‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 103 sur 164 · UN HOMME À LA MER · texte numérisé non relu

UN HOMME À LA MER

longues et majestueuses qui déferlaient vers le ciel sur toute l'étendue d'un lointain horizon ; entre cet horizon et mes jeux, dans un rayon de douze milles, s'étendait une immense plaine diaprée de bleu, de vert et de blanc, et dont les couleurs changeaient de place avec une telle rapidité que la vue en souffrait. Je me tins cramponné au couronnement pendant une heure, contemplant cette scène avec une satisfaction et une curiosité tout enfantines. La vague en se brisant contre le navire m'avait atteint à plusieurs reprises, et comme la mer embarquait par les dalots à chaque coup de roulis, j'étais la moitié du temps debout avec de l'eau jusqu'aux genoux ; mais lé vent chaud qui caressait mon front après une semaine de réclusion dans ma cabine, et les beautés indicibles qui se déroulaient â mes yeux, étaient si pleins de charmes que j'avais tout oublié, et que ce ne fut que pour obéir aux avis répétés du capitaine que je changeai de position. Je montai sur la dunette, et, retirant mes souliers comme un collégien, je m'assis sur la lisse sous le vent plongeant mes pieds dans l'eau chaude de la mer à chaque balancement du navire, et absorbé pendant plusieurs heures dans la comtemplation de ce spectacle magnifique. Je n'hésite pas à dire que la formation, le développement, et enfin l'évanouissement final d'une vague de la mer, par un soleil brillant, est le spectacle le plus splendidement beau qui existe au monde. N. P. Willis

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