‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 121 sur 164 · ACT II · texte numérisé non relu

ACT II

Scène I. — Extérieur de la maison du docteur Soothem, comme au premier acte. On entend les cris des chasseurs et les aboiements des chiens.

Wm, T. 2. [Du dehors.] Au secours ! au secours ! ... Je

vais être mis en pièces !

William Thompson le Premier sort précipitamment de la maison.

Wm. T. 1. Remettez- vous, monsieur ; les chiens sont partis. Qui a pu les exciter à vous assaillir de cette manière ?

Wm. T. 2. Merci, monsieur ; je vous suis bien obligé. Les bêtes féroces ! ... Je ne sais pas, à moins que ce ne soit un morceau d'un fameux pâte de gibier que j'avais mis dans

ma poche, pour me calmer l'estomac en route, car il y a un bon bout de chemin de Londres ici ; et j'ai été tellement tracassé depuis, queje Pavais tout-à-fait oublié ; mais ils l'auront senti, je suppose.

Wm. T. 1. Oh ! certainement.

Wm. T. 2. Je ne sai3 pas trop bon gré à mon père de m'avoir envoyé comme ça en pays étranger, où les chiens n'ont pas plus de manières que des ours. Ayez la bonté de regarder . . .

[Il se retourne, et découvre qu'une de ses poches et une partie du pan de son habit sont arraches]

Wm. T. 1. De bien mauvaises manières, en vérité, monsieur ; ils ont emporté le déjeûner et tous les accessoires.

Wm. T. 2. [Regardant son habit déchiré.'] Voilà une jolie affaire! Que faire maintenant? Je n'en ai pas d'autre à mettre, car j'ai perdu mon porte-manteau; et ce sera assez drôle d'aller faire la cour avec un habit si court.

Wm. T. 1. [A part.] Il a perdu son porte-manteau ! . . . et il va faire la cour ! Par Jupiter, ce doit être mon homonyme . . . [Haut.] Vous avez perdu votre porte- manteau ?

Wm. T. 2. Oui, avec un panier de vin et un panier à poisson. Un fripon me les a volés, j'en ai bien peur.

Wm. T. 1. Un fripon! savez- vous de qui vous parlez ?

Wm. T. 2. Non, je voudrais le savoir. Et vous, le savezvous?

Wm. T. 1. [Apart.] J'allais me trahir! [Haut.] Moi, monsieur ! . . . Qui pourrait vous le faire supposer ?

Wm. T. 2. Vous paraissiez en parler avec chaleur.

Wm. T. 1. C'est seulement à cause de l'intérêt que je prends à votre perte.

Wm. T. 2. C'est bien bon de votre part ; mais ne vous tourmentez pas pour moi : je suis sûr que j'en aurai des nouvelles, si vous pouvez me dire où demeure le docteur Soothem.

Wm. T. 1. [A part.] Que lui dire pour me débarrasser de lui, et le renvoyer à la ville ? Ah, j'y suis. [Haut.] Lo docteur Soothem, monsieur ?

Wm.T. 2. Oui, le docteur Soothem. Le connaissez- vous ? où d.emeure-t-il ?

Wm. T. 1. Voilà sa maison.

Wm. T. 2. Oh, c'est là qu'il demeure.

Wm. T. 1. Qu'il demeure! . . . Hélas! il ne demeure nulle part . . . Il' est mort !

Wm. T. 2. Mort ! . . . Pas possible ... Il a dû mourir bien subitement.

Wm. T. I. Bien subitement en effet: il était virant et bien portant il y a une demi-heure.

Wm. T. 2. Le pauvre homme 1 . . . Alors il n'a pas connu le danger où il était ?

Wm. T. I. Oh, pas du tout

Wm. T. 2. Eh bien, alors, puisqu'il est mort, je n'ai plu* rien à faire ici. Je peux m'en retourner chez mon père, cai il ne serait pas convenable de me présenter à la jeune personne maintenant. Ai-je du malheur ! si j'avais seulement ajourné un peu ma visite, je me serais épargné toute ma peine et ma dépense.

Wm. T. 1. [A part.'] Je crois que j'en suis quitte. [Haut.] Il faut que je vous souhaite le bonjour ; ma presence est nécessaire dans la maison.

