I- Il É N I c E
Que je le plains 1
l^:i PULYEL'CTE.
Vous voyez clairement que votre songe est vain : ô4
Sévère ne vient pas la vengeance à la main.
PAULINE
Laisse-moi respirer du moins, si tu m as plainte :
Au fort de ma douleur tu rappelles ma crainte ;
Souffre un peu de relâche à mes esprits* troublés.
Et ne m'accable point par des maux redoublés. 080
STRATOMCE.
Quoi? vous craignez encor!
PAULI.NE
Je tremble, Stratonice; Et bien que je m'effraye avec peu de justice, Cette injuste frayeur sans cesse reproduit L'image des malheurs que j'ai vus cette nuit.
STRATOMCE.
Sévère est généreux.
PAULINE
Malgré sa retenue*, 58r.
Polyeucte sanglant frappe toujours ma vue.
STRATONICE
Vous voyez ce rival faire des vœux pour lui.
PAULINE
Je crois même au besoin qu'il serait son appui;
Mais soit cette croyance ou fausse ou véritable,
Son séjour en ce lieu m'est toujours redoutable; 590
A quoi que sa vertu puisse le disposer.
Il est puissant, il m'aime, et vient pour m'épouser,
V. 573. Pauliae avait un peu oublié ses inquiétudes pour Polyeucte, et nous aussi; il est temps que Stratonice les lui rappelle et nous les rappelle. V. 576. Voir le vers 222.
V. 382. V ar. : Et quoique je m"effraye avec peu de justice. (Éd. 16i3-;jC.)
V. 383. Stratonice répète ce que Pauline elle-même a dit au vers 327.
V . .d87. V ar. : Vous-mème êtes témoin des vœux qu'il fait pour lui. (Éd. 1643-.3G.)
Y. 588. Ce vers prépare la grande scène de l'acte IV, dans laquelle Pauline demandera à Sévère de sauver son rival.
V. 590. Et en effet c'est la présence de Sévère qui armera contre Polyeucte le bras de Félix.
y. 391. A quoi que, voilà une cacophonie qui mettrait au désespoir la Bélise des Femmes savantes.
\ ar. : a quoi que sa vertu le puisse disposer. (È'\. 1G+3-C4.,