Var. Dont encore pour lui tu me vois i'àine atteinte
— Je vois que vous l'aimez autant qu'on peut aimer.
Ua' f qu^ soijgi;, aprô.-' tout, a pu vous alai mer ? (lti+3-16r»6.)
POLIEUCTE
STRÀTONICE.
EII^ fait assez voir à quel point vous l'aimez.
Mais quel songe, après tout, tient vos. sens alarmés? H^O
PAULINE
Je l'ai vu cette nuit, ce malheureux Sévère,
La venireance à la main, l'œil ardent de colère:
11 n'étail point couvert de ces tristes lambeaux
Qu'une ombre désolée emporte des tombeaux ;
Il n'était point percé de ces coups pleins de gloire 225
Qui, retranchant sa vie, assurent sa mémoire;
Il semblait triomphant, et tel que sur sqn char
Victorieux dans Rome entre notre César.
Après un peu d'effroi que m'a donné sa vue :
« Porte à qui tu voudras la faveur qui m'est due, 230
« Ingrate, m'a-t-il dit, et, ce jour expiré,
« Pleure à loisir l'époux que tu m'as préféré. »
A ces mots, j'ai frémi, mon âme s'est troublée;
Ensuite des chrétiens une impie assemblée,
Pour avancer l'effet de ce discours fatal^ 235
A jeté Polyeucte aux pieds de son rival.
220. La vengeance à la main manque de netteté, car il ne semble pas qu'on puisse tejiir en jnain la vengeance. Parfois, il est vrai, chez Corneille, la vengeance signifie le moyen de se venger, ou même l'instrument de la vengeance : « Ta tiens la\engeance, » dit don Diègue à son fils. {Cid, 286.)
226 . Cette opposition entre la mort et l'immortalité est familière aux poètes. Dans son Poète coûrtisan, du Bellay nous trace un beau portrait des vrais poètes, qui
Pour allonger leur gloire accourcissent leurs ans. Avant Corneille aussi, Rotrou, dans sa Crisante^ avait dit en un beau vers:
Qui meurt par sa vertu revit par sa mémoire. 231. Ce jour expiré, sorte d'ablatif absolu.
Elle croira dans peu ce perfide expiré. {Ycuve, 1362.)
Au V. 1567 de Phèdre, Racine a dit : « ce héros expiré i» ; mais il a été repris pard'Olivet, auteur des Remarques sur la grammaire de Racine. Suivant d'Olivet, expiré ne peut s'appliquer aux personnes avec .l'auxiliaire avoir, mais peut s'appliquer aux choses avec l'auxiliaire être. M. Littré n'a pas de peine à justifier Corneille et Racine par des exemples de Montaigne et de Bossuet.
234. Dans la langue du xvn« siècle, assemblée et réunion sont à peu près synonymes ; on disait : l'assemblée du Louvre, l'assemblée des troupes.
Mais le voici qui vient : Cinna, votre assemblée
Par l'eflroi du péril n'est-elle point troublée ? {Cinna, 141.)
235. Avancer a parfois chez Corneille le sens, non seulement de hâter un résultat, mai« de faire réussir une entreprise, de Texécuter :
Les intérêts du prince avancent trop le mien. {Tite et Bérénice, 821.)
Eff'et a ici, comme au v. 928. le sens d'accomplissement, de réalisation, d'ac^f opposé à parole.