Wm. T. 2. S'il n'y a pas d'indiscrétion, puis je vous de mander si vous êtes de la famille ?

Wm. T. 1. Non, monsieur ; mais je demeure dans la maison pour le moment.

Wm. T. 2. Alors, monsieur, si vous veniez par hasard à avoir des nouvelles des objets dont je vous ai parlé, et si vous vouliez bien en donner avis à William Thompson, marchand de poisson, No. 33, Fish-Street Hill, je vous serais bien obligé.

Wm. T. 1. Monsieur, vous pouvez compter que je vous écrirai Bonsoir. [H rentre dans la maison.

Wm. T. 2. [Le suivant jusqu'à la porte.] Sur ma parole, voilà un jeune homme bien poli ! [Se retournant ^ il voit le docteur Soothem.] Quel est ce monsieur ?

Entre le Docteur Soothem.

Le Doct. Allons, j'ai été à l'église.

Wm. T. 2. [Au fond du théâtre.] Il a été à l'église ! . . . au sujet de l'enterrement, je suppose. Il est sans doute de la maison.

Le Doct. Il faut que je m'occupe des préparatifs. Le déjeuner sera tout-à-fait élégant : j'aurai une tenture légère qui s'étendra depuis les fenêtres jusqu'à l'extrémité de la pelouse ; on dressera les tables au-dessous. Il faut que je prenne les mesures et que je mette les charpentiers, à l'ouvrage.

Wm. T. 2. [Entendant les derniers mots.] Oh, c'est l'entrepeneur des pompes funèbres. [Rapprochant.] Je vais lui parler. Dites-moi, monsieur, sériez-vous assez bon pour me dire quand la cérémonie aura lieu ?

Le Doct. [A part.] Quel est ce monsieur *( un ami du futur,

je suppose.. [Haut.] Mais, je ne sais pas précisément . . . Dans trois semaines environ, j'imagine.

Wm. T. 2. Trois semaines ! n'est-ce pas un bien grand délai ?

Le Doct. Un grand délai ! Mais ce n'est qu'aujourd'hui même que . . .

Wm. T. 2. Je le sais bien . . . mais ne craignez-vous pas qu'un changement ne s'opère en lui.

Le Doct. Oh ! je ne crains pas cela avant la cérémonie, quoi qu'il arrive après. Je réponds de lui jusque-là : j'espère que ce sera une belle journée.

Wm. T. 2. [-4 part.] Il a peur que la pluie ne gâte ses panaches. [Haut.] Savez-vous l'âge de ce monsieur ?

Le Doct. Environ vingt-six ans.

Wm. T. 2. Vingt-six ans ! cinquante-six, vous voulez-dire ! Le docteur Soothem vingt-six ans !

Le Doct. Qui vous a parlé du docteur Soothem ? Il n'est pas sur le point de se marier.

Wm. T. 2. De ce marier ! non, mais d'être enterré.

Le Doct. Enterré ! . . . Cet homme doit être fou . . . Que voulez- vous dire, monsieur ?

Wm. T. 2. Ce que je veux dire ! mais, n'est-il pas d'usage d'enterrer un homme quand il est mort ?

Le Doct. Mort ! . . . qui vous a dit cela ? Il est aussi bien portant que moi.

Wm. T. 2. Vous n'êtes donc pas l'entrepreneur des pompes funèbres ?

Le Doct. L'entrepreneur, en vérité ! . . . Non.

Wm. T. 2. Je vous demande pardon, je l'avais cru ; parce que le docteur Soothem est certainement mort ... Je le tiens de la meilleure source.

Le Doct. En vérité ! il est assez singulier qu'il soit mort sans que j'en sois informé.

Wm. T. 2. Comment, vous étiez donc bien intimes %

Le Doct. Aussi intimes qu'il est possible de l'être : et vous me permettrez de vous dire que vous avez été mal informé, ou que vous vous êtes trompé de nom.

Wm. T. 2. Qui, moi me tromper ! . . . Bah ! quelle folie ! . . . Je vous dis qu'il est mort, aussi sur que vous êtes ici.

