‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 4 sur 147 · Pline le Jeune, Lettres, X · texte numérisé non relu

Pline le Jeune, Lettres, X

8 * ?OLYEUCTE

lèges tous les malheurs publics, et Fempereur Julien, si éclairé pourtant, croyait combattre les chrétiens par leurs propres armes en autorisant officiellement dans tout l'empire Texercice de la magie et le culte des esprits. En vain Tertullien protestait, au nom du bon sens et de la justice ; en vain il réclamait une enquête impartiale : « Dicimur sceleratissimi de sacramento infanticidii, et pabulo inde ; dicimur semper, nec vos quod tamdiu dicimur eruere curatis. Ergo aut eruite, si creditis^ aut nolite credere, qui non eruistis^. » Aussi bien il aurait eu tort de se trop plaindre ; car c'est précisément l'attrait du mystère qui attirait vers le culte nouveau tant d'âmes avides, lassées des réalités banales d'un culte vieilli, et le plaidoyer du même Tertullien n'est pas loin d'être un chant de victoire, lorsqu'il célèbre la diffusion rapide d'une religion née d'hier :

« Hesterni sumuSy et vestra omnia implevimus,urbes/insulaSf castella, municipia, conciliabula, castra ipsa, tribus, decurias, pdlatium, senatum, forum. Sola vobis relinquimus templa.., Nec quidquam proficit exquisitior quxque crudelitas vestra ; illecebra est magis sectœ. Plures efficimur, quoties metimur à

vobis ; semen est sanguis christianorum Illa ipsa obstinatio,

quam exprôbratis, magislra est. Quis enim non contemplatione ejus concutitur ad requirendum quid intus in re sit ? Quis non, ubi requisivity accedit? Ubi accessit, pati exoptat, ut totam Dei gratiam redimat, ut omnem veniam ab eo compensatione sanguinis sui expédiât ? Omnia enim huic operi délie ta donantur. Inde est quod ibidem sententiis vestris grattas agimus. Ut est simulatio divinx rei et humanae ! Quum damnamur a vobis, a Dec absolvimur 2. »

Polyeucte ne parlera pas autrement, e1 la tragédie cornélienne, dont Sévère se chargera de donner la conclusion, ne s'inspirera pas d'un autre esprit. Voilà l'enseignement pratique et vivant, l'enseignement par les faits {de factis docendo) que les chrétiens opposent aux vaines paroles des rhéteurs et des philosophes païens, l'enseignement qui convertit les Minutius Félix, les saint Gyprien et les saint Justin, qui trouble Sévère même et le prépare à une conversion prochaine. Ce que dit Sévère, d'ailleurs, bien d'autres l'avaient dit avant lui, comme ce témoin que met en scène Je Liber de laude martyrii ^ : « Quelle que soit la religion des chrétiens, ce ne

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