‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 6 sur 147 · Eusèbe, IV · texte numérisé non relu

Eusèbe, IV

2 Polyeucte IV 6.

3! De Natura deorum. Pline rAncicn {Hist. nat., II, 7) raiUe les enfantillage» •t les folies de la mythologie païenne. Polyeucte, II, 6.

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rible de ta foudre ? Tout cela, on n'en peut plus dou*.^>r, n'est (j ne. bagatelle, fumée poétique, vain tapage de mots. Ton arnie si vantée, qui frappe de loin, toujours sous ta niain, elle s'est refroidie, elle s'est éteinte, on ne sait cor-îtient, et n'a pas gardé la moindre étincelle de colère contre les méchants. A l'homme sur le point de se parjurer la mèche d'une lampe de la veille ferait plus de peur que la flamme de cette foiidre irrésistible. Il semble que tu ne lances qu'un vieux tison dont ni le feu ni la fumée ne sont à craindre et dont l'unique effet est de vous couvrir de suie ^ » Et c'est le même Lucien qui accuse les chrétiens de folie, parce qu'ils ont rejeté bien loin ces fables décrépites! C'est ce sceptique qui traite ces croyants avec une sorte de compassion, qui écrit : « Ces malheureux se figurent qu'ils sont immortels et qu'ils vivront éternellement. De là vient qu'ils méprisent la mort et se livrent volontairement au supplice. Leur premier législateur leur a fait croire encore qu'ils sont tous frères une fois qu'ils ont changé de culte, qu'ils ont renié les dieux de la Grèce, qu'ils adorent le sophiste crucifié et vivent soUs ses lois*. » Vaines épigrammes! Les meilleurs complices des chrétiens, c'étaient précisément ces railleurs, dont Tertullien, avec un plaisir secret, signalait l'audace toujours croissante. « Quinimo et deos vestros palam destruunt, et superstitionesvestras commentariis quoque accusant, laudantibus vobis^. » Ainsi pris entre la haine passionnée des uns et la moqueuse indifférence des autres, le paganisme était d'avance condamné à mort, caria seule foi qui sauve, c'est la foi qui agit, et il est telle circonstance où juger une cause, c'est la trahir.

Félix ne comprend-il pas ^lieux les intérêts de la religion dont il est le défenseur officiel? 11 est trop certain qu'il songe aux siens avant tout. Mais ce fonctionnaire médiocre, ce préfet servile ne sent-il pas confusément le danger politique des témérités chrétiennes? N'est-ce pas « aux lois » qu'il abandonne Polyeucte? Ce sacrilège ne lui apparaît-il pas comme un « crime d'État »? Et lorsque Pauline l'implore en faveur de son mari, ne lui répond-il pas :

Tous chrétiens sont rebelfes *?

Adiinirons,avec Corneille, la sublime rébellion de Polyeucte,

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