‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 85 sur 175 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

POLYEUGTE, NÉARQUE, PAULINE, STRATOMCE.

l'est trop verser de pleurs: il est temps qu'ils tarissent, )ue votre douleur cesse, et vos craintes finissent ; lalgré les faux a^is par vos Dieux envoyés, 595

e suis vivant, Madame, et vous me revoyez.

je jour est encor long, et ce qui plus* m'effraie, jSl moitié de l'avis se trouve déjà vraie : 'ai cru Sévère mort, et je le vois ici.

e le sais; mais enfin j'en prends peu de souci. eoo

e suis dans Mélitène, et, quel que soit Sévère, ^otre père y commande, et l'on m'y considère ; !t je ne pense pas qu'on puisse aA'CC raison un cœur tel que le sien craindre une trahison.

Y. o93. Polyeucte a laiss? Pauline en larmes 'v. 123) et la retronveplcumt encore; il est vrai que, pendant son absence, elle a versé des pleurs qui 'étaient pas pour lui 'v. o3o;. Mais Corneille a compris que la situation de olyeucte serait assez fausse, s'il le ramenait en scène aussitôt après la sortie 3 S jvère; de là le court dialogue que nous venons d'entendre entre Pauline

Stratonicc; quand Polyeucte reparait, de nouveau Pauline est toute à ses aintes pour lui, et il peut, sans faire sourire, lui dire : C'est trop verser de pleurs, etc.

V. o9o. C'en est fait; Polyeucte est chrétien: dans la première scène, il isait à Néarque :

Votre Dieu, que je n'ose encor nommer le mien ;

est maintenant à Pauline qu'il dit : « vos dieux ». Dans ces mots, Pauline a voit qu'un peu de moquerie pour elle-même, qui a cru trouver dans un songe. a avis des dieux. Polyeucte est sincère en disant que le songe de auline a été envoyé par les dieux ; car les chrétiens considéraient alors s dieux des païens comme des démons, qui avaient le pouvoir d'envoyer les songes.

V. 396, Au premier acte, Polyeucte l'appelait d'un nom plus tendre :

Adieu, Pa.utiae, a.dicu.

V. 604. Cette haute opinion que Polyeucte a de Sévère nous préparc jx trois grandes scènes du quatrième acte.

On m'avait assuré qu'il a'ous faisait ^-isite, «i.

Et je Amenais lui rendre un honneur qu'il mérite.

PAULINE

Il vient de me quitter assez triste et confus ; Mais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus.

Quoi 1 A'ous me soupçonnez déjà de quelque ombrage ?

PAULINE

Je ferais à tous trois un trop sensible outrage. 'u

J'assure mon repos, que troublent ses regards.

La vertu la plus ferme évite les hasards :

Qui s'expose au péril veut bien trouver sa perte;

Et pour vous en parler Rxec une âme ouverte,

Depuis qu'un vrai mérite* a pu nous enflammer, h:

Sa présence toujours a droit de nous charmer.

Outre qu'on doit rougir de s'en laisser surprendre,

On souffre h résister, on souffre à s'en défendre ;

Et bien que la A'ertu triomphe de ces feux, i

La Aictoire est pénible, et le combat honteux. <52(|

0 vertu trop parfaite, et devoir trop sincère,

Que vous devez coûter de regrets à Sévère î

Qu'aux dépens d'un beau feu vous me rendez heureux,

Et que vous êtes doux à mon cœur amoureux !

Plus je vois mes défauts et plus je vous contemple, «25

Plus j'admire...

V. filO. « Je ferais à. tous trois un trop sensible outrage est admirable. »

(Voltaire.)

V. 614. « Pauline, entre Polyeucte et Sévère, n'est ni embarrassée, ni gênée à nos yeux ; elle le serait, si elle voulait ménager sa passion ; comme elle veut la vaincre, nous la plaignons peut-être, mais non pas avec des sentiments petits et indignes d'elle ; notre pitié s'élève à l'admiration. » (Saixt-Marc Girardin, Coz^/'S de litt. dram., IV, p. 66.) — Pour Tcxpressi'^in avec une âme ouverte, rapprocher le vers 463.

V. 616. Polyeucte rappellera ces deux vers à Pauline (v, 1589-1590).

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