‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 122 sur 164 · Scène IV. — Un Jardin · texte numérisé non relu

Scène IV. — Un Jardin

Entrent le Docteur Soothem, et les deux Thompson le suivant ayant remis leurs habits et leurs chapeaux.-rThompson le Premier avec un pistolet dans chaque main.

Wm. T. 1. [Présentant les pistolets.] Maintenant, monsieur, choisissez un de ces pistolets.

Wm. T. 2. [Les regardant."] Je savais bien que c'étaient les miens, et ils sont bien chargés, je vous assure ; car comment pouvais-je prévoir, en mettant trois balles dans chacun d'eux, qu'avant la nuit elles trouveraient à se loger dans ma tête ! Oh, oui, ce sont bien les miens !

Wm. T. 1. Alors, monsieur, je vais me hâter de vous rendre le contenu de l'un d'eux.

Wm. T. 2. Merci, monsieur, mais je n'aime pas votre mode de restitution.

Wm. T. 1. Nous perdons le temps à des bagatelles : je ne suis pas venu ici pour me disputer.

Wm. T. 2. C'est très-bien à vous ! Nous venons ici pour nous briller la cervelle, et il dit qu'il ne vient pas pour se disputer !

Le Doct. [A Wm. T. 1.] Maintenant, Mr. Thompson, à quelle distance voulez-vous vous mettre ? Le plus près sera le mieux, pour ne pas le manquer.

Wm. T. 2. Quel dénaturé vieux brochet.

Wm. T. 1. Nous nous mettrons dos-à-dos, et ensuite nous ferons chacun cinq pas en avant, nous nous retournerons, et nous ferons feu !

Wm. T. 2. Ce sera le dernier dos-à-dos que j'exécuterai, car il finira par cavalier seul, j'en suis sûr !

Wm. T. 1. Allons, monsieur, êtes-vous prêt?

Wm. T. 2. Oui, mais c'est un peu dur de se battre pour un nom.

Wm. T. 1. Pas du tout. Pourquoi tous les héros ont-ils combattu, si ce n'est pour se faire un nom 1

Wm. T. 2. N'avez-vous pas de remords ?

Wm. T. l.Non!

[Us ¿avancent cm milieu de la scène, se mettent ¿losados, et s'éloignent Vun de Vautre. Wm. T.'l. se retourne et fait feu. Wm. T. 2., oubliant de se retourner, appuie le pistolet sur sa hanche, et fait feu dans la coulisse.

Wm. T. 2. [Chancelant et tombant.'] Je suis un homme mort î . . . Enterrez-moi décemment ! . . . Faites prévenir mon pauvre père, et dites-lui qu'une mort contre nature lui a enlevé son fils unique.

Wm. T. 1. Courez chercher du secours, monsieur; il va perdre tout son sang ! [Apart.] Amenez votre fille, monsieur ; je lui ferai faire sa confession. [Le Docteur sort

Wm. T. 2. Ah, je suis sûr que vous êtes fâché maintenant ! Oh ! je suis bien puni d'avoir renoncé à la bonne miss Dormer, pour venir chez ce vieux sauvage, mon futur beau-père, où j'ai d'abord perdu mes cheveux, et ensuite la vie !

Wm. T. 1. Si vous voulez promettre de remplir vos engagements auprès de cette miss Dormer que vous venez de nommer, et de renoncer à toute prétention sur miss Soothem, il est en mon pouvoir de vous remettre en parfaite santé.

Wm. T. 2. Oh ! de tout mon cœur ! Mais êtes-vous sûr de pouvoir me guérir Ì

Wm. T. 1. J'en suis certain : je tiendrai ma promesse si vous remplissez la vôtre.

Wm. T. %. Mais vous avouerez que je suis le véritable William Thompson ?

Wm. T. 1. Je sais que vous l'êtes. Vos effets, et l'argent que vous avez payé, vous seront rendus. [Le relevant et le soutenant.] Mais voici le docteur Soothem avec sa fille.

Entrent le Docteur Soothem et Julia.

Le Doct. Eh bien, le coquin a-t-il fait ses aveux ?

Wm. T. 1. Il n'en a pas à faire, monsieur; c'est à moi à avouer que je ne suis pas la personne que vous attendiez, mais que monsieur est le véritable William Thompson.

Le Doct. Qu'entends-je % Ainsi vous vous êtes joué de moi pendant tout ce temps avec vos fourberies et vos inventions, me faisant traiter mon cher beau-fils d'une aussi vilaine manière !

Wm. T. 2. Vilaine en vérité ! Je ne serai pas beau à voir de longtemps ! Et je ne serai pas votre beau-fils, je vous le promets. Je cède votre fille à monsieur, ou à tout autre.

Le Doct. Vous ne voulez pas épouser ma fille ! Voilà un impudent ! Vous la cédez à monsieur ! [J. Wm. T. 1.] Je vous prie, monsieur, puis-je prendre la liberté de vous demander qui vous êtes, et quel est votre nom?

Wm. T. 1. William Thompson, monsieur.

Le Doct. Encore William Thompson ! J'en deviendrai fou !

Wm. T. 1 . Ouir monsieur ; et comme votre futur gendre a déjà engagé sa parole à une autre personne, j'espère qu'après avoir pris les informations convenables, vous ne refuserez pas de me donner ce titre.

Le Doct. Oh, que vous avez la langue dorée ! [A sa fille.] Ainsi donc vous avez aidé à mystifier votre père ! . . . car je réponds que vous étiez dans le secret.

Jul. Un peu ayant vous, mon papa, j'en conviens; mais je ae savais pas qu'il dût venir ici, car je n'avais pas vu monsieur depuis le bal masqué.

iô Doct. Le bal masqué ! Oh, oh ! Alors je comprends tout le complot. [A Wm. T. 2.] Et comment avez-vous osé, monsieur, venir ici pour épouser ma fille, quand vous étiez déjà fiancé à une autre ?

Wm. T. 2. Bon ! il faut toujours que cela retombe sur moi ! Il me semble que vous pourriez parler plus poliment à un mourant. [Tout le monde rit.] Vous riez, créatures barbares !

Wm. T. 1 . Oui, monsieur, et vous rirez aussi, quand vous saurez que votre blessure n'est que dans votre tête ; car vous n'en avez pas reçu autre part.

Wm. T. 2. Comment ! je ne suis pas blessé ?

Wm. T. 1. Pas plus que moi.

Wm. T. 2. Eh bien j'aurais parié ma vie que j'avais senti les trois balles m'entrer dans le corps.

Le Doct. Allons, monsieur, rendez grâces au ciel qu'elles n'étaient qu'imaginaires. [A Wm. T. 1.1 Quanta vous, mauvais plaisant, si vous pouvez prouver vos assertions à ma satisfaction, je ne refuserai pas de vous donner ma fille ; et j'ose dire qu'elle ne se montrera pas rebelle à la volonté de son pére ... hein, Julia ? [Il la rapproche de William Thompson.

Wm. T. 1. Alors, monsieur, la fortune, aveugle elle-même, m'a conduit, guidé par le sommeil, à un bonheur auquel mes efforts n'avaient pu me faire parvenir étant éveillé. [Au public.] Et si, pendant mon sommeil, un songe flatteur m'a fait croire à votre bienveillance, ne le dissipez pas : il est dangereux d'éveiller un somnambule.

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