De, par, comme aux v. 1195 et
Il faut agir de force avec de tels esprits. [Héraclius, 1, 1.)
On disait, au xvn* siècle, par une tournure analogue, de hasard, de bonheur. • 56. Quand il ne les peut rompre, quand il ne peut en empêcher Taccompliss©ment; on verra un exemple analogue de rompre au v. 1715.
Malgré des feux si beaux qui rompent ma colère,"
Je ferai mon possible à bien venger mon père. {Cid, 981.)
58. Par quelque autre obstacle ; la construction manque de netteté. 60. Coup d'essai s'employait dans le style le plus rel^é :
Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître,
Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître. {Cid, 410.)
« En voilà assc» ooup des faussetés si vaines. Ce ne sont là que les conpi d'essai de vos iJovt.-e^. et pon pas les coups d'importance de vos grands profès» (Pascal, Provinr.a.t:^». XVI.) — « Les crimes ne sont jamais les coups d'essai du cœur. » (Massillow, Carême, Sur les fautes légères.) — Le mot illusion, pris en ce sens, est défini par M. Littré : une fausse apparence que Ton attribuait au démon ou à la magie.
65. Rompu, rompez, légère négligence. Dans le vers 64, rompu a le même sens qu'au v. 56. Au v. 65, rompre est pour prévenir.
Qui regarde en arrière, et, douteux en son choix. Lorsque sa voix l'appelle, écoute une autre voix.
Pour se donner à lui faut-il n'aimer personne ?
NÉARQUE
Nous pouvons tout aimer, il le souffre, il l'ordonne ; 70
Mais, à vous dire tout, ce seigneur des seigneurs
Veut le premier amour et les premiers honneurs.
Comme rien n'est égal à sa grandeur suprême,
11 faut ne rien aimer qu'après lui, qu'en lui-même.
Négliger, pour lui plaire, et femme, et biens, et rang, 75
Exposer pour sa gloire et verser tout son sang.
Mais que vous êtes loin de cette ardeur parfaite
Qui vous est nécessaire, et que je vous souhaite !
Je ne puis vous parler que les larmes aux yeux.
Polyeucte, aujourd'hui qu'on nous hait eh tous lieux, 80
Qu'on croit servir l'État qiiand on nous persécute,
Qu'aux plus âpres tourments un chrétien est en butte,
Seigneur, votre retour, loin de rompre ses coups,
Vous expose vous-même et m'expose après vous. {Nicomède, 77.)
On est étonné, dit M. Godefroy {Lexique de Corneille) que Voltaire soit en doute sur l'expression rompre un coup : elle est prise du jeu de paume. Du reste, la manière dont Corneille la place la rend suffisamment noble. « Le pape suscitait sous main les Anglais, les Suisses et les Médicis pour rompre ce coup.* (Mézerày, Abrégé de l'histoire de France.)
67. Douteux, non pas dont on doute, mais qui doute, irrésolu, hésitant.
La belle occasion que votre jalousie,
Douteuse encor quelle est, a promptement saisie! {Don Sanche, 1098.)
74. C'est ainsi que saint Augustin, dans les Confessions, permet les affections humaines, à condition qu'elles se confondent avec l'amour de Dieu : « Si placent animœ, in Deo amentur ; quia et ipsae mutabiles sunt, et in illo fixae stabiliuntur , alioquin irent et périrent. In illo ergo amentur, et rape ad eum tecnm quos potes, et die eis : Hune amemus, hune amemus ! » Saint Mathieu va plus loin encore, et dit presque dans les mêmes termes que Néarque : « Qui reliquerit domum, vel fratres aut sorores aut patrem aut matrem aut uxorem aut fîlios aul agros propter nomen meum, centuplum accipiet, et vitam œternara possidebit. » (XIV, 29.)
75. La foi de Néarque est bien exclusive, et non moins exclusive sera bientôt la foi de Polyeucte. Par malheur, c'est aussi ceUe qu'enseigne Tartuffe à Orgon-
De toutes amitiés il détache mon âme,
Et je verrais mourir frère, enfant, mère et featine,
Que je m'en soucierais autant que de cela. {Tartuffe, I, 6.)
77. Yar. Mais qae vous êtes loin de cette amour parfaite. (1643-68.)
On ne trouve ardeur que dans l'édition de 1682. Mais M. Marty-Laveaux a rtison de remarquer que ce changement était nécessaire, bien qyUamour soit féminin aux vers 313, 689, 1163, 1243 : en effet, il s'agit ici de l'amour divin avait déjà été indiqué par Vaugelas comme étant toujours masculin