‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 18 sur 147 · Horace, v · texte numérisé non relu

Horace, v

1, Polycucie, v, 1554 3. Port'Boyal, 1, •

POLlfÊUGTB

Et nous ne recevons ni crainte ni désir De cette liberté qui n'a rien à choisir, / Attachés sans relâche à cet ordre sublime, / Vertueux sans uiérite et vicieux sans crime... D'un tel aveuglemeut daignez me dispenser. Le ciel, juste à punir, juste à récompenser, Pour rendre aux actions leur peine ou leur salaire, Doit nous offrir son aide, et puis nous laisser faire*. y

Il était difficile de se déclarer avec plus de force contre le fatalisme janséniste, et cette seule citation dément d'avaoce l'affirmation trop absolue de Sainte-Beuve. C'est assurément le passage le plus curieux de cette tragédie d]Œdvpe qui fut si estimée au xvii^ siècle et que Fénelon a si justement critiquée. Mais pourquoi Fénelon n'a-t-il pas opposé Polyeuete à Œdipe, dans ce chapitre où il regrette le caractère profane de la tragédie 2? L'amour de Sévère et de Pauline suffisait-il à lui faire oublier tant de scènes si vraiment chrétiennes? Plus juste, Boileau jugeait Polyeuete le chef-d'œuvre de Corneille^; il est vrai qu'il ne s'en souvenait pas dans son Art poétique, pas plus que Racine ne s'en souvenait dans ce discours académique où il louait si bien d'autres œuvres de son devancier.

On remarque même, non sans surprise, qu'à la fin du xvii® siècle Jes représentations de Polyeuete sont fort rares. Sans doute, la mode des tragédies sacrées s'était transformée ; aux pièces chrétiennes avaient succédé les pièces juives, les Hérode, les Joseph, les Absalon, les Jonathas; mais jugeait-on Polyeuete indigne de figurer au nombre de ces spectacles édifiants que Dangeau appelait des « comédies de dévotion »? On serait tenté de le croire quand on lit cés lignes curieuses d'un mémoire adressé au roi par M™® deMaintendn, en 1688, sur les moyens de convertir les protestants : « Il faudrait surtout interdire les spectacles qui donnent une. idée de rhartyre, rien n'étant plus dangereux pour les nouveaux catholiques et pour les anciens*. » Polyeuete devenu suspect aux yeux des dévotsu! l'histoire littéraire nous réserve quelquesunes de ces surprises. Et pourtant les comédiens, qui, eux aussi, s'étaient faits dévots, à 1 exemple du roi, n'avaient rien trouvé de mieux, pour sanctifier le premier et le dernier jour de l'année théâtrale, que de jouer régulièrement

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