Le Doct. Et je vous dis, moi, qu'il est vivant, aussi sûr que je suis ici.

Wm. T. 2. Quel entêté vieux fou I . . . Quand l'avez voua vu pour la dernière fois ?

Le Doct. Ce matin, pendant que je me rasais.

Wm. T. 2. Oh, alors, c'est qu'il est mort depuis ... Je suis bien fâché de sa mort

Le Doct Pas plus que je ne le serais, je vous assure.

Wm. T. 2. Mais enfin, puisqu'il est mort, l'affaire pour laquelle je venais est terminée.

Le Doct. [A part] Je voudrais bien savoir quel est ce singulier personnage ! [Haut] Puis-je vous demander, monsieur, quelle affaire vous amenait auprès de lui Ì

Wm. T. 2. Mais, c'est que je vais me marier ; et je lui étais envoyé à ce sujet.

Le Doct [A part] Il va se marier ... et c'est pour cela qu'il m'est envoyé ! ... Je vois ce que c'est maintenant : c'est mon homme que j'attendais, c'est le fiancé de quelque riche dame espagnole ; mais* comment se fait-il qu'il arrive seul ? [Haut] Mon bon ami, voulez -vous me dire comment vous êtes venu ici?

Wm. T. 2. Mais, j'ai été traqué, pourchassé comme une bête sauvage ; tenez, regardez ! [Il montre son habit

Le Doct Ah! il s'est échappe par violence: prenons garde. Laissez-moi vous tâter le pouls.

Wm. T. 2. Me tâter le pouls ... ah ça, est-ce que- cet homme est fou ? . . . Monsieur, je n'ai rien du tout : est-ce que j'ai l'air malade ?

Le Doct Allons, monsieur, pas de bêtise; donnez-moi votre main [Il lui prend la main] Oui, oui !.. . très-bien, à la bonne heure ... Ne parlez pas, mon bon ami, cela vous agiterait ; vous aurez tout-à-l'heure une bonne tasse de gruau, et puis vous irez vous coucher.

Wm. T. 2. J'espère bien avoir un meilleur souper que cela, je vous assure ... Du gruau ! . . . Moi, malade ! . . .

Le Doct. Oui, j'en réponds . . . vous êtes agité ; mais vous vous trouverez mieux demain matin.

Wm. T. 2. Mieux ! morbleu, monsieur, je vous dis que je me trouve très-bien.

Le Doct Vous parlez trop vite . . . Ainsi vous allez vous marier ? . . . Ecoutez, mon beau garçon, vous avez trop de eh e veux sur la tête pour cela.

Wm. T. 2. Comment ! faut-il avoir la tête légère pour se marier ?

Le Doct. Allons, vous ne parleriez pas de vous marier si eous aviez votre bon sens . . . Mais taisez-vous, vous parles trop.

Wm. T. 2, Voilà bien la plus grande impertinence ! . . Ecoutez-moi, monsieur ... je veux être entendu.

Le Doct. [A part, et ¿approchant delà maison.'] J'aurai soin que vous ne le soyez pas.

[fl appelle à la porte] Ici, Thomas ! Wilson !

Deux domestiques et deux gardiens sortent de la maison. Le docteur Soothem leur parle à part , en leur montrant Wm. T. 2.

Wm. T. 2. [A part.] Quel drôle de corps. Ce doit être un des malades du docteur. [Haut.] Ecoutez, vieux bonhomme ! je veux vous parler.

Le Doct. Ce ne sera pas sur vos jambes, alors.

[Les gardiens et les domestiques viennent derrière lut, et l'enlèvent tout-àcoup dans leurs bras.]

' Wm. T. 2. Holà ! Qu'est-ce que cela signifie ? Le Doct. Là, emportez-le ; rasez-le, baignez-le, et mettez-lui la camisole tout de suite.

Wm. T. 2. Me raser, me baigner, et me mettre la camisole ... J'ai plutôt besoin d'un habit que d'une camisole. [Se débattant.] Mettez-moi à terre, à l'instant.

[Ils sortent, les deux domestiques et les deux gardiens le tenant par les bras et par les jambes, et remportant de force sur leurs épaules, dans la maison, suivis du Docteur.]

