, car la terreur et la pitié en sont absentes, et elle se soutient par la seule admiration. Vivement critiquée par Voltaire, louée outre mesure par Victor Hugo, on s'accorde aujourd'hui à lui assigner un rang fort honorable parmi les tragédies de Corneille ; c'est une des plus originales: c'est la dernière de ses grandes œuvres.

L'année suivante, son Pertharite, mauvaise pièce, de laquelle Racine tira pourtant l'intrigue d'Anclvoniaque, tomba d'une lourde chute. Corneille, dit Fontenelle S « ne perdit pas en Aieilhssant l'inimitable noblesse de son génie : mais il y mêla quelquefois de la dureté. Il avait poussé les grands sentiments aussi loin qu'e la nature pouvait souffrir qu'ils allassent ; il commença de temps en temps à les pousser un peu plus loin. Ainsi, dans Pertharite, une reine consent à épouser un tyran qu'elle déteste, pourvu qu'il égorge un fils unique qu'elle a, et que, par cette action, il se rende aussi odieux qu'elle souhaite qu'il le soit. Il est aisé de voir que ce sentiment, au heu d'être noble, n'est que dur; et il ne faut pas trouver mauvais que le pubhc ne l'ait pas goûté. »

Un succès inespéré, que Corneille avait obtenu à la fin de l'année 1651, dut adoucir pour lui la chute de Pertharite. X l'instigation des Jésuites, ses anciens maîtres, et peut-être de son frère cadet Antoine, curé de Frétille, il avait publié une traduction en vers des vingt premiers chapitres de \' Imitation de Jésus-Christ: l'édition s'enleva avec une prodigieuse rapidité. L'auteur de Pohjeucte et de Théodore était pieux; il avait tou-

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