FÉLIX, PAULINE, ALBIN
PAULINE
Père barbare, achève, achève ton ouvrage :
Cette seconde hostie est digne de ta rage; 1720
Jojns ta fille à ton gendre; ose : que tardes-tu?
Tu vois le même crime, ou la même vertu :
1707. Die, ancien subjonctif, pour dise, n'est point une licence poétique ;on en trouve do très nombreux exemples chez tous les tragiques. Corneille n'a jamais cherché à faire disparaître cette forme archaïque, que, plus tard, son fi-ère Thomas corrigea partout où il le put. Vaugelas ne la proscrit pas, et M. Littré croit qu'ainsi autorisée elle peut encore être conservée dans la poésie.,
Ma sœur, que je vous die une bonne nouvelle. (Horace, 831.) Elle vaut bien un trône, il faut que je le die. [Rodogune, 138.) Permettez <jue tout haut je le die et redie. {Psyché, 1100.)
1715. Sur les emplois très variés du verbe rompre voyez la note du v. 56. 1717. Sur tâcher à voyez la note du v. 16. 1720. Hostie, victime, hostia.
Le funeste succès de leurs armes impies
De tous les oombattaots a-l-il fait des hosties? {Horace, 768.)
Du céleste courroux tous furent les hosties. (La Fontaine. Philémon et Banda.)
Frappons ; voilà Vhosfie, et l'occasion presse. (Cyrano, Agrippine, IV, 4.)
Ce dernier vers, s'il faut en croire La Monnoye, indigna fort de pieux et naïfs auditeurs, qui se levèrent en tumulte et s'écrièrent : « Oh ! le méchant ! oh l'athée ! comme il parle du saint Sacrement ! il veut tuer Notre-Seigncur ! » Cette anecdote, probablement arrangée, prouverait deux choses : d'abord que Cyrano avait la réputation d'un libre penseur, comme on dirait aujourd'hui; ensuite que Temploi figuré du mot hostie n'était déja^plus fréquent, puisqu'on a pu s'y méprer|idre à ce point.