Scène IL — Une chambre avec une fenêtre grillée. — Une table au-dessous de la fenêtre, et une porte au fond. — La rampe est à moitié baissée.

On voit Wm. T. 2. la tête rasée, vêtu d'une camisole de force, et attaché dans un fauteuil, près de la porte du fond; tout son costume est blanc ; il a un bonnet de nuit.

Wm. T. 2. Y eut-il jamais un pauvre garçon traité^ comme je l'ai été ! me raser la tête . . . ensuite m'inonder ... et puis me lier de cette cruelle manière, comme un saumon roulé, qu'on va mettre dans la chaudière ; ils ne se sont pas plus inquiétés de ma résistance que si j'avais été un enfant méchant, et m'ont dit que tout cela était pour mon bien. Quand je sortirai d'ici, le vieux coquin me le paiera, s'il y a des lois dans le pays ! Mais comment m'échapperai-je ? La fenêtre est çrillée, et je n'ai pas l'usage de mes mains. [On entend tour

ner la clef dans la serrure de la porte du fond.] Les voilà qui reviennent, avec le gruau, je suppose.

Entre Wm. T. 1. en rohe de chambre à fleurs et en bonnet de nuit i une chandelle à la main. Il est profondément endormi ; il arrive lentement sur le devant de la scène, et reste immobile, — Rampe levée,

Wm, T.% Holà! que vois-je? Que le ciel me préserve! ce doit être l'ombre de mon beau-père ! Je vais lui parler . . . on dit que les revenants ne parlent jamais les premiers. Beaupère futur passé, que me voulez- vous ? Pas de réponse ! O Dieu, il approche ! que vais-je devenir ?

[Wm- T, 1. ¿approche de la table, qui est placée sous la fenêtre grittée, — il s'avance vers Wm. T. 2, lui òte son bonnet^ et s'en sert pour éteindre sa lumière — ensuite il replace la chandelle et. le bonnet sur la tefe de Wm. T. 2.]

Wm. T. 2. [Criant.] Oh, ce n'est pas une ombre, mais bien le cauchemar ! et dire que je suis lié et serré comme un livre chez le relieur ! — Au secours ! Au secours !

Entre le Docteur Soothem et des domestiques, avec des lumières.— Wm. T. I. accourt sur le devant de la scène, avec épouvante.

Le Doct. Q'y a-t-il donc ? [A Wm, T. L] Mon bon ami, comment êtes-vous venu ici*? Etes-vous instruit de ma méprise à Fégard de ce monsieur ?

Wm. T. 1. Quel monsieur? [Il voit Wm. T. 2] Par Jupiter, mon homonyme ! et dans un drôle d'accoutrement encore ! qu'est-ce que tout cela veut dire ? Mais prenons garde de nous trahir.

Wm. T. 2. Ecoutez, vieux coquin, si vous ne me relâchez pas à l'instant, je . . .

Le Doct, Monsieur, je venais justement pour vous relâcher

et vous »faire bien des excuses pour l'erreur que j'ai commise,

en vous prenant pour un malade que j'attendais. Le retour

de l'un de mes domestiques m'a fait reconnaître ma méprise.

[Les domestiques le détachent^ et sortent.

Wm. T. 2 [S 'avançant] Oh, monsieur, vous êtes bien bon avec vos excuses, mais elles ne m'indemniseront pas d'avoir été presque noyé. Vos excuses ne me rendront pas ma chevelure. [Otant son bonnet.

Le Doct, Non, mon cher monsieur ; mais le temps vous la rendra.

Wm. T. 2. En attendant, vous voudrez bien me payer une perruque, monsieur . . . comment vous appelez- vous ?

Le Doct. Monsieur, je suis le docteur Soothem, et je ne demande pas mieux que de . . .

Wm. T. 2. Vous, le docteur Soothem! mais, on m'avait dit qu'il était mort. Oh, je suppose que c'est ce que les beauxesprits appellent une mystification. Eh bien, je suis bien aise que vous soyez encore en vie . . . mais vous ne vous doutiez guère que c'était au fils de votre ancien ami que vous faisiez une aussi diabolique réception.

