‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 133 sur 147 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

FÉLIX, POLYEUCTE, ALBiW.

FÉLIX

K^-in donc pour la vie une haine si forte, Malheureux Polyeucte, et la loi des chrétiens T'ordonne-t-elle ainsi d'abandonner les tiens?

Je ne hais point la vie, et j'en aime l'usage, 1512

Mais sans attachement qui sente l'esclavage,

Toujours prêt à la rendre au Dieu dont je la tiens :

La raison me l'ordonne, et la loi des chrétiens,

Et je vous montre à tous par là comme il faut vivre,

Si vous avez le cœur assez bon pour me suivre. 1520

FÉLIX

Te suivre dans l'abîme où tu te veux jeter I

Mais plutôt dans la gloire où je m'en vais monter.

FÉLIX

Donne-moi pour le moins le temps de la connaître:

Pour me faire chrétien, sers-moi de guide à l'être,

Et ne dédaigne pas de m'instruire en ta foi, 1525

Ou toi-même à ton Dieu tu répondras de moi.

N'en riez point, Félix, il sera votre juge;

Vous ne trouverez point devant lui de refuge:

Les rois et les bergers y d'un même rang.

De tous les siens sur vous ii v-ntera le sang. 1530

1516. « L'esclavage n'est pas le mot propre, parce qu'on n'est pas esclave de a vie. » (Voltaire.) « Oui, mais oh dirait très bien qu'un homme est esclave d€ son attachement pour la vie, et c'est ainsi que Corneille l'entend. » (Aimé Mab-

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