‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 3 sur 147 · Suéton«8, Néron j xru · texte numérisé non relu

Suéton«8, Néron j xru

« per flagitia îmisos » , entres autres du plus grand de tous, de la hame du genre humain : « Haud perinde crimine incendii, quant odio gcneris humarvl convicti sunt. » 11 est vrai que l'horreur des supplices le révolte ; mais, après tout, ces fauteurs d'une exécrable superstition, « exitiabilis supcTstilio », n'avaient-ils pas tout mérité? « Unde, quànquam adversus sorties, et nooissima exempla meritos, miseralio oriebaiur. * n Et pourtant Tacite constatait, non sans inquiétude, que le nombre de ces criminels s'augmentait de jour en jour. C'est ce que constatait aussi son ami Pline, gouverneur de Bithynie, si scrupuleux, si humain. Aussi hostile par principe aux chrétiens, il demandait à Trajan s'il fallait punir le nom luimême de chrétien ou les crimes qui semblaient inséparables de ce nom, « flagitia cohserentla nomini », mais il s'étonnait de ne rencontrer nulle part aucun de ces crimes imaginaires, et il îe disait ingénument : « Nihil aliud inverti quam superstitionerrt pravam, immodicarrt 2. » Et Trajan lui répondait, avec une modération relative, qu'il ne fallait pas rechercher les chrétiens, mais qu'il les fallait punir, s'ils étaient dénoncés et s'il's s'avouaient coupables. Tout au moins étaient-ils coupables, comme le remarquait Pline, d'un regrettable entêtement : « pervicaciam et mflexibilent ohstinaiionerrt. » Gela ne suffisait-il pas, et si Félix envoie Polyeucte à la mort, n'est-ce point pour le punir d'avoir montré un « cœur trop obstiné ? ^ »

Qu'étaient-ce donc que ces horreurs mystérieuses, dont Pline cherchait en vain la confirmation, et que la Stratonice de Corneille, fidèle personnification des haines aveugles de la foule païenne, admet comme démontrées?

Leur secte est insensée, impie et sacrilège, Et dans son sacrifice use de sortilège*.

Que se passait-il au sein de ces réunions chrétiennes, de ces agapes, de ces hétaïries non autorisées dont s'inquiétaient les politiques beaucoup plus que les croyants du paganisme? L'imagination populaire se donnait libre cours : comme les juifs, les chrétiens étaient accusés d'immoler, ou même de dévorer des enfants. On comparait volontiers ces mangeurs d'enfants {v:cci<^o'-?â<yovi;) aux cyclopes et aux sirènes qui dévoraient autrefois les hommes ; on attribuait à leurs sort^

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