Le Doct, En vérité 1 Puis-je vous demander votre nom %

Wm. T. 2. William Thompson, que vous avez invité à venir pour épouser votre fille.

Le Doct. Je vous suis bien obligé de l'honneur que vous me destiniez, mais vous arrive« un peu trop tard . . . Voici Mr. William Thompson.

Wm. T. 2. Ça ! oh, oh ! Je vois maintenant pour quel motif il m'a joué ce tour . . . C'est sans doute l'individu qui m'a pris ma place dans la voiture . . . Parbleu ! il paraît qu'il a pris ma place ici aussi ! Je vous dis, monsieur, que je suis la personne que vous attendiez . . . Celui-là est un imposteur !

Wm. T. 1. [A part."] Il faut encore payer d'impudence. [Haut.] Quoi, monsieur ! mais je ne me disputerai pas avec vous ... Le docteur Soothem peut mieux que personne décider quel est l'imposteur.

Le Doct. [A Wm. T. 2.] C'est vous qui êtes l'imposteur ! Je sais que monsieur est le fils de mon vieil ami, d'après sa propre lettre que j'ai reçue, avec un présent de poisson et un panier de vin.

Wm. T. 2. Toutes ces choses étaient à moi ... Je les ai perdues.

Le Doct. Non, non, cette plaisanterie ne réussira pas ! vous pensiez vous faire passer pour mon gendre ! Avouez le motif pour lequel vous avez tenté une pareille fourberie, ou je vous envoie en prison.

Wm. T. 2. Et je vous dis encore, moi, que je suis ce même gendre \ Mais vous m'avez l'air d'être un beau-père joliment tendre ! Je vous dis que mon nom est William Thompson ! Il me semble que je dois savoir mon propre nom ... il m'a coûté cher, car j'ai été obligé de payer aujourd'hui quarante livres sterling que je ne devais pas, pour éviter d'aller en prison, parce que mon nom était William Thompson, et maintenant vous voulez m'envoyer en prison, parce que vous dite«

que je ne suis pas William Thompson ; de sorte que je dois être victime de toutes les manières. Jamais pauvre diable n'a été traité comme je l'ai été aujourd'hui.

Wm. T. 1. [A part.] Il veut sans doute parler de la dette de Careless, dont j'avais répondu . . . Ainsi, pendant que je me sauvais avec ses effets, il était arrêté pour les miens. Pauvre garçon ! jusqu'ici la ressemblance de nom a été toute en ma faveur, mais je crains que la fortune ne change bientôt, et puisque nous y sommes . . .

Le Doct. Allons, monsieur, vos ruses ne m'en imposeront pas.

Wm. T. 1. [Au Docteur Soothem.] Monsieur, permettez que je me charge de le corriger. C'est moi qu'il a offensé en prenant mon nom, et j'obtiendrai satisfaction de ma propre main, s'il affirme encore qu'il est William Thompson.

Wm. T. 2. Oui, monsieur, j'affirme que je suis le véritable William Thompson, quel que soit l'autre.

Wm. T. 1. Alors il faut que vous souteniez votre droit à ce titre par la force des armes, car la mort seule pourra me dépouiller de ce nom.

Le Doct. [Se plaçant entre eux deux.] Non, non, je ne puis souffrir que vous risquiez votre vie contre un imposteur.

Wm. T. 1. [A part au Docteur.] C'est seulement pour l'effrayer et le faire avouer, monsieur ; les pistolets ne seront chargés qu'à poudre.

Le Doct. Eh bien, puisque vous y êtes tellement résolu, quoique je pense que c'est lui faire trop d'honneur que de lui casser la tête .

Wm. T. 2. Voilà un joli beau-père ! Mais ce sera peutêtre moi qui lui casserai la tête, et ma foi, tant pis ! . .Je suis monté ... un pareil traitement serait capable d'émouvoir une morue, fût-elle même salée.

Wm. T. 1. Maintenant, monsieur, suivez moi dans le jardin . . . J'ai des pistolets ici.

Le Doct. J'irai avec vous pour mesurer le terrain.

Wm. T. 2. Je crains bien de le mesurer moi même.

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