‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 9 sur 175 · Vie de CorneiUe · texte numérisé non relu

Vie de CorneiUe

jours besoin d'argent pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille ; il venait de tomber au théâtre : il n'est donc pas surprenant qu'il se soit consacré tout entier à cette traduction consolante et lucrative. La traduction complète de Vhnitation de Jésus-Chrisf, dédiée au pape Alexandre VII, parut en 1656 ^EUe n'est certes pas sans valeur; mais, dit avec franchise Fontenelle ^ « je n'y trouve point le plus grand charme de Y Imitation de Jésus-C Iirist ,iQ veux dire sa simplicité et sa naïveté. Elle ^e perd dans la pompe des vers qui était naturelle à Corneille, et je crois même qu'absolument la forme des vers lui est contraire. Ce li\Te, le plus beau qui soit parti de la main d'un homme, puisque l'Évangile n'en vient pas, n'irait pas droit au cœur comme il fait, et lie s'en saisirait pas avec tant de force, s'il n'avait un air naturel et tendre, à quoi la néghgence même du style aide beaucoup, »

En 1657, Corneille perdit son frère Antoine, le pieux curé de Fré^'ille : en 1658, la troupe de MoUère vint à Rouen pour quelques mois ; elle y joua plusieurs tragédies de Corneille ^ Thomas Corneille, le jeune frère de Pierre, venait de remporter en 1656, avec sa romanesque tragédie de Thnocmte, un des plus retentissants succès dramatiques du xvii^ siècle. Les applaudissements donnés à Rouen à ses chefs-d'œuATC, et les sollicitations et l'exemple de Thomas, engageaient le grand Corneille à traA'ailler de nouveau pour le théâtre. Les encouragements flatteurs de Fouquet, «qui négocia en surintendant des finances* », triomphèrent de ses derniers scrupules; parmi les trois sujets que lui proposa Fouquet, Corneille choisit celui d'OEdipe. Il composa une tragédie médiocre (1659), qui cependant fut très applaudie par le public, ravi de Aoir le grand poète revenir ;i la scène ; la vogue d'Œdipe dura

1. Corneille mettra encore en vers français, en 1665, les Louanges de la sainte Vierge, dont le texte latin est attribue à saiiit Bonaventure, et, en 1670, XOffice de la sainte Vierge, les Sept Psaumes pénitentiaux,]es Vêpres et Complies du dimanche et les Hymnes du Bréviaire romain.

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