‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 132 sur 147 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Je vois le peuple ému pour prendre son parti ; Et toi-même tantôt tu m'en as averti.

Dans ce zèle pour lui qu'il fait déjà paraître, Je ne sais si longtemps j'en pourrais être maître; Peut-être dès demain, dès la nuit, dès ce soir, l'en vsrrais des effets que je ne veux pas voir; Et SéTère aussitôt, courant à sa vengeance, M'irait calomnier de quelque intelligence. Il faut rompre ce coup, Iqui me serait fatal.

ALBIN

Que tant de prévoyance est un étrange mal ! Tout vous nuit, tout vous perd, tout vous fait de l'ombrage : Mais voyez que sa mort mettra ce peuple en rage, Que c'est mal le guérir que le désespérer. . i503

FÉLIX

En vain, après sa mort, il voudra murmurer;

Et, s'il ose venir à quelque violence,

C'est à faire à céder deux jours à l'insolence :

J'aurai fait mon devoir, quoi qu'il puisse arriver.

Mais Polyeucte vient, tâchons à le sauver. 15iO

Soldats, retirez-vous, et gardez bien la porte,

1493. Emu, soulevé ; on dit encore : une émotion populaire.

Tout est calme, seigneur; un moment de ma vue 4 soudain apaisé la populace émue. {Nicomède^ 1780.)

1500. Aucun dictionnaire ne cite d'autre exemple de la tournure calomnier de, latinisme pour : accuser calomnieusement de.

1602. Var. Que votre défiance est un étrange mal! (1643-16B6.)

Albin dit ici à Félix à peu près ce que Frédéric dit à Venceslas :

Il n'est pas toujours bien d'être trop politique. (Rotrou, Vencetias, v. 7.)

1503. Sur omhra^e^ voyez le v. 609.

1504. Voyez que sa mort mettra, prenez garde que sa mort ne mette. En rage, moins usité et surtout moins tragique aujourd'hui que en fureur.

Crôon soit tout en rage. {Médée, 13B7.)

1508. C'est à faire à, tournure que Voltaire juge trop familière, mais qui, dans la tragédie cornélienne, signifie tantôt: tout ce qui reste à faire, c'est de., il ne reste plus qu'à; tantôt : en être quitte pour. Toutes les éditions publiée, du vivant de Corneille donnent à faire et non affaire.

Et c'est d faire enfin d mourir aj>rès lui. (Cinnn, 140.)

C'est d faire d périr pour le meilleur parti. {Piilchéric, II, 2.)

1510. En marge, dans les éditions de 1643 et 1648 : Po!;/eucte vient avec ses gardes, qui soudain se retirent. — Sur tâcher à, voyez la note du v, 16

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