LE CORSAIRE AMÉRICAIN " GÉNÉRAL ARMSTRONG
ras du pont, ouvrirent un trou à la quille du brig, réunirent leurs armes légères, leurs hardes, etc, et vinrent à terre. J'ai découvert seulement deux trous de boulets dans la coque du corsaire, mais le gréement avait beaucoup souffert.
Les équipages de deux embarcations furent dépêchés ensuite de nos navires ; ils se rendirent à bord du brig, et, après en avoir retire quelques provisions, y mirent le feu.
Pendant les trois journées qui suivirent, nous fûmes occupés à enterrer les morts que le flux apportait sur le rivage. Le nombre des Anglais tués excéda cent vingt hommes ; il y eut quatre-vingt-dix blessés. L'ennemi, c'est-à-dire, les Américains, chose étonnante, eurent seulement deux hommes tués et sept blessés. Nous pouvons bien dire : " que Dieu nous délivre de nos ennemis," si c'est ainsi que se battent les Américains.
Après avoir brûlé le corsaire, le capitaine Lloyd demanda au gouverneur de livrer les Américains comme prisonniers, ce que le gouverneur refusa. Il menaça d'envoyer cinq cents hommes à terre et de les prendre de vive-force. Les Américains se réfugièrent immédiatement avec leurs armes daqs un vieux couvent gothique, coupèrent le pont-levis qui y conduisait, et se préparèrent à se défendre jusqu'au dernier soupir. Le capitaine, toutefois, changeant de détermination, ne fit aucune nouvelle tentative ; il se borna à réclamer deux hommes, qui, dit-il, avaient déserté de son vaisseau pendant qu'il était en Amérique. Le gouverneur envoya chercher ces hommes, mais n'en trouva aucun répondant au signalement donné.
Plusieurs maisons furent grandement endommagées à terre par l'artillerie de la Carnation. Une femme, tandis qu'elle était assise au quatrième étage de sa maison, eut la cuisse emportée par un boulet ; et un jeune garçon eut le bras cassé. Le consul américain à Fayal a réclamé au gouvernement portugais au npm du corsaire une indemnité de cent mille dollars que notre consul. Mr. Parkin, considère comme devant être payée en toute justice ; on réclamera en Angleterre. Mr. Parkin, Mr. Edward Bayley et d'autres résidents anglais désapprouvent l'outrage et les déprédations que nos vaisseaux ont commis en cette circonstance. Le vaisseau de guerre qui a été expédié en Angleterre avec les blessés, n'a pu, par ordre, prendre de lettres de personne. Ayant été témoin oculaire de cet événement, je viens de vous en donner un compte rendu fidèle.
Je suis avec respect, etc., etc., H. K. F.
iii l